Des experts des Nations unies ont exhorté le gouvernement canadien à prendre toutes les mesures possibles pour assurer la protection de Moninder Singh, un militant sikh et citoyen canadien qui a fait l’objet de multiples avertissements concernant des menaces crédibles pesant sur sa vie. Cette intervention fait suite à une lettre de neuf pages diffusée par le Bureau des droits de l’homme des Nations unies, rédigée par cinq rapporteurs spéciaux et experts indépendants nommés par le Conseil des droits de l’homme.
Appel de l’ONU au Canada concernant Moninder Singh
La lettre, datée du 3 juin et rendue publique deux mois plus tard, met en lumière de prétendus actes d’intimidation et de représailles de nature étrangère. Les experts onusiens ont exigé que le Canada accélère les enquêtes en cours, traduise les auteurs en justice et garantisse des recours appropriés aux victimes afin d’éviter toute récurrence. Les signataires de ce document incluent les rapporteurs spéciaux chargés de la protection des droits de l’homme dans la lutte contre le terrorisme, de la liberté de réunion pacifique, de la situation des défenseurs des droits de l’homme et de la liberté de religion, ainsi que l’expert indépendant sur la promotion d’un ordre international démocratique et équitable. Les experts onusiens agissent à titre personnel et ne s’expriment pas au nom de l’organisation mondiale.
Quatre avis de mise en garde émis par les autorités
Singh, qui dirige la Fédération sikhe du Canada, de l’existence de complots ciblant sa sécurité. Un premier avis de type « duty to warn » lui a été transmis en juillet 2022, le même jour qu’un avertissement similaire adressé à son proche collaborateur Hardeep Singh Nijjar.
Les représentants de l’ONU ont exprimé de vives inquiétudes quant au fait que ces menaces ciblées puissent constituer des actes illégaux d’intimidation en représailles directe à la coopération de M. Singh avec les mécanismes onusiens. De son côté, Moninder Singh, âgé de 44 ans, a déclaré à l’AFP que cette lettre constituait un rappel brutal de l’ampleur des mesures que l’État indien est prêt à prendre pour réduire au silence les voix sikhes qui plaident pour l’autodétermination, tout en affirmant refuser de céder à l’intimidation.
Contexte des tensions diplomatiques et du mouvement Khalistan
Le militantisme de M. Singh s’inscrit dans le cadre du mouvement séparatiste Khalistan, qui milite pour la création d’un État sikh indépendant dans la région du Pendjab en Inde. L’Inde nie fermement toute implication dans des menaces ou des assassinats de personnalités à l’étranger.
Les tensions diplomatiques entre le Canada et l’Inde avaient atteint un sommet en 2024 après que le premier ministre de l’époque, Justin Trudeau, eut publiquement évoqué des éléments probants liant l’État indien à l’assassinat de Hardeep Singh Nijjar, abattu en juin 2023 près d’un temple sikh en banlieue de Vancouver. Nijjar.
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