Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a condamné le 28 juillet 2026 les attaques de colons israéliens contre des communautés palestiniennes en Cisjordanie occupée. Ces violences, marquées par l’incendie de deux mosquées et des actes de vandalisme, s’inscrivent dans un rythme d’attaques qualifié de record par les Nations Unies.
L’escalade est brutale. Le secrétaire général des Nations Unies a fermement dénoncé des agressions ciblant non seulement des civils, mais aussi leurs moyens de subsistance et des lieux de culte. Selon son porte-parole adjoint, Farhan Haq, ces actes visent spécifiquement des biens privés et des infrastructures religieuses, augmentant le risque d’une explosion sociale dans la région.
L’ONU exige que les responsables de ces violences soient rapidement identifiés et traduits en justice, conformément aux obligations internationales d’Israël. M. Guterres a appelé les autorités israéliennes à déployer des mesures immédiates pour protéger les civils et empêcher de nouvelles incursions.
L’incendie de mosquées à Naplouse et Tulkarm
Le point culminant de cette récente vague de violence s’est manifesté dimanche dernier. Des colons israéliens ont attaqué des villages palestiniens et incendié deux mosquées, l’une située au sud de Naplouse et l’autre au sud de Tulkarm.

Ce regain de tension fait suite à des incidents sanglants survenus vendredi dernier au sud-ouest de Naplouse. Ramiz Alakbarov, coordinateur spécial adjoint de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, a rapporté devant le Conseil de sécurité que ces affrontements ont causé la mort de quatre Palestiniens et de deux Israéliens. En réaction, Israël a lancé une vaste campagne d’arrestations en Cisjordanie, aboutissant à la détention d’au moins 80 Palestiniens.
Un rythme d’attaques record selon l’OCHA
Le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) dresse un bilan alarmant. Le volume d’attaques commises par des colons israéliens a atteint un niveau historique. Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général, a précisé que le nombre d’attaques ayant causé des victimes ou des dommages a dépassé les 1 000 cette année.
L’analyse des données montre une intensité sans précédent sur une période annuelle :
- Fréquence : Une moyenne de six attaques par jour, le taux le plus élevé jamais enregistré.
- Impact géographique : Plus de 230 communautés touchées à travers la Cisjordanie.
- Bilan récent : Plus de 30 Palestiniens blessés en une seule semaine, avec des dommages étendus aux infrastructures.
Cette violence a des conséquences directes sur la démographie et l’habitat. Plus de 2 200 Palestiniens ont été déplacés cette année en raison des violences des colons ou de restrictions d’accès. Parallèlement, des centaines d’autres ont dû quitter leur foyer suite à des démolitions opérées par les autorités israéliennes.
Légalisation des avant-postes et droit international
Au-delà des violences physiques, Antonio Guterres a exprimé sa profonde inquiétude concernant la stratégie territoriale israélienne. Il dénonce l’accélération du processus de légalisation des avant-postes agricoles de colonisation et la création de nouveaux sites en Cisjordanie occupée.
Pour le secrétaire général, toutes les colonies, y compris les avant-postes, sont dépourvues de légitimité juridique. Elles constituent une violation flagrante du droit international et représentent un obstacle majeur à la solution à deux États.
Une situation explosive depuis octobre 2023
Le contexte actuel est marqué par une explosion des violences en marge de la guerre de Gaza, déclenchée par l’attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas sur Israël le 7 octobre 2023. Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967, et le territoire compte aujourd’hui plus de 500 000 colons israéliens vivant parmi trois millions de Palestiniens.

L’OCHA a documenté plus de 1 330 incidents impliquant des colons, incluant des incendies de maisons, d’arbres et d’installations agricoles. Au moins 10 familles palestiniennes ont été contraintes au déplacement lors de la seule dernière vague de violence.
Le déploiement des forces d’occupation se traduit également par des raids quotidiens dans les villes et camps de Cisjordanie et de Jérusalem occupées, utilisant des tirs à balles réelles, des balles en caoutchouc et des grenades lacrymogènes toxiques.
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