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Juriste australien de l’ONU accusé de recevoir 150 000 $ de la Chine pour défendre Pékin

Qui est Ben Saul et quel était son rôle à l’ONU

Le juriste australien Ben Saul, spécialiste des droits humains et ancien rapporteur de l’ONU sur le terrorisme, est au cœur d’une polémique après qu’une ONG enregistrée auprès des Nations unies, UN Watch, a révélé qu’il aurait perçu 150 000 dollars de la Chine en 2024 pour tenir des propos favorables à Pékin. Selon le rapport détaillé de l’organisation, Saul aurait utilisé ces fonds pour publier des analyses, donner des interviews et rédiger des déclarations à l’ONU critiques envers l’Occident et Israël, tout en minimisant les violations des droits humains commises par la Chine. Les accusations, basées sur des documents internes et des témoignages, surviennent alors que Saul était encore en fonction dans des missions sensibles pour l’ONU, notamment après l’opération Sindhur en 2023, où il avait critiqué les restrictions imposées par l’Inde au Cachemire.

Qui est Ben Saul et quel était son rôle à l’ONU ?

Ben Saul, un avocat et professeur australien spécialisé en droit international, a occupé des postes clés au sein des Nations unies, notamment comme rapporteur spécial sur la promotion et la protection des droits de l’homme dans le contexte de la lutte contre le terrorisme. Son travail, souvent perçu comme équilibré, l’avait amené à critiquer à la fois les gouvernements occidentaux et les régimes autoritaires, tout en défendant le respect des normes internationales. Cependant, selon UN Watch, ses positions auraient basculé après avoir reçu des fonds chinois, le poussant à adopter un discours plus clément envers Pékin.

En 2023, après l’opération indienne Sindhur ciblant des groupes islamistes au Cachemire, Saul avait publié une déclaration controversée :

« Nous condamnons fermement les attaques terroristes contre les sites touristiques. Mais chaque gouvernement a le devoir de respecter les droits humains, même dans la lutte antiterroriste. »
— Ben Saul, rapport ONU sur le terrorisme, 2023

Pourtant, ses critiques envers l’Inde contrastent avec son silence sur les allégations de violations des droits humains en Chine, notamment les arrestations arbitraires de musulmans ouïghours, les mort subites en détention, et les tortures systématiques signalées par des organisations comme Amnesty International. UN Watch affirme que Saul a omis ces sujets dans ses rapports après avoir perçu des fonds de Pékin.

Les preuves : 150 000 dollars et un discours pro-chinois

Le rapport d’UN Watch, dirigé par Hillel Neuer, révèle que la Chine aurait versé 150 000 dollars à Saul en 2024 via un intermédiaire. En échange, l’avocat aurait multiplié les interventions publiques défendant la position chinoise, selon des captures d’écran et des échanges d’emails obtenus par l’ONG.

Parmi les éléments cités par UN Watch :

  • Des posts sur les réseaux sociaux accusant les États-Unis de « détruire la vie sur Terre » avec leur politique étrangère.
  • Une déclaration qualifiant l’Amérique de « créatrice d’une humanité dénuée d’espoir ».
  • Un silence assourdissant sur les répressions en Chine, alors que Saul avait précédemment dénoncé des cas similaires en Inde ou en Birmanie.

Hillel Neuer, directeur d’UN Watch, a déclaré à ce sujet :

« Son rôle était d’analyser les faits. Or, ses prises de position semblent désormais dictées par des intérêts financiers. »
Hillel Neuer, directeur d’UN Watch <a href="https://www.anandabazar.

La Chine n’a pas réagi officiellement à ces accusations. Saul, de son côté, n’a pas répondu aux demandes de commentaires de UN Watch ou des médias internationaux.

Un précédent qui rappelle les tensions Chine-ONU

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de soupçons de corruption et d’influence étrangère au sein des instances onusiennes. En 2021, un rapport confidentiel du Département d’État américain avait déjà pointé du doigt des cas de lobbying chinois auprès d’experts indépendants de l’ONU, sans pour autant identifier de noms. Plus récemment, en 2025, un fonctionnaire onusien avait été licencié pour avoir accepté des cadeaux de la part d’un gouvernement étranger.

USA/Chine : quand l'économie a pris le dessus sur les droits humains

L’affaire Saul soulève une question cruciale : jusqu’où les experts indépendants de l’ONU peuvent-ils rester neutres quand leurs financements dépendent de régimes qu’ils sont censés évaluer ? Avec 193 États membres et des centaines de rapports annuels, le système onusien repose sur la confiance. Or, comme le souligne un ancien diplomate sous couvert d’anonymat :

« Si un rapporteur spécial est perçu comme corrompu, même indirectement, cela discrédite toute la crédibilité des Nations unies. »

Que dit la Chine ? Et que risque Saul ?

Pékin n’a pas commenté les accusations d’UN Watch. Cependant, la Chine a une histoire de dénonciation des ingérences étrangères dans les affaires internes des États. En 2024, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, avait accusé les États-Unis de « manipuler les mécanismes onusiens » pour servir leurs intérêts géopolitiques.

Pour Ben Saul, les conséquences pourraient être lourdes :

  • Une fin prématurée de sa carrière à l’ONU, où sa réputation est désormais entachée.
  • Des poursuites pénales en Australie, si les fonds chinois sont considérés comme un trafic d’influence.
  • Un précédent dangereux pour d’autres experts indépendants, qui pourraient craindre des pressions similaires.

À ce stade, aucune enquête officielle n’a été ouverte. Mais l’affaire relance le débat sur la transparence financière des rapporteurs spéciaux de l’ONU, dont les budgets dépendent souvent de dons privés ou de gouvernements.

Et maintenant ? Trois scénarios possibles

L’affaire Saul pourrait avoir des répercussions bien au-delà de sa personne. Voici trois évolutions possibles :

  • 1. Une enquête interne de l’ONU : Le Secrétariat général pourrait ouvrir une procédure disciplinaire, comme ce fut le cas pour d’autres cas de conflits d’intérêts.
  • 2. Un durcissement des règles financières : Les États membres pourraient exiger des déclarations de patrimoine plus strictes pour les experts indépendants.
  • 3. Une crise de confiance accrue : Si d’autres cas similaires émergent, la crédibilité des rapports onusiens pourrait être irréversiblement affaiblie.

Une chose est sûre : cette affaire arrive à un moment charnière pour les Nations unies, alors que Pékin cherche à renforcer son influence diplomatique et que Washington accuse l’organisation de biais anti-occidental. Pour les observateurs, le vrai défi ne sera pas seulement de sanctionner Saul, mais de restaurer la confiance dans un système déjà fragilisé.

Pour aller plus loin :

Lire le rapport complet d’UN Watch sur Anandabazar.

Article mis à jour le 27 juin 2026.

<!– /wp:paragraph Les accusations portées contre les États-Unis reflètent davantage une polarisation idéologique que des critiques fondées sur des preuves tangibles et vérifiables.

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