Attentat déjoué à Leipzig-Halle : un réseau russe visait un avion ukrainien

Un attentat déjoué à l’explosif contre un avion cargo ukrainien stationné à l’aéroport de Leipzig-Halle en Allemagne met en cause un réseau de sabotage russe. Les enquêteurs révèlent que les explosifs ont transité clandestinement par la Serbie et la Bulgarie, orchestrés depuis Moscou.

L’attaque manquée à l’aéroport de Leipzig-Halle

Un colis explosif d’un genre redoutable a frôlé la catastrophe au début du mois d’août. Un drone chargé d’environ 1,8 kilogramme d’explosif plastique militaire Semteks a percuté l’aile d’un appareil ukrainien de type Antonov An-124, selon l’enquête conjointe menée par plusieurs services de renseignement européens et relayée par la presse internationale. L’engin n’a toutefois pas explosé à l’impact.

Explosive drone: Why Leipzig/Halle airport keeps becoming a target for sabotage

La gravité de l’incident réside dans l’état de l’aéronef au moment de l’impact. L’appareil transportait approximativement 25 000 litres de carburant, ce qui aurait pu provoquer une déflagration d’une ampleur dévastatrice sur les pistes de cette plateforme logistique cruciale pour l’acheminement du matériel militaire vers l’Ukraine. Sur place, les forces de l’ordre ont découvert des débris de trois drones distincts ainsi qu’une antenne relais artisanale fixée à un arbre voisin pour assurer le guidage à distance.

Le trafic d’explosifs à travers les Balkans

Les investigations menées conjointement par les autorités allemandes, lituaniennes et polonaises retracent le parcours de la charge explosive jusqu’à sa destination finale. D’après les documents obtenus par les enquêteurs, le Semteks a été acheminé par camion en traversant la Bulgarie et la Serbie, dissimulé dans des cavités aménagées au sein des véhicules de transport de marchandises.

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Photo : Srbija danas

Les services de sécurité estiment que le matériel a pu transiter ou être entreposé temporairement le long de cet axe routier balkanique avant d’entrer dans l’Union européenne. Cette piste croise d’autres enquêtes régionales : deux hommes, identifiés comme Danilo B. et Slobodan Đ., ont été interceptés par la police en juin près de la frontière serbo-hongroise, et leur détention provisoire a été prolongée jusqu’au 9 décembre par le tribunal de Subotica. Les autorités locales examinent leurs éventuelles connexions avec le complot de Leipzig, tandis que des responsables politiques, à l’instar de la sénatrice américaine Jeanne Shaheen dans son entretien accordé aux médias, qualifient la Serbie de simple usputna stanica sur la route des agents.

Les ramifications de l’unité de sabotage du GRU

Derrière cette opération se profile la haute hiérarchie du renseignement militaire russe. La planification est attribuée à Oleg Levushkin, un ressortissant russe passionné de moto qui affichait un train de vie familial ordinaire tout en maintenant des contacts étroits avec Denis Smoljaninov, un haut responsable de la section ukrainienne du GRU, d’après les révélations des journaux spécialisés. Les services occidentaux rattachent ce mode opératoire à l’unité d’élite 29155, spécialisée dans les actions clandestines et les sabotages en territoire européen.

Hexogène et plusieurs drones : nouvelles révélations sur la tentative d'attentat de Leipzig-Halle

Pour l’exécution sur le terrain, Levushkin se serait rendu en Allemagne via la Turquie pour louer un véhicule à Berlin et repérer les lieux, inspectant notamment l’enceinte aéroportuaire de Leipzig le 31 juillet. L’attaque elle-même a été confiée à un exécutant subalterne, le citoyen biélorusse Andrei Karshakou, qualifié par les services de potrošnim agentom. Les enquêteurs ont isolé l’ADN de ce dernier sur un gant retrouvé à proximité immédiate de l’antenne de guidage, une empreinte biologique déjà répertoriée dans les bases de données policières en Finlande et en Lituanie.

Face à ces accusations, Moscou rejette en bloc l’implication de ses services officiels. Les autorités diplomatiques russes à Berlin dénoncent un climat d’hostilité prémédité, affirmant que ces révélations s’inscrivent dans une stratégie politique visant à justifier la hausse des budgets de défense européens.

Attentat déjoué à Leipzig-Halle : un réseau russe visait un avion ukrainien
Photo : nedeljnik.rs

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