Des files d’attente de plusieurs mois contrastent avec des couloirs de cliniques vides, provoquant la colère des patients sur les réseaux sociaux. Selon les gestionnaires de santé lituaniens, ce paradoxe apparent découle de la gestion rigoureuse des rendez-vous et des quotas fixés par les caisses de maladie.
Ces derniers jours, la grogne s’est intensifiée sur les réseaux sociaux en Lituanie, où de nombreux patients s’étonnent de découvrir des salles d’attente désertes dans les établissements de santé alors même qu’ils patientent de longs mois pour obtenir une consultation, selon les publications recensées par Tv3.
Des mois d’attente pour des couloirs vides
Plusieurs internautes ont partagé leur incompréhension face à des couloirs silencieux en milieu d’après-midi, constatant que les professionnels de santé ne les recevaient parfois pas à l’heure convenue. L’un d’eux a ainsi raconté avoir attendu un cardiologue pendant cinq mois pour la pose d’un Holter, avant de passer une heure supplémentaire sur place sans qu’aucun acte ne soit mené immédiatement, le médecin s’étant absenté pour une pause, selon Tv3.
Un autre patient, cité par le même média, a ironisé après un examen expédié en moins d’une heure au terme de quatre mois d’attente. Les réactions sous ces publications se comptent par centaines, certains usagers affirmant patienter plus d’un an pour consulter un ophtalmologue, tandis que d’autres s’en prennent au système d’assurance maladie obligatoire ou suggèrent que les praticiens se consacrent principalement à leur activité privée.
Le rôle des quotas et de la gestion des plannings selon la polyclinique de Vilnius
Face à ces critiques, les responsables sanitaires apportent un autre éclairage. Selon Daiva Šapranauskienė, directrice adjointe pour la médecine à la polyclinique du district de Vilnius (Vilniaus rajono poliklinika), ces couloirs vides ne signifient nullement que le personnel ne fait rien, mais constituent au contraire la preuve que le système d’organisation fonctionne.
Daiva Šapranauskienė, directrice adjointe pour la médecine à la polyclinique du district de Vilnius, a déclaré que ces couloirs vides dans les établissements de santé étaient probablement mal interprétés par les patients, ajoutant qu’il s’agissait plutôt du résultat du système de gestion des files d’attente, les patients étant enregistrés pour une heure précise, ce qui permet d’éviter les files d’attente physiques et de réduire le temps d’attente des personnes derrière la porte.
Elle a précisé que depuis la pandémie de COVID-19, l’organisation s’oriente résolument vers l’enregistrement préalable. La mise en place d’un système de gestion des flux permet d’appeler les patients à l’heure exacte et d’écarter les visites spontanées où les malades frappent aux portes pour demander un simple renseignement, d’après Tv3.
D’autres facteurs expliquent la persistance des délais : les quotas fixés par les caisses de maladie limitent le nombre de consultations que les médecins sont autorisés à effectuer. Une fois ces volumes atteints, les établissements n’enregistrent plus de nouveaux patients. De surcroît, la période estivale entraîne des retards supplémentaires en raison des congés des praticiens, bien que le flux de patients connaisse parfois une accalmie durant cette saison, relève Tv3.
Les objectifs du ministre de la Santé Linas Kukuraitis face aux délais
Si la législation lituanienne prévoit théoriquement des délais maximaux d’une semaine pour consulter un médecin généraliste et d’un mois pour un spécialiste, la réalité s’avère bien différente, les patients devant souvent patienter une moitié d’année ou plus en rhumatologie, en odontologie ou en neurologie.
Pour s’attaquer à ce problème, le ministre de la Santé Linas Kukuraitis s’est fixé un objectif ambitieux pour les deux prochaines années : réduire les files d’attente d’au moins trente pour cent pour certaines catégories de spécialistes, d’après ses déclarations recueillies par Tv3.
Linas Kukuraitis, ministre de la Santé, a indiqué que l’ambition minimale était d’atteindre au moins trente pour cent, précisant que si les réductions étaient plus importantes, cela constituerait une avancée majeure, et que ce serait l’objectif poursuivi.
En attendant des améliorations concrètes sur le terrain, le ministre invite les patients inscrits sur les listes d’attente à consulter régulièrement le portail E. Sveikata afin de vérifier si des créneaux de rendez-vous ne se libèrent pas de manière impromptue.
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