Des milliers de personnes ont défilé samedi 6 juin 2026 dans les rues de Vilnius lors de la marche « Lithuanian Pride 2026 ». Ce rassemblement, organisé par l’organisation nationale LGL, a relié la Bibliothèque nationale Martynas Mažvydas au parc Kalnų pour réclamer une meilleure protection juridique des familles LGBTQ+ et l’égalité des droits en Lituanie.
Une mobilisation pour l’égalité des droits et la reconnaissance des familles
cluster (priority): Lrytas
Sous le mot d’ordre « Toutes les familles sont importantes en Lituanie », la foule a traversé l’avenue Gediminas pour affirmer la visibilité de la communauté. Ce festival, qui se tient tous les trois ans dans la capitale lituanienne, a pris cette année une dimension revendicative particulière. Selon les organisateurs de la Nationale LGBT teisių organizacija LGL, l’objectif est de rappeler que les personnes LGBTQ+ font partie intégrante de la société et doivent jouir d’une sécurité et d’une reconnaissance totale.
Pour les participants, la situation actuelle demeure complexe mais évolutive. « Nous participons car nous voulons montrer que l’amour est une liberté et que tout le monde devrait avoir la liberté d’aimer qui il veut », a confié Donatas, un participant, à l’agence ELTA. De nombreux manifestants ont insisté sur l’écart qui sépare encore la Lituanie des standards de l’Europe occidentale concernant l’union civile et la protection des couples de même sexe.
Le poids des décisions judiciaires face à l’inertie législative
cluster (priority): 15min.lt
Le contexte politique est marqué par une tension entre les décisions de la justice et l’inaction du Parlement. En avril 2025, la Cour constitutionnelle (KT) a statué que l’absence de cadre juridique pour les couples de même sexe en Lituanie était contraire à la Constitution et discriminatoire. Malgré cet avis, aucune loi n’a été adoptée pour régulariser la situation depuis plus de vingt ans.
Interrogée sur son absence à la marche, la Première ministre Inga Ruginienė a justifié son indisponibilité par un conseil de parti, tout en soulignant la nécessité d’agir. Comme le rapporte Lrytas, la cheffe du gouvernement a rappelé que « les décisions de la justice doivent être exécutées » et qu’il incombe au Seimas de créer un registre législatif adéquat. Actuellement, les couples ne peuvent obtenir une forme de reconnaissance juridique qu’en passant par des procédures judiciaires complexes, une situation qualifiée d’intolérable par la Cour constitutionnelle.
Un soutien politique et culturel diversifié
Des milliers manifestent en Lituanie contre la réforme de la loi sur l'audiovisuel public
Le cortège a rassemblé plusieurs personnalités publiques lituaniennes, parmi lesquelles le maire de Vilnius, Valdas Benkunskas, accompagné de son épouse, la soliste d’opéra Vismantė Benkunskienė. Le maire a réitéré son soutien via les réseaux sociaux, déclarant que « Vilnius envoie un message clair : chaque personne a le droit d’aimer librement », selon des propos repris par 15min.lt. Le vice-maire Vytautas Mitalas ainsi que le député Tomas Vytautas Raskevičius étaient également présents pour soutenir le mouvement.
Le festival s’est conclu au parc Kalnų par un concert en plein air, organisé en partenariat avec les M.A.M.A. (Metų muzikos apdovanojimai). La scène a accueilli des artistes locaux et internationaux, dont les représentants espagnols à l’Eurovision, Nebulossa, symbolisant ainsi la dimension européenne des revendications portées par les manifestants.
Contre-manifestations et climat social
cluster (priority): Delfi
La journée n’a pas été exempte de manifestations opposées. Près de la cathédrale de Vilnius, un groupe a organisé un piquet de protestation, entonnant des chants religieux et brandissant des pancartes dénonçant l’idéologie LGBTQ+. Les participants à ce rassemblement ont invoqué la défense des valeurs chrétiennes et de la structure traditionnelle de la famille, illustrant la persistance d’une fracture sociétale sur ces questions de droits civiques.
Tandis que la marche pour l’égalité s’achève, la question demeure entière : dans quelle mesure le gouvernement sera-t-il capable de traduire ces revendications en actes législatifs concrets avant la fin de l’année ? La pression, tant juridique que citoyenne, semble atteindre un point de bascule. Comme l’a noté LRT, l’espoir d’une égalité effective reste, pour beaucoup de participants, le moteur principal de cette mobilisation annuelle.