L’Afrique du Sud exige un triplement des fonds d’adaptation à la COP31

À l’approche de la COP31 en Turquie, l’Afrique hausse le ton pour exiger des financements climatiques prévisibles. L’Afrique du Sud mènera la charge à Antalya en réclamant un triplement de l’aide à l’adaptation d’ici 2035 et un mécanisme opérationnel pour les pertes et préjudices.

L’Afrique du Sud s’apprête à défendre une ligne ferme lors de la 31e Conférence des Parties sur les changements climatiques (COP31), qui se tiendra du 9 au 20 novembre à Antalya. Le ministre des Forêts, des Pêches et de l’Environnement, David Maynier, a souligné lors d’une consultation nationale à Johannesburg que le continent ne génère qu’une infime partie des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Malgré cette faible contribution, le pays subit de plein fouet des chocs climatiques d’une violence inouïe. En janvier, des inondations historiques dans les provinces du Limpopo et du Mpumalanga ont coûté la vie à au moins 30 personnes et détruit des infrastructures vitales, tandis que le Cap-Occidental a enregistré 11 décès et des centaines de milliers de déplacés quatre mois plus tard.

Le gouffre financier entre promesses et réalité sur le terrain

Face à la multiplication des catastrophes, Pretoria et le Groupe africain des négociateurs réclament des comptes aux pays développés. La grogne monte autour de la lenteur des décaissements et de l’insuffisance chronique des mécanismes existants, à l’instar du Fonds pour les pertes et préjudices (FRLD).

Minister David Maynier. Image: Supplied/Facebook
Photo : Mail & Guardian

Ce fonds enregistre un décalage abyssal entre les besoins exprimés par les pays vulnérables et les ressources réellement disponibles. Les chiffres illustrent la tension financière de la diplomatie climatique :

  • Plus de 170 propositions de projets soumises par 119 pays au Fonds pour les pertes et préjudices, représentant des besoins estimés à plus de 1,4 milliard de dollars, pour seulement 450 millions de dollars disponibles.
  • Une proposition de 20 millions de dollars déposée par l’Afrique du Sud pour restaurer les paysages du parc national Kruger après les intempéries de janvier 2026.
  • Une baisse de 34 % constatée lors de la dernière reconstitution des ressources du Fonds pour l’environnement mondial, pénalisant l’accès aux subventions au profit de prêts onéreux.

Le négociateur en chef sud-africain Maesela Kekana a pointé le déséquilibre persistant entre la modélisation de l’atténuation et le flou entourant l’adaptation. Sur l’atténuation, c’est assez simple, les rapports montrent que nous nous dirigeons vers un réchauffement d’environ 2,8 °C, a-t-il déclaré, mais sur l’adaptation, nous ne savons vraiment pas où nous en sommes.

L'Afrique du Sud exige un triplement des fonds d'adaptation à la COP31
Photo : Engineering News

La vision de Belém à Addis et les indicateurs de résilience

Pour mesurer les progrès réels face aux risques, l’Afrique mise sur la Vision de Belém à Addis, un processus adopté lors de la COP30 au Brésil. Cet outil doit doter la communauté internationale d’indicateurs précis pour évaluer la construction de la résilience dans les pays en développement.

Nous ne recevons pas les fonds. Devons-nous continuer à perdre le combat ? Non.

Le président du Groupe africain des négociateurs, via Daily Nation

L’échéance du second Bilan mondial en décembre

La conférence d’Antalya servira également de rampe de lancement pour le second Bilan mondial de l’Accord de Paris. Pretoria entend élargir cette évaluation au-delà de la simple réduction des gaz à effet de serre pour y inclure les transferts technologiques, le renforcement des capacités et le financement de l’adaptation.

Dans la foulée de ces négociations, l’administration sud-africaine déposera en décembre son deuxième rapport bisannuel de transparence, détaillant la mise en œuvre de ses objectifs nationaux pour la période 2023-2024.

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