Lors de la 81e Assemblée générale des Nations unies à New York, le Nigeria et l’Afrique du Sud ont intensifié les pressions pour obtenir au moins deux sièges permanents dotés d’un droit de veto au Conseil de sécurité, dénonçant un statu quo hérité de 1945 qui ne reflète plus les réalités géopolitiques mondiales actuelles.
La campagne de longue haleine menée par le continent africain pour obtenir une représentation permanente au sein du Conseil de sécurité des Nations unies s’est invitée au cœur des débats de la 81e session de l’Assemblée générale de l’organisation. Lors de cette semaine de haut niveau à New York, les dirigeants africains ont rappelé que les cinq membres permanents actuels n’ont pas changé depuis 1945, tandis que le continent reste totalement exclu de cette catégorie décisionnelle malgré sa place centrale dans l’agenda de l’institution.
Les exigences du Nigeria et l’appel de l’Afrique du Sud à l’ONU
Représentant le président Bola Ahmed Tinubu à la tribune, le vice-président nigérian Kashim Shettima a réclamé des changements radicaux dans la structure de gouvernance mondiale. Le pays exige l’attribution d’au moins deux sièges permanents pour l’Afrique, assortis de toutes les prérogatives de la fonction, y compris le droit de veto tant qu’il existera, ainsi que cinq sièges non permanents, conformément au Consensus d’Ezulwini et à la Déclaration de Sirte.
La réforme de cette institution doit commencer par la reconstitution du Conseil de sécurité, car le monde de 2026 ne peut pas rester prisonnier de la distribution du pouvoir en 1945. L’Afrique ne peut pas continuer à remplir l’agenda du Conseil tout en restant absente de sa composition permanente.
De son côté, l’Afrique du Sud intensifie également ses efforts à travers le processus de négociations intergouvernementales, cherchant à mobiliser des appuis pour la position commune de l’Union africaine. L’ambassadeur Mxolisi Sizo Nkosi, représentant permanent sud-africain auprès de l’ONU, a rappelé que l’Afrique abrite une population de plus d’un milliard de personnes et supporte la majorité des conflits examinés par l’organisation.
D’autres dirigeants ont appuyé ces revendications. Le président ghanéen John Mahama a déclaré à ce sujet que la réforme du Conseil de sécurité n’est pas une faveur accordée à l’Afrique ; c’est un impératif pour la légitimité, la crédibilité et la survie des Nations unies, selon des propos rapportés par Al Jazeera.
Le poids des résolutions du Chapitre VII et les obstacles institutionnels
L’argumentaire africain s’appuie sur des données opérationnelles concrètes. Au cours de l’année 2025, le Conseil de sécurité a adopté 44 résolutions, dont 24 en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations unies qui régit les mesures de sanction et le recours à la force. Sur ces 24 textes, 18 concernaient directement le continent africain, soulignant le décalage persistant entre la charge de travail de l’organe et l’absence de ses représentants permanents.

Malgré ces constats, la concrétisation des réformes se heurte à des verrous juridiques et politiques. Pour modifier la composition permanente, la Charte des Nations unies exige en effet une révision selon son article 108, ce qui implique l’approbation des deux tiers de l’Assemblée générale et la ratification par les deux tiers des États membres, y compris l’ensemble des cinq membres permanents actuels.
Le statu quo n’est pas vraiment intéressé par le changement. Dans la nomination du secrétaire général, vous ne pouvez pas être candidat à moins que chacun des cinq membres permanents ne soit d’accord. Par conséquent, nous avons le privilège des P5 non élus, qu’ils ne veulent pas abandonner.
Enjeux géopolitiques et défis de la représentation africaine
Au-delà de la résistance des membres actuels du Conseil, la question de l’attribution concrète des sièges demeure ouverte.

Alors que l’ambassadeur nigérian Jimoh Ibrahim et la ministre des Affaires étrangères Bianca Odumegwu-Ojukwu coordonnent les priorités de la délégation à New York, le débat sur l’architecture multilatérale se poursuit à l’ONU, mêlant aux discussions sur la sécurité les exigences de réformes financières internationales et de transition énergétique.
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