Trente-trois membres des Forces armées canadiennes restent hospitalisés en Alberta après l’incendie de la base de Wainwright, tandis que les spécialistes des grands brûlés avertissent que la guérison de blessures aussi graves exige des mois, voire des années de soins intensifs et d’interventions chirurgicales complexes.
L’incendie s’est déclaré samedi sur un terrain d’entraînement de la base des Forces canadiennes de Wainwright, située à environ 200 kilomètres au sud-est d’Edmonton. Le feu s’est propagé rapidement, causant la mort de quatre personnes et nécessitant l’hospitalisation de 39 blessés, selon les autorités. Dimanche, 19 de ces patients se trouvaient dans un état critique.
Visite ministérielle et situation des militaires à Wainwright
Lundi, le ministre de la Défense nationale, David McGuinty, s’est déplacé pour inspecter l’installation militaire et aller à la rencontre des membres des Forces armées canadiennes en convalescence dans un établissement hospitalier de la région. Le ministre a indiqué que 33 militaires étaient toujours hospitalisés en Alberta à la suite de ce drame. Par respect pour la vie privée des victimes, il a précisé qu’il ne ferait aucun commentaire sur leur état de santé individuel.
Le défi médical des grands brûlés selon les spécialistes
Le processus de guérison est fonction de l’âge de la personne, de l’étendue de la surface cutanée touchée ainsi que des complications potentielles, a souligné lundi le Dr Vincent Gabriel, qui dirige médicalement le Centre de traitement des brûlures des pompiers de Calgary au Foothills Medical Centre. Les médecins ne mesurent pas le rétablissement en jours ou en semaines, mais bien en mois et en années.
Il s’agit de blessures graves qui représentent un fardeau considérable pour les patients, leurs familles, leurs proches, tout le monde. Ce n’est pas comme une fracture, dont on se remet en quelques jours. C’est quelque chose qui va marquer leur vie à jamais.
Dr Marc Jeschke, directeur du programme de traitement des brûlures au Hamilton Health Sciences Centre, via La Presse Canadienne
Les grands brûlés sont immunodéprimés en raison de la perte de leur barrière cutanée naturelle, ce qui les rend extrêmement vulnérables aux infections. Selon le Dr Alan Rogers du Centre de traitement des brûlures Ross Tilley du Sunnybrook Health Sciences Centre, l’infection demeure la principale cause de décès pour les patients qui survivent assez longtemps pour être admis en unité spécialisée. Pour contrer ce risque, les malades doivent être placés en chambre d’isolement pendant des semaines.
Mobilisation des hôpitaux et interventions chirurgicales
Deux structures hospitalières albertaines possèdent des unités pour grands brûlés, situées respectivement à Calgary et à Edmonton, disposant chacune d’une capacité de huit lits. Face à l’afflux de patients, des structures situées ailleurs au pays — dont le Ross Tilley Burn Centre à Toronto et le programme du Hamilton Health Sciences Centre — ont confirmé être prêtes à prêter main-forte à leurs collègues albertains, que ce soit en accueillant des transferts ou en fournissant des ressources comme de la peau congelée provenant de banques de tissus.
Le parcours thérapeutique exige des interventions chirurgicales répétées sur plusieurs semaines ou mois. Les chirurgiens doivent d’abord retirer les tissus endommagés pour les remplacer par des greffes provenant de donneurs décédés ou par des substituts cutanés artificiels, avant de procéder ultérieurement à des greffes de la propre peau du patient. Cette lourde séquence de soins s’accompagne d’un soutien psychologique et multidisciplinaire immédiat pour aider les blessés et leurs familles à surmonter ce traumatisme.
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