Les 13 syndicats membres de la LO ont présenté leurs revendications salariales coordonnées en vue des négociations à venir. S’ils réclament des hausses de salaires réels, ils ont écarté tout objectif général de réduction immédiate du temps de travail hebdomadaire, malgré des menaces de grève.
Lors d’une conférence de presse, la Confédération des syndicats suédois, connue sous l’acronyme LO, a présenté sa plateforme de revendications en vue du cycle de négociations d’Avtal 27.
Contrairement au souhait de réduction du temps de travail entériné lors du congrès de la confédération en 2024, aucune revendication générale de diminution de la semaine de travail ne figure dans le cahier des charges de cette année.
La direction syndicale préfère laisser chaque fédération opter pour des solutions ciblées.
La flexibilité sur l’aménagement du temps de travail
Plutôt qu’une baisse uniforme de la durée hebdomadaire, la stratégie coordonnée autorise les fédérations qui le souhaitent à consacrer une partie de l’enveloppe salariale à la réduction du temps de travail annuel. Elle peut aussi le faire sur l’ensemble de la vie active.
Cette flexibilité peut prendre la forme de journées de congé supplémentaires, gérées via des tibanques ou d’autres dispositifs existants.

Le syndicat Kommunal qualifie ce choix de compromis difficile après des discussions internes intenses entre les différentes branches professionnelles.
C’est vraiment un compromis et c’est aussi loin que nous sommes arrivés cette fois-ci, a indiqué la présidente de Kommunal, Malin Ragnegård, soulignant la force que confère l’unité des treize fédérations.
En parallèle, la plateforme commune exige des augmentations de salaires réels pour tous les salariés, assorties de mesures spécifiques pour les bas salaires.
Deux modèles sont sur la table pour soutenir les revenus les plus faibles : un mécanisme de collecte par secteur ou une revalorisation des grilles minimales.
Les groupes dont les revenus sont inférieurs à 31 300 couronnes bénéficieront de hausses calculées sur ce montant de référence.
Les planchers conventionnels inférieurs à 26 890 couronnes devront progresser de 115 % de la hausse générale.
Johan Lindholm dénonce l'attitude du patronat
Le président de la LO, Johan Lindholm, a justifié la fermeté du ton syndical en pointant du doigt l’attitude des employeurs. La confédération redoute un front patronal durci, illustré selon elle par le refus de l’organisation patronale Svenskt Näringsliv de négocier la question du temps de travail au niveau central.
Les tensions se cristallisent également autour de la dénonciation par la LO de l’accord sur les conditions d’assurance communes.
Ici, il peut y avoir une grève.
Face à ces exigences, le patronat plaide pour une modération salariale.
Le vice-président de Svenskt Näringsliv, Mattias Dahl, a souligné que la concurrence internationale est féroce.

La reprise économique suédoise reste fragile, ce qui impose selon lui un ralentissement de la hausse des rémunérations.
IKEM alerte sur la concurrence mondiale
Du côté des employeurs de l’industrie et de la chimie, représentés par l’organisation IKEM, l’avertissement est direct. Claes Arenander, responsable des négociations pour l’organisme, estime que chaque investissement doit être gagné face aux sites d’implantation européens, américains ou asiatiques.
L’organisation pointe une évolution des équilibres mondiaux, notamment dans la chimie où la part de marché de la Chine est passée de 24 à 46 pour cent depuis 2009, tandis que celle de l’Europe reculait de 21 à 13 pour cent. Les entreprises doivent pouvoir rentabiliser leurs investissements sur le territoire national sans que des coûts saliares jugés excessifs ne compromettent leur compétitivité à long terme.
Le calendrier des décisions syndicales
Le processus entre désormais dans une phase décisive de validation interne. Les 13 fédérations affiliées disposent d’un délai fixé au 27 novembre 2026 pour faire connaître leur décision formelle de participer ou non à cette coordination interprofessionnelle.
Les niveaux précis des exigences salariales seront dévoilés plus tard à l’automne, une fois que les syndicats de l’industrie auront arrêté leurs propres positions.
Les accords actuels du secteur industriel doivent expirer le 31 mars 2027, une échéance qui servira de baromètre et donnera le ton pour l’ensemble du marché du travail suédois.
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