Une étude publiée en 2011 dans le Journal of Personality and Social Psychology a soutenu que l’esprit humain pouvait anticiper des événements aléatoires futurs. Cette recherche a ouvert un débat intense dans la littérature académique et a déclenché une crise de reproductibilité en psychologie.
L’article intitulé Feeling the Future
, rédigé par le professeur Daryl Bem et diffusé en 2011, a provoqué une onde de choc dans le monde scientifique. Cette publication a soutenu l’hypothèse selon laquelle les individus posséderaient une capacité de précognition face à des stimuli visuels aléatoires affichés sur un écran d’ordinateur. Les travaux reposaient sur neuf expériences distinctes. Elles ont été menées auprès de plus de 1 000 participants.
Les taux de prédiction des expériences de 2011
Les participants de cette recherche menée par le professeur Daryl Bem devaient deviner à l’avance des images qui allaient apparaître ultérieurement sur un écran. L’analyse des données a été recueillies au cours de ces neuf expériences. Elle a indiqué un taux de réussite légèrement supérieur à la valeur de référence de cinquante pour cent généralement attribuée au simple hasard. La portée de ces observations a fait l’objet de nombreuses vérifications indépendantes pour déterminer la robustesse de la méthode employée.
L’échec des réplications et le p-hacking
Après la parution des travaux, des équipes de chercheurs de différentes régions du globe ont tenté de reproduire les expériences sous des conditions similaires. Aucun de ces laboratoires n’est parvenu à obtenir les mêmes résultats que l’étude originale de 2011. L’impossibilité de réitérer ces performances a jeté un doute sérieux sur les conclusions initiales. Les analyses statistiques de la recherche initiale ont également fait l’objet d’un examen minutieux.
Les spécialistes ont soulevé l’éventualité d’un p-hacking. Cette pratique consiste à appliquer divers modes d’analyse sur les données jusqu’à l’obtention du résultat escompté. Cette démarche analytique est susceptible d’engendrer des faux positifs au sein des publications scientifiques.
Le durcissement des critères statistiques en psychologie
Plutôt que d’établir la réalité de la précognition humaine, les travaux du professeur Daryl Bem sont devenus l’illustration emblématique d’une période charnière. Cette controverse a nourri le débat autour de ce que la communauté nomme la crise de reproductibilité. À la suite de ces discussions, les exigences méthodologiques ont connu un net renforcement. Les critères statistiques appliqués aux publications académiques ont suivi pour garantir une plus grande rigueur.
Feeling the Future
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