L’Iran a indiqué s’être accordé avec le sultanat d’Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique dont les deux pays sont riverains. Selon Esmaïl Baghaï, porte-parole de la diplomatie iranienne, les coordonnées géographiques du tracé envisagé par les deux parties ont été approuvées. Téhéran et Mascate travaillent actuellement à l’élaboration d’une déclaration conjointe, sous réserve qu’aucune partie tierce ne vienne entraver ce processus diplomatique.
Un nouvel itinéraire de transit en discussion dans le détroit d’Ormuz
Les négociations se trouvent dans leur phase finale, a confirmé le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, cité par l’agence de presse officielle Irna. Du côté de Téhéran, les autorités précisent que cet accord portera sur une route acceptable pour les deux parties, se situant entre la route nord et la route sud, dans le respect des droits souverains de chaque pays ainsi que de leurs intérêts nationaux et sécuritaires.
Les tensions et le blocus américain en arrière-plan
Malgré ces avancées diplomatiques, le détroit d’Ormuz demeure verrouillé par la République islamique depuis la reprise début juillet des affrontements avec les États-Unis. Avant la guerre, cette voie maritime cruciale permettait le passage d’un cinquième du commerce mondial des hydrocarbures, mais son économie et sa fluidité subissent de fortes perturbations depuis le déclenchement du conflit le 28 février par une offensive israélo-américaine.
Esmaïl Baghaï a tenu à souligner que l’accord en cours de finalisation avec Oman n’avait rien à voir avec sa réouverture ou le maintien de sa fermeture. Il a affirmé que le passage reste fermé en raison des mesures hostiles de Washington, citant notamment le blocus naval imposé par les États-Unis sur les ports iraniens en représailles au blocage du détroit, ainsi que d’autres actions agressives menées contre l’Iran.
Les pressions de Washington et les tractations régionales
De son côté, le président américain Donald Trump, qui a annoncé une pause des bombardements, a réclamé à plusieurs reprises une réouverture complète et totale
du détroit. Tout en affirmant que Téhéran souhaitait conclure un accord rapide, il a menacé à plusieurs reprises de frapper lourdement le pays en l’absence d’un règlement rapide. En réponse, l’Iran dément tout dialogue direct avec Washington et rappelle son refus d’un retour à la situation d’avant-guerre, n’autorisant pour l’instant qu’un unique itinéraire le long de ses propres côtes.
Dans ce contexte de crise, des médiateurs régionaux tentent de relancer le dialogue entre les belligérants. Des tractations sont menées par des médiateurs du Qatar et du Pakistan, tandis qu’Abbas Araghchi s’est entretenu avec son homologue saoudien et le chef de l’armée pakistanaise. Par ailleurs, le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane a eu une conversation téléphonique avec Donald Trump pour l’exhorter à privilégier la voie diplomatique afin de faire baisser la tension dans la région, selon l’agence de presse officielle saoudienne et relayée par la presse internationale.
Pour aller plus loin