L’Iran et Oman sont parvenus aux dernières étapes de la rédaction d’un accord visant à rouvrir provisoirement le détroit d’Hormuz. Annoncé ce mercredi 5 août 2026, ce compromis temporaire de deux à quatre mois dépend désormais de la ratification du Guide suprême iranien et de la levée du blocus américain.
Les négociations entre Téhéran et Mascate ont abouti à un projet d’accord destiné à rouvrir la voie navigable stratégique qui gère habituellement environ vingt pour cent des expéditions mondiales de pétrole, soit près de 20 millions de barils par jour. L’information a été confirmée ce mercredi par Esmail Baghaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, qui a précisé sur Telegram qu’une déclaration commune était en cours d’examen final.
Il se pourrait que cela arrive. Demain ou après-demain, a affirmé le dirigeant américain, interrogé par des journalistes, tout en ajoutant que beaucoup de progrès ont été réalisés.
Les modalités du corridor provisoire et la question des taxes
Le dispositif négocié entre les deux pays riverains ne constitue pas un retour complet à la situation d’avant-guerre. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a expliqué à l’agence officielle Irna que l’entente porte sur la mise en place d’une route temporaire qui pourrait rester ouverte de deux à quatre mois. Une grande partie du trafic transiterait ainsi par les eaux territoriales de la République islamique.
Sur le plan opérationnel, les navires entreraient dans le golfe Persique par un itinéraire contrôlé par l’Iran et sortiraient par une route surveillée par Oman. Des frais de service seraient prélevés pour assurer la sécurité et préserver l’environnement maritime. Toutefois, les exigences financières de Téhéran restent un point de friction majeur avec Washington.
Les désaccords persistent quant au montant et à la forme de ces taxes. Selon des sources proches du dossier citées par Reuters, l’Iran réclame entre cinq et sept pour cent de la valeur des cargaisons, tandis qu’Oman discute d’un taux avoisinant les trois pour cent, l’administration américaine exigeant quant à elle l’absence totale de frais. Par ailleurs, des dispositions du projet examinent la possibilité d’utiliser des paiements libellés en cryptomonnaie ou en yuan chinois pour s’acquitter de ces redevances de transit, prolongeant une initiative initiée avec le lancement en mai 2026 de l’assurance maritime Hormuz Safe.
L’aval du Guide suprême et l’ombre du blocus américain
Le texte final du projet d’accord attend l’approbation du Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, selon des responsables régionaux interrogés par The Associated Press. Ce dernier n’a pas été vu en public depuis qu’il a succédé à son père, l’ayatollah Ali Khamenei, tué lors des frappes initiales du 28 février 2026 menées par les États-Unis et Israël.

Les autorités iraniennes posent comme condition sine qua non à l’application du pacte la levée par les États-Unis du blocus naval imposé aux ports iraniens. Le porte-parole Esmail Baghaei a souligné que les facteurs rendant le détroit d’Hormuz peu sûr existent toujours du côté des États-Unis, en particulier le blocus naval et d’autres actions agressives et menaçantes contre l’Iran et ses intérêts, tout en avertissant qu’un accord ne serait scellé si certaines parties ne font pas obstruction à ce processus.
Réactions des marchés et complexités politiques à Washington
L’annonce d’une avancée dans les négociations a immédiatement influencé les marchés mondiaux de l’énergie. Le brut de référence international Brent a reculé de 0,3% pour s’établir à 79,24 dollars le baril en début de séance en Asie, tandis que le brut léger américain West Texas Intermediate évoluait autour de 75 dollars. Les cours avaient auparavant subi des fluctuations erratiques au gré des perturbations subies par le trafic maritime.

Sur le plan politique américain, le président Donald Trump cherche à clore un conflit qui pèse sur l’économie mondiale et sur sa propre majorité à l’approche des élections de mi-mandat en novembre. Le vice-président JD Vance a reconnu sur Fox News que le processus diplomatique restait complexe, qualifiant les négociateurs iraniens d’extraordinarily difficult people
(personnes extraordinairement difficiles) et admettant que la résolution de la crise exigerait du temps.
L’incertitude demeure quant à la pérennité du texte en préparation, l’échec du protocole d’Islamabad conclu en juin dernier rappelant la fragilité des trêves dans la région. Du côté iranien, la télévision d’État a rappelé que l’ouverture effective du détroit dépendra en dernier ressort d’un changement concret dans le comportement de Washington, tandis que les infrastructures énergétiques régionales restent exposées aux tensions persistantes.
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