Le président américain Donald Trump a rejeté samedi une proposition iranienne visant à rouvrir le détroit d’Ormuz sous sept jours en échange de la reprise des négociations, affirmant que Téhéran cherchait cet accord car le pays est en train de perdre le conflit.
La proposition initiale avait été présentée par l’Iran lors de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, marquant une tentative de dénouer la crise maritime qui paralyse une grande partie du commerce mondial du pétrole depuis la fin du mois de février. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, avait indiqué que le plan concret avait été transmis à Washington par l’intermédiaire du Qatar.
Le président iranien Massoud Pezeshkian avait lui précisé que la proposition había été élaborée en coordination
avec le guide suprême Mojtaba Khamenei, ultime arbitre des décisions de la République islamique, et qu’une équipe de six membres habilitée à prendre des décisions avait été mise en place à cet égard.
Le rejet direct de Washington face à l’offre de Téhéran
Depuis la Maison-Blanche avant son départ pour le Tennessee, le président Donald Trump a opposé un refus catégorique au compromis proposé par les autorités iraniennes. L’administration américaine estime que le pays ne répond pas aux exigences exigées pour lever les sanctions et le blocus naval.
Je rejette leur proposition. Ils veulent faire un accord où ils ouvrent le détroit immédiatement parce qu’ils perdent lamentablement.

Le dirigeant américain a également minimisé la nécessité de négocier ce passage maritime, affirmant détenir le contrôle total du détroit et assurant que des volumes massifs de pétrole continuent de transiter malgré les tensions persistantes. Des sources au sein du gouvernement américain, contactées par le Wall Street Journal, avaient auparavant rapporté que le locataire de la Maison-Blanche avait écarté cette proposition, estimant que l’Iran ne satisfaisait pas ses critères. Le quotidien a également précisé qu’il songe à relancer les frappes sur le territoire iranien dès la fin des élections législatives de mi-mandat au mois de novembre. Le sol iranien n’a subi aucun bombardement américain depuis le 1er septembre, date d’une série de frappes meurtrières qui avaient coûté la vie à cinq personnes et fait de nombreux blessés lors d’une cérémonie de mariage dans le sud-est du pays, bien que des bâtiments navaux aient été pris pour cible dans le détroit d’Ormuz par la suite.
Les conditions du mémorandum de juin et la réaction iranienne
Le plan présenté par Téhéran s’appuie sur les bases d’un accord de compromis esquissé en juin, qui prévoyait la fin des hostilités en échange de la levée progressive du blocus naval américain et du déblocage d’avoirs iraniens. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a souligné que les mesures exigées des États-Unis ne présentaient aucune nouveauté et figuraient déjà dans les engagements initiaux du mémorandum.

Dans un message publié sur la messagerie Telegram, Abbas Araghchi a réagi aux déclarations de la Maison-Blanche en soulignant le caractère fluctuant de la communication américaine.
Le président américain a fait beaucoup de bonnes déclarations, ainsi que beaucoup de déclarations contradictoires, que nous entendons malheureusement fréquemment.
Le chef de la diplomatie iranienne a ajouté que Téhéran attendrait les positions définitives des médiateurs avant d’arrêter sa décision finale.
L’impact géopolitique sur les flux énergétiques et le calendrier électoral américain
La fermeture prolongée de cette route stratégique, par laquelle transitait historiquement un cinquième des hydrocarbures de la planète, continue de provoquer des soubresauts sur les marchés énergétiques mondiaux. Avant même que son refus ne devienne officiel, Donald Trump avait affiché sa défiance en diffusant via son réseau Truth Social une carte du détroit d’Ormuz rebaptisé pour l’occasion « Détroit Trump », témoignant des tensions durables entre les deux nations.
Cette situation économique pèse lourdement sur la cote de popularité de l’exécutif américain, confronté à l’impopularité croissante et à la flambée des prix à l’approche des élections législatives de mi-mandat prévues en novembre.
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