L’inflation annuelle de la consommation au Ghana a reculé de manière inattendue pour s’établir à 4,6 pour cent en juillet 2026, contre 5,3 pour cent en juin, selon les données officielles publiées ce jeudi par le Service statistique national.
Ce ralentissement des prix à la consommation représente la première baisse mensuelle enregistrée depuis le mois de mars dernier. L’inflation s’était établie à 12,1 pour cent un an plus tôt en juillet 2025, marquant ainsi une amélioration notable de la stabilité des prix dans le pays producteur d’or, de pétrole et de cacao, qui sort de sa crise économique la plus grave depuis des décennies.
Le recul des denrées alimentaires tire l’inflation vers le bas à Accra
L’inflation globale a surpris les observateurs en affichant un recul plus fort que prévu. Le statisticien de l’État, Alhassan Iddrisu, l’a confirmé devant la presse à Accra, précisant que la médiane des prévisions de trois économistes interrogés par Bloomberg s’attendait plutôt à un taux de 5,8 pour cent. En glissement mensuel, les prix ont progressé de seulement 0,1 pour cent, après une hausse de 0,2 pour cent le mois précédent.

Le principal moteur de ce recul reste la décélération de l’inflation alimentaire. En rythme annuel, la hausse des prix des produits alimentaires est tombée à 3,1 pour cent en juillet, contre 3,9 pour cent en juin. Plus explicite encore, l’inflation alimentaire mensuelle s’est affichée à -0,1 pour cent, ce qui traduit une baisse effective des tarifs moyens sur un mois.
Le Service statistique national a salué cette évolution en déclarant que food relief is real
pour les ménages, dont le panier d’achat subit une pression nettement amoindrie. Parmi les produits enregistrant les baisses les plus spectaculaires sur un an figurent le kontomire (feuilles de cocoyam), dont le prix moyen a chuté de 41,2 pour cent, suivi des aubergines locales (34,5 pour cent) et du maïs (32,9 pour cent).
Le contraste persistant entre produits locaux et non-alimentaires
Malgré la détente générale, les disparités restent fortes entre les différents postes de dépense. Le Service statistique national a souligné que les services constituent désormais the last hurdle
dans la maîtrise des prix. L’inflation dans le secteur des services a ralenti pour atteindre 8,5 pour cent en juillet, contre 9,4 pour cent en juin, mais demeure le niveau le plus élevé de toutes les catégories de l’indice des prix à la consommation.
Les services et biens non-alimentaires continuent de peser lourdement sur l’économie quotidienne. L’inflation non-alimentaire annuelle s’est établie à 6,1 pour cent, représentant près de 67,6 pour cent de l’inflation totale de juillet. Selon les calculs du Service statistique, pour chaque augmentation de un cédi sur les marchés, environ 68 pesewas proviennent de biens et services non-alimentaires tels que le transport, le loyer, l’éducation et la santé.

| Composante de l’inflation | Taux de juillet 2026 | Évolution par rapport à juin |
|---|---|---|
| Inflation globale annuelle | 4,6% | En baisse (depuis 5,3%) |
| Inflation alimentaire annuelle | 3,1% | En baisse (depuis 3,9%) |
| Inflation non-alimentaire annuelle | 6,1% | En baisse (depuis 6,3%) |
| Inflation des services | 8,5% | En baisse (depuis 9,4%) |
De plus, l’inflation des produits fabriqués localement continue de dépasser celle des marchandises importées. Les articles d’origine nationale ont affiché une hausse annuelle de 5,9 pour cent, tandis que les produits importés ont progressé de 2,0 pour cent, soutenus par une plus grande stabilité du taux de change qui a contribué à contenir le coût des biens venus de l’étranger.
Réaction de la Banque du Ghana et perspectives budgétaires à Accra
Face à ces évolutions macroéconomiques, le ministère des Finances a confirmé l’ensemble de ses objectifs budgétaires annuels lors de la révision semestrielle du budget intervenue le mois dernier, estimant que la reprise économique reste solidement ancrée. De son côté, la banque centrale a opté pour la prudence en maintenant son taux directeur inchangé pour la deuxième réunion consécutive en juillet.

L’institution monétaire a rappelé qu’une vigilance constante demeurait indispensable pour garantir que la hausse des prix se maintienne durablement dans sa bande cible de moyen terme fixée entre 6 et 10 pour cent.
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