Des milliers de partisans de l’ancien Premier ministre pakistanais Imran Khan ont entamé une marche de protestation depuis le nord-ouest du pays vers Islamabad. Cette mobilisation fait suite à l’échec des négociations entre le gouvernement et le parti Pakistan Tehreek-e-Insaf concernant la libération de Khan et ses conditions de détention.
L’échec des négociations et le début de la marche vers Islamabad
La tension politique est à son comble au Pakistan après l’échec des négociations entre le gouvernement et le parti Pakistan Tehreek-e-Insaf. Prévue initialement pour le 27 septembre, la manifestation a été reportée pour laisser place au dialogue. Deux séries de pourparlers menées au cours du week-end n’ont cependant pas permis de surmonter le blocage.
Face à cette impasse, des milliers de partisans ont entamé une longue marche vers Islamabad pour réclame la libération de leur dirigeant. Le cortège est parti de la province de Khyber Pakhtunkhwa, la seule région du pays dirigée par le parti d’opposition. Sohail Afridi, ministre en chef de la province, conduit le mouvement et appelle les jeunes à se mobiliser pour leur chef emprisonné.
Les revendications du Pakistan Tehreek-e-Insaf et l’état de santé d’Imran Khan
Incarcéré depuis août 2023 à la suite d’une série de condamnations que ses soutiens qualifient de motivées par la politique, Imran Khan rejette l’ensemble des accusations de corruption et de trahison portées contre lui. Bien que la plupart de ses condamnations aient été suspendues ou annulées en appel, l’ancien dirigeant demeure derrière les barres.
Les pourparlers ont notamment achoppé sur les demandes concernant l’accès d’Imran Khan à ses médecins personnels en prison. La famille et les partisans de l’ancien Premier ministre s’inquiètent vivement pour sa santé, en particulier pour son œil droit qui a nécessité des mois de soins spécialisés. Le parti exige également la libération des trois sœurs d’Imran Khan, arrêtées le mois dernier.

Selon sa famille, citée par Ada Derana, Imran Khan, âgé de 73 ans, a perdu une grande partie de la vue de son œil droit en raison du refus des autorités pénitentiaires de lui prodiguer des soins en temps opportun.
Le dispositif de sécurité et les avertissements du gouvernement fédéral
Les autorités fédérales ont déployé des moyens considérables pour empêcher les manifestants d’atteindre la capitale. Un ban sur les rassemblements a été décrété pour une période de deux mois, tandis que des centaines de conteneurs maritimes et des milliers de membres des forces de l’ordre et paramilitaires bouclent les accès stratégiques d’Islamabad.
Le ministre de l’Intérieur Mohsin Naqvi a imputé l’échec des discussions au refus du parti d’opposition de coopérer face à la montée des violences militantes dans la province frontalière de Khyber Pakhtunkhwa. Le gouvernement s’appuie sur une ordonnance de la Haute Cour d’Islamabad pour interdire l’occupation des axes routiers et des bâtiments publics.
Comme l’a déclaré le ministre de l’Intérieur Mohsin Naqvi à Aljazeera : « S’ils violent les ordres, qu’il s’agisse de travailleurs ou de politiciens, qu’ils manifestent au sein du Khyber Pakhtunkhwa ou à l’extérieur, nous les poursuivrons un par un. »

Analyse des enjeux politiques et perspectives de la contestation
Alors que le pays doit composer avec des fragilités économiques et des tensions sécuritaires persistantes après le conflit non résolu avec l’Afghanistan, l’exécutif cherche à éviter une escalade majeure. Pour l’analyste, la contestation représente une difficulté politique réelle pour le pouvoir en place, sans pour autant constituer une menace existentielle.
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