WASHINGTON — Le président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, a déclaré mardi devant la commission des services financiers de la Chambre des représentants que la priorité absolue de la banque centrale est de faire en sorte que « l’inflation élevée appartienne au passé ». Malgré cette déclaration ferme lors de sa première audition devant le Congrès depuis sa prise de fonction le 22 mai, M. Warsh n’a fourni aucune indication précise sur les prochaines étapes de la politique monétaire.
M. Warsh a souligné que les décideurs de la Fed n’ont « aucune tolérance pour une inflation élevée et persistante » et qu’ils partagent un engagement résolu à restaurer la stabilité des prix.
Un comité divisé face à un contexte incertain
La direction de M. Warsh intervient dans un contexte de division au sein du comité de politique monétaire de la Fed. Sur les 19 décideurs, environ la moitié a anticipé une hausse des taux d’intérêt d’ici la fin de l’année, tandis que l’autre moitié privilégie le maintien des taux actuels ou leur baisse. Cette divergence complique la tâche du nouveau président, qui doit naviguer dans une économie en évolution rapide.
Les données récentes montrent que l’inflation a ralenti, passant de 4,2 % en mai à 3,5 % en juin sur un an, principalement grâce à la baisse des prix de l’essence. L’inflation sous-jacente — qui exclut l’énergie et l’alimentation — a progressé de 2,6 % en juin sur un an, une baisse par rapport aux 2,9 % de mai. Bien que ce ralentissement soit supérieur aux attentes des économistes, le chiffre de l’inflation sous-jacente demeure supérieur à la cible de 2 % fixée par la Fed. M. Warsh a tempéré l’optimisme lié à ces chiffres, affirmant que « ce n’est pas ma vision » de considérer que la mission est accomplie.
Indépendance de la Fed et relations avec l’exécutif
Interrogé sur ses réactions face à d’éventuelles pressions politiques, notamment de la part du président Donald Trump, M. Warsh a réaffirmé l’indépendance de la Réserve fédérale.
Réformes et nouvelles orientations stratégiques
Sous la présidence de M. Warsh, la Fed a entamé une phase de restructuration interne. Cinq groupes de travail ont été formés pour analyser divers domaines stratégiques :
* La communication de la banque centrale.
* Le bilan de la Fed.
* Les sources de données utilisées pour la prise de décision.
* La productivité et l’emploi.
* L’impact des technologies transformatrices, notamment l’intelligence artificielle (IA). M. Warsh a qualifié l’essor de l’IA de « changement le plus significatif dans notre économie » de sa vie d’adulte.
Gestion de la communication et incertitudes géopolitiques
Fidèle à sa volonté de limiter les « orientations prospectives » (*forward guidance*) qu’il juge contraignantes, M. Warsh s’est abstenu de donner des projections personnelles sur les futurs taux. Il a également amorcé un changement de style dans la communication officielle de la Fed : la déclaration publiée après la dernière réunion de politique monétaire a été réduite à 130 mots, contre plus de 300 habituellement. L’incertitude demeure toutefois élevée, notamment en raison du conflit au Moyen-Orient. La reprise des tensions a entraîné une remontée des cours du pétrole et des prix de l’essence, ce qui pourrait inverser les progrès réalisés sur le front de l’inflation dans les mois à venir.
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