Friedrich Merz s’oppose au statut de membre associé du Canada

Le Premier ministre Mark Carney et les dirigeants européens ont conclu un sommet de deux jours à Montréal marqué par l’annonce d’une nouvelle alliance stratégique, tandis qu’un différend diplomatique éclate entre Berlin et Bruxelles à propos du statut du Canada au sein de l’Union européenne.

Les services de presse de l’organisme Politico rapportent que le chancelier Friedrich Merz s’oppose farouchement à l’utilisation de ce terme. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a publiquement relancé l’idée de faire du Canada le premier « membre associé » de l’Union européenne. Cette formule a d’abord été évoquée le mois dernier. Elle s’est heurtée à une fin de non-recevoir de la part de l’Allemagne.

Tensions entre Berlin et Bruxelles

Une opposition menée par l’Allemagne a obtenu le retrait de la mention d’un projet de déclaration commune la veille même du discours d’Ursula von der Leyen à Montréal. Le texte final a finalement entériné un engagement en faveur d’une association toujours plus étroite.

Plusieurs capitales européennes ont jugé ce terme juridique vide et source de confusion.

La cheffe de l’exécutif européen a maintenu sa position lors d’une table ronde aux côtés de Mark Carney. Elle a qualifié le projet d’association sans adhésion, ainsi que le relate CBC News, malgré ce veto larvé.

Friedrich Merz s'oppose au statut de membre associé du Canada
Photo : The Guardian

Le Premier ministre canadien a cherché à minimiser les querelles de vocabulaire lorsqu’il a été interrogé sur cette controverse. Cette nouvelle alliance n’est pas un exercice de marketing. Le nom n’importe pas, a déclaré Mark Carney devant des chefs d’entreprise.

Il a ensuite employé lui-même l’expression contestée lors d’une réunion-débat, comme l’observe CBC News.

Le Canada diversifie ses partenariats économiques

Le sommet a permis d’officialiser l’Alliance pour l’avenir au-delà des passes d’armes sémantiques. Ce cadre de coopération renforcée est conçu pour diversifier les partenariats économiques du Canada.

Washington a instauré des droits de douane de 50 pour cent sur 20 milliards de dollars de marchandises canadiennes. Le Canada expédiait près de 80 pour cent de ses exportations vers son voisin du sud avant cette mesure, selon les données relayées par Al Jazeera.

Ce partenariat se traduit par des investissements industriels concrets dans l’intelligence artificielle. Le gouvernement fédéral canadien a annoncé une participation financière dans le cadre du projet de fusion entre l’entreprise canadienne Cohere Inc. et l’allemande Aleph Alpha GmbH.

Friedrich Merz s'oppose au statut de membre associé du Canada
Photo : The Globe and Mail

Un accord permettra aux chercheurs du Canada d’accéder au réseau européen de supercalculateurs. Un autre accord ouvrira ce réseau aux start-up du pays, grâce à l’adhésion du Canada à l’entreprise commune européenne pour le calcul à haute performance, tel que le détaille le bureau du Premier ministre du Canada.

Coopération en matière de défense et d’énergie

Ottawa a par ailleurs acté son intention de participer au programme de prêt de soutien à l’Ukraine de l’UE. Kyiv pourra ainsi acquérir des équipements auprès d’industriels de la défense en mobilisant des fonds européens.

Les deux partenaires s’appuient sur l’Accord de libre-échange global et commercial (CETA) dans le secteur énergétique et minier. Cet accord élimine les droits de douane sur 99 pour cent des lignes tarifaires, un bilan chiffré rappelé par la source Al Jazeera et entré en vigueur en 2017.

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