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États-Unis et Iran signent accord pour suspendre hostilités et rouvrir détroit d’Ormuz

Les conditions de l'accord signé à Versailles

Le président américain Donald Trump et son homologue iranien Masoud Pezeshkian ont signé un protocole d’accord à Versailles ce mercredi, visant à suspendre les hostilités et à rouvrir le détroit d’Ormuz. Ce document de 60 jours, médiatisé par le Pakistan, prévoit la levée de certaines sanctions américaines en échange d’un cessez-le-feu immédiat.

Le moment a été immortalisé par une séquence vidéo. Sous les lustres du château de Versailles, lors d’un dîner de gala du G7, Donald Trump a apposé sa signature sur un document qui pourrait modifier radicalement la dynamique énergétique mondiale. Selon les informations rapportées par Dagens Nyheter, l’événement s’est déroulé en présence du président français Emmanuel Macron et du secrétaire d’État américain Marco Rubio. L’accord, qui entre en vigueur immédiatement, entraîne l’ouverture du détroit d’Ormuz, une nouvelle cruciale pour les marchés pétroliers mondiaux et les nombreux navires actuellement bloqués dans la zone. Le protocole prévoit également que les États-Unis lèvent leurs sanctions contre l’Iran, incluant le commerce pétrolier, et travaillent avec d’autres pays pour permettre à Téhéran d’accéder à 300 milliards de dollars destinés à la reconstruction et au développement économique.

Les conditions de l’accord signé à Versailles

Bien que la cérémonie officielle devait initialement se tenir en Suisse, la signature a été avancée pour permettre une réouverture rapide du détroit d’Ormuz. Ce protocole d’accord, qui ne dépasse pas les 800 mots, constitue une étape transitoire plutôt qu’un traité de paix définitif. Les deux parties disposent de 60 jours pour négocier un accord final, une période qui peut être prolongée par consentement mutuel. La tension reste néanmoins palpable. Donald Trump a exprimé sa prudence quant à la pérennité de ce compromis.

Ce n’est pas définitif, c’est une déclaration d’intention. Et si cela ne me convient pas, nous reviendrons à l’artillerie et aux bombardements.

Les conditions de l'accord signé à Versailles
Photo: SVT Nyheter
Les conditions de l'accord signé à Versailles
Photo: Dagens Nyheter

Read also: Émirats arabes unis démentent accord sur fonds iraniens gelés.

This follows our earlier report, États-Unis et Iran : 14 points pour un cessez-le-feu et la levée du blocus.

For more on this story, see États-Unis et Iran signent cessez-le-feu immédiat : fin du blocus naval et paix au Liban.

Donald Trump, via Dagens Nyheter Du côté iranien, la méfiance est tout aussi marquée. Le porte-parole du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a assorti la signature d’une mise en garde similaire.

Si l’ennemi ne comprend pas le langage de la logique, nous reviendrons avec le langage de la force.

Mohammad Bagher Ghalibaf, via BBC

Un texte sans garanties sur le nucléaire ou les missiles

Les présidents américain et iranien signent un accord pour cesser les hostilités • FRANCE 24
Le document de 14 points, dont certains détails ont fuité avant la signature, soulève des questions sur l’ampleur réelle des concessions. Une analyse de Dagens Nyheter souligne que ce protocole d’accord omet des sujets pourtant essentiels au conflit : le programme de missiles balistiques de l’Iran, son soutien aux groupes chiites dans la région et toute question relative à un changement de régime. Sur la question la plus sensible, le programme nucléaire, la formulation reste évasive. Le texte stipule simplement que l’Iran réitère son engagement à ne jamais produire d’armes nucléaires, une position que Téhéran soutient depuis les années 1990. Pour de nombreux observateurs, ce texte ressemble davantage à une extension d’une trêve qu’à une capitulation de l’Iran. Les critiques, notamment au sein du Sénat républicain, craignent que les ambitions nucléaires de l’Iran ne soient pas réellement freinées.

Le bras de fer diplomatique autour du Liban

Le bras de fer diplomatique autour du Liban
Photo: Aftonbladet
L’application de l’accord sur le terrain est déjà contestée, particulièrement au Liban où le cessez-le-feu est censé s’appliquer. Selon un rapport de SVT Nyheter, Israël mène des négociations persistantes avec Washington concernant le maintien de sa présence militaire au Liban. Téhéran surveille étroitement cette situation. Esmail Baghaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a déclaré que la poursuite des attaques israéliennes au Liban constituerait une violation directe de l’accord. Il a précisé que Washington est responsable de contraindre l’entité sioniste [Israël] à respecter l’accord, selon des informations rapportées par le média Al Akhbar.

La crainte d’un enrichissement de la Garde révolutionnaire

Au-delà des enjeux géopolitiques, le sentiment d’abandon prédomine au sein de la population iranienne. Pour les civils qui ont vécu les violentes protestations de janvier, cet accord semble ignorer les sacrifices consentis. Un travailleur hospitalier à Téhéran témoigne de l’horreur vécue lors des manifestations, rappelant que l’on estime à près de 40 000 le nombre de morts en quelques jours. L’inquiétude majeure concerne la destination des fonds internationaux. Comme le souligne Aftonbladet, il existe une peur profonde que les 300 milliards de dollars promis ne profitent pas à l’économie domestique ou au pouvoir d’achat des citoyens, mais soient détournés par la Garde révolutionnaire pour financer ses proxies, tels que le Hezbollah ou les Houthis. Alors que les prix de l’alimentation et des médicaments restent prohibitifs pour la majorité, le régime semble avoir transformé ce protocole en une victoire politique, consolidant son contrôle interne tout en retrouvant une assise financière internationale.

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