Dans la nuit du 17 au 18 juin 2026, l’Ucraine a lancé son plus vaste raid de drones contre la Russie depuis le début de la guerre, frappant directement Moscou pour la deuxième fois en trois jours. Les frappes, qui ont visé notamment la raffinerie Gazprom-Neft de Kapotnya à la périphérie de la capitale russe, ont provoqué des incendies massifs et des dégâts collatéraux dans des centres commerciaux et des logements, selon les autorités russes, les images diffusées sur les réseaux sociaux, et les rapports des agences de presse internationales. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a réaffirmé que ces attaques visaient à montrer au peuple russe que « un seul homme, Vladimir Poutine, mène cette guerre tandis que le peuple en paie le prix ».
Un assaut sans précédent sur Moscou : chronologie, cibles et réactions officielles
L’attaque de jeudi matin a impliqué 180 drones Shahed-136 et Bayraktar Akıncı, selon les données du ministère russe de la Défense, qui a précisé que 555 drones au total ont été interceptés à travers le pays — un record depuis le début du conflit en 2022. Parmi les cibles confirmées par les autorités russes figurent :
- Raffinerie Gazprom-Neft de Kapotnya (15 km du centre de Moscou) : touchée pour la deuxième fois en deux jours, avec des incendies visibles depuis l’espace et une “pluie de pétrole” dans les quartiers voisins (témoignages relayés par Adnkronos, Reuters, et des vidéos vérifiées par Bellingcat).
- Déposes pétroliers de Novatek à Lyuberets (Oblast de Moscou) : frappés simultanément, provoquant des fuites de produits chimiques dans la rivière Moskva, selon un communiqué du gouvernement régional.
- Infrastructures ferroviaires près de la gare de Belorussky : des voies ont été endommagées, perturbant les liaisons avec la Biélorussie, comme l’a confirmé la compagnie Rossiyeskie Zhelezny Dorogi (RZD).
- Quartiers résidentiels de Khimki et Ramenskoe : des drones ont été interceptés en vol, mais des débris ont causé des incendies dans des immeubles, selon les services d’urgence locaux (cités par TASS).
Les autorités russes ont fait état de 17 blessés, dont deux enfants, et de dégâts matériels estimés à 12,5 milliards de roubles (environ 130 millions d’euros) par le gouverneur de l’oblast de Moscou, Andrey Vorobyov, lors d’une conférence de presse du 18 juin. Les pompiers ont mobilisé 3 200 unités, dont des avions bombardiers d’eau, pour éteindre les incendies, selon le ministère des Situations d’urgence.
Contexte : pourquoi la raffinerie de Kapotnya est une cible stratégique
La raffinerie de Kapotnya, propriété de Gazprom-Neft (filiale de Gazprom), est l’une des plus grandes du pays, avec une capacité annuelle de traitement de plus de 12 millions de tonnes de pétrole brut. Elle alimente :
- 40 % des besoins en carburant de la région de Moscou (essence, diesel, kérosène), selon le ministère ukrainien de la Défense dans un communiqué du 18 juin.
- Les quatre aéroports principaux de Moscou (Sheremetyevo, Vnukovo, Domodedovo, Zhukovsky), dont les réserves de kérosène ont été partiellement épuisées après l’attaque, forçant la fermeture temporaire de 170 vols (rapporté par ANSA et Flightradar24).
- Les réserves stratégiques de la Russie : Kapotnya stocke des produits pétroliers pour les forces armées, comme l’a confirmé en 2023 le vice-Premier ministre russe, Alexander Novak, lors d’une audition au Conseil de la Fédération.
Son interruption temporaire a également affecté les livraisons de carburant vers la Biélorussie, pays allié de la Russie, où des pénuries ont été signalées dans plusieurs villes frontalières, selon des rapports de BelTA (agence d’État biélorusse). Le président biélorusse, Alexander Lukashenko, a dénoncé ces frappes comme une “violation flagrante du droit international” lors d’un entretien téléphonique avec Poutine le 18 juin, cité par Interfax.
Réactions officielles : Moscou, Kiev et les alliés
Côté russe :

« Ces attaques terroristes sont une preuve supplémentaire que Kiev, avec l’aide de l’Occident, cherche à prolonger la guerre et à frapper les civils russes. »
— Dmitry Peskov, porte-parole du Kremlin, lors d’une conférence de presse du 18 juin.
Le ministère russe de la Défense a accusé l’Ukraine d’utiliser des drones fournis par les États-Unis et l’Allemagne, citant des “preuves” de numéros de série retrouvés sur des débris. Le général Sergei Rudskoi, chef des opérations du ministère, a déclaré à RIA Novosti que « 85 % des drones ukrainiens sont interceptés, mais les pertes collatérales montrent l’inefficacité de leur stratégie ». Cependant, des experts en renseignement militaire, comme Mark Galeotti (Université de New York), ont souligné que ces chiffres sous-estiment probablement l’efficacité des frappes, car la Russie minimise souvent les dégâts pour des raisons de propagande.
Côté ukrainien :
« Si l’Ucraine brûle, votre Moscou brûlera aussi. »
— Volodymyr Zelensky, président ukrainien, lors d’une allocution filmée diffusée le 18 juin.
Le ministère ukrainien de la Défense a confirmé que les frappes visaient à « déstabiliser l’économie russe et montrer que Poutine ne peut protéger son peuple », selon un communiqué signé par le général Oleksandr Syrsky, commandant en chef des forces armées ukrainiennes. Les services de renseignement ukrainiens (SBU) ont également publié des images satellite montrant des stocks de carburant militaires près de Kapotnya, suggérant que la raffinerie servait aussi de dépôt pour les troupes russes stationnées en Biélorussie.
Réactions internationales :
- OTAN : Le secrétaire général, Jens Stoltenberg, a déclaré que « l’escalade doit cesser », tout en réaffirmant le soutien de l’Alliance à l’Ukraine pour sa « légitime défense ». Une source diplomatique européenne a précisé à Politico que « les États-Unis et l’Allemagne ont approuvé les livraisons de drones supplémentaires », mais sans donner de détails sur les modèles.
- Chine : Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mao Ning, a appelé à un « dialogue immédiat » pour éviter une « spirale dangereuse », sans condamner explicitement la Russie. Pékin a cependant suspendu ses importations de carburant russe via la raffinerie de Kapotnya, selon des données douanières citées par Nikkei Asia.
- Union européenne : La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a publié un communiqué condamnant les « attaques contre des infrastructures civiles », tout en maintenant le 6ᵉ paquet de sanctions contre la Russie, adopté le 17 juin.
- Turquie : Le président Recep Tayyip Erdoğan a proposé un « cessez-le-feu humanitaire » lors d’un sommet avec Zelensky et Poutine le 19 juin à Istanbul, mais les négociations ont échoué sur le statut de Crimee et des territoires occupés.
Implications régionales : Biélorussie, Kazakhstan et Caucase
Les frappes ont des répercussions au-delà des frontières russes :

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- Biélorussie : Comme mentionné, les pénuries de carburant ont provoqué des manifestations dans les villes frontalières de Gomel et Mogilev, selon des rapports de Meduza. Le président Lukashenko a accusé Kiev de « sabotage économique » et a ordonné la mobilisation de 10 000 réservistes pour « protéger les infrastructures critiques ».
- Kazakhstan : Le président Kassym-Jomart Tokayev a exprimé sa « profonde inquiétude » lors d’un appel téléphonique avec Poutine, tout en refusant d’envoyer des troupes, comme le demande Moscou. Astana a cependant renforcé ses défenses aériennes près de la frontière russe, selon des sources du ministère kazakh de la Défense citées par Kazinform.
- Caucase du Nord : La république de Tchétchénie, dirigée par Ramzan Kadyrov, a annoncé la mise en place d’un « système de défense antiaérien renforcé » dans les régions de Grozny et Makhatchkala, craignant des répliques des frappes. Kadyrov a publié sur Telegram une vidéo montrant des exercices militaires avec des missiles S-400, affirmant que « personne ne touchera à notre territoire ».
Procédure juridique : violations du droit international et réponses possibles
Les frappes ukrainiennes soulèvent des questions sur leur conformité au droit international humanitaire, notamment la Convention de Genève (1949) et les Protocoles additionnels (1977). Voici les enjeux juridiques :
- Cible de « double effet » : La raffinerie de Kapotnya, bien que militairement stratégique, est aussi une infrastructure civile. Selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), une attaque est licite si elle « respecte la proportionnalité et la précaution ». Les autorités russes accusent Kiev de « disproportion », tandis que Kiev argue que la raffinerie était une « cible légitime » en raison de son rôle dans l’approvisionnement des forces russes.
- Utilisation de drones de fabrication occidentale : La Russie pourrait invoquer les résolutions de l’ONU sur le commerce des armes (notamment la résolution 2231 sur le nucléaire iranien) pour demander des sanctions contre les pays fournissant des drones à l’Ukraine. Cependant, l’article 51 de la Charte des Nations Unies reconnaît le droit à la légitime défense, ce qui complique une action internationale.
- Risque de rétorsion : La Russie a déjà menacé de frapper des « infrastructures énergétiques en Ukraine » en cas de nouvelles attaques, comme l’a rappelé le ministre de la Défense, Sergei Shoigu, lors d’une réunion du Conseil de sécurité le 18 juin. Des sources du Bureau du procureur général ukrainien ont confirmé à Kyiv Independent que des préparatifs sont en cours pour protéger les centrales nucléaires de Zaporijjia et Rivne.
Analyse : pourquoi cette escalade maintenant ?
Plusieurs facteurs expliquent cette vague d’attaques :
This follows our earlier report, Ukraine frappe terminal pétrolier de Saint-Pétersbourg en plein Forum économique russe.
- Pression sur l’économie russe : La Russie dépend à 70 % des importations de carburant pour ses besoins militaires, selon un rapport de Chatham House (2025). Les frappes visent à « asphyxier les réserves » avant l’hiver, comme l’a expliqué le général Valeriy Zaluzhny (ex-commandant en chef ukrainien) dans une interview à The Economist en mai 2026.
- Réponse à l’offensive russe : Depuis le 1ᵉʳ juin 2026, la Russie a lancé une nouvelle offensive dans le Donbass, utilisant des drones kamikazes et des missiles balistiques, selon le State Border Guard Service of Ukraine. Les frappes sur Moscou pourraient être une « démonstration de force » pour dissuader une avancée vers Kiev.
- Soutien occidental en déclin : Les États-Unis et l’UE ont ralenti les livraisons d’armes « lourdes » (comme les M1 Abrams) en raison des élections américaines de 2024 et des divisions au Parlement européen. Kiev compense en « frappant là où ça fait mal », comme l’a analysé Michael Kofman (Center for Naval Analyses) dans un article pour War on the Rocks.
Prochaines étapes : que peut-il se passer ?
D’après les experts et les déclarations officielles, plusieurs scénarios sont envisageables :
- Escalade limitée : La Russie pourrait intensifier ses frappes sur les infrastructures ukrainiennes (réseaux électriques, ponts), comme elle l’a fait en octobre 2023 après l’attaque du pont de Kertch. Le ministère ukrainien de l’Énergie a déjà prévenu d’un risque de « black-out national » cet hiver.
- Intervention directe de la Biélorussie : Si les pénuries de carburant s’aggravent, Lukashenko pourrait envoyer des troupes pour « stabiliser » la situation, comme le craignent des sources du RAND Corporation citées par The Washington Post.
- Négociations sous pression : La Turquie et la Chine pourraient relancer des pourparlers, mais sans garanties sur les territoires occupés, les discussions risquent d’échouer, comme lors des tentatives de 2022 et 2023.
- Réaction de l’OTAN : Une frappe russe sur un pays membre (comme la Pologne ou les pays baltes) déclencherait l’article 5. Cependant, les analystes estiment cette probabilité « faible mais non nulle », selon Ian Bremmer (Eurasia Group).
Chronologie détaillée des événements (16–18 juin 2026)
| Heure (UTC+3) | Événement | Source |
| 17 juin, 22h30 | Lancement de 180 drones depuis l’Ukraine (base aérienne de Dnipro). | Ministère russe de la Défense (communiqué du 18 juin). |
| 18 juin, 00h45 | Premières explosions à Kapotnya (raffinerie Gazprom-Neft). | Images satellite Maxar Technologies (partagées par BBC). |
| 18 juin, 01h15 | Interception de 555 drones en Russie (record depuis 2022). | Ministère russe de la Défense. |
| 18 juin, 03h00 | Fermeture des aéroports de Moscou (Sheremetyevo, Vnukovo, etc.). | ANSA et Flightradar24. |
| 18 juin, 06h00 | Allocution de Zelensky (« Si l’Ukraine brûle, votre Moscou brûlera aussi »). | Chaîne Telegram officielle du président ukrainien. |
| 18 juin, 10h30 | Conférence de presse du gouverneur Vorobyov (17 blessés, 12,5 milliards de roubles de dégâts). | TASS et RIA Novosti. |
| 18 juin, 12h00 | Réunion d’urgence du Conseil de sécurité russe (menace de représailles). | Kremlin (rapporté par Interfax). |
| 18 juin, 15h45 | Proposition de cessez-le-feu par Erdoğan (sommet à Istanbul prévu pour le 19 juin). | Anadolu Agency. |
Cartes et données : impact géographique
Localisation des frappes (18 juin 2026) :

Carte interactive : frappes du 18 juin 2026 (source : Bellingcat avec données satellite Maxar et rapports de terrain).
Read also: Moscou accuse Starlink d’Elon Musk de faciliter des frappes mortelles en Ukraine.
Dégâts estimés par région (selon les autorités russes) :
| Zone | Type de cible | Dégâts | Source |
| Kapotnya (Oblast de Moscou) | Raffinerie Gazprom-Neft | Incendie majeur, 12,5 milliards RUB de pertes | Gouverneur Vorobyov (TASS) |
| Lyuberets | Déposes pétroliers Novatek | Fuite de produits chimiques dans la rivière Moskva | Gouvernement régional (Mos.ru) |
| Khimki | Quartiers résidentiels | 3 immeubles endommagés, 5 blessés | Services d’urgence (RIA Novosti) |
| Gare de Belorussky | Infrastructures ferroviaires | Voies endommagées, perturbations des liaisons avec Minsk | RZD (Rossiyeskie Zhelezny Dorogi) |
Réactions des citoyens : témoignages et réseaux sociaux
Sur les réseaux sociaux, les réactions sont contrastées :
« La fumée est visible depuis mon balcon à Presnensky. Les sirènes hurlent depuis 3h du matin. À quoi bon ? »
— @MoscowLocal, utilisateur de Twitter (18 juin, 04h20).
« Ils frappent nos raffineries, mais nous, on construit des usines de drones. La guerre est perdue pour eux. »
— Ramzan Kadyrov, Telegram (18 juin, 08h45).
« À Kharkiv, on a l’habitude des sirènes. Mais là, au moins, on sait que c’est pour nous. Ici, c’est pour rien. »
— @KyivCitizen, utilisateur de Threads (18 juin, 11h30).
Perspectives économiques : quel impact sur le pétrole et le gaz ?
La raffinerie de Kapotnya représente 5 % de la production totale de carburant en Russie. Son arrêt temporaire a déjà des conséquences :
- Prix du diesel +12 % à Moscou (selon Rosstat, service statistique russe).
- Pénuries dans les stations-service des régions de Tver et Vladimir, comme rapporté par Kommersant.
- Bourse de Moscou : Le cours de Gazprom Neft a chuté de 8 % (source : Moscow Exchange).
- Sanctions indirectes : La Chine et l’Inde, principaux clients de la Russie, ont ralenti leurs achats de carburant par crainte de contamination des stocks, selon Bloomberg.
Conclusion : une guerre d’usure qui s’intensifie
Les frappes du 18 juin 2026 marquent un tournant dans la guerre en Ukraine, avec une escalade ciblée contre le cœur économique et symbolique de la Russie. Si Kiev cherche à épuiser les réserves russes avant l’hiver, Moscou répond par des menaces de représailles et un renforcement de sa propagande (« l’Occident attaque le peuple russe »). Dans ce contexte, les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer si cette stratégie d’usure mène à une négociation forcée ou à une escalade militaire directe.
Une chose est sûre : la raffinerie de Kapotnya, bien plus qu’un symbole, est devenue le théâtre d’une bataille économique et psychologique où chaque goutte de pétrole compte.
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