Les pourparlers en cours à Oman depuis jeudi n’ont pas abouti à une percée avant minuit local, malgré des échanges techniques sur la levée des sanctions et le retour partiel à l’accord nucléaire de 2015. Les délégations ont reporté les discussions à mardi 24 juin, sans préciser si une trêve humanitaire au Yémen sera évoquée.
Les limites des négociations techniques à Oman entre Washington et Téhéran
Un dialogue technique, sans engagement politique
Les négociations, menées sous la supervision du sultanat d’Oman, portent uniquement sur des questions techniques liées à la mise en œuvre d’un éventuel accord, selon un diplomate américain anonyme contacté par The Wall Street Journal. Aucune mention n’a été faite des demandes iraniennes sur les livraisons d’armes à des groupes soutenus par Téhéran en Syrie ou au Yémen, ni des exigences américaines sur la réduction des activités nucléaires iraniennes au-delà des limites de l’accord de Vienne.
« Les discussions restent confinées à des questions logistiques, comme les mécanismes de vérification ou les calendriers de levée des sanctions », a déclaré une source proche du dossier à Reuters. Aucun représentant officiel des deux pays n’a commenté publiquement les échanges, conformément aux règles de confidentialité imposées par Oman.
Les trois obstacles bloquant un accord nucléaire entre l’Iran et les États-Unis
Pourquoi ces négociations échouent-elles à produire un résultat ?
Trois obstacles majeurs persistent, selon des analystes :

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La méfiance iranienne sur les garanties américaines
Téhéran exige des assurances écrites que les États-Unis ne réimposeront pas de sanctions automatiquement en cas de violation mineure, comme le prévoit la loi Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act (CAATSA). « L’Iran considère que toute levée partielle de sanctions est un piège », explique Ali Vaez, directeur du programme Iran à l’International Crisis Group, cité par Al Jazeera. Les États-Unis refusent de s’engager sans preuve concrète de bonne foi iranienne, notamment sur son programme nucléaire. -
Le blocage régional et les alliés des deux camps
L’Arabie saoudite et Israël ont publiquement critiqué les pourparlers, accusant Washington de « normaliser » les relations avec Téhéran sans obtenir de concessions suffisantes. « Tout dialogue avec l’Iran sans pression militaire et économique est une erreur stratégique », a déclaré le ministre saoudien des Affaires étrangères, Faisal bin Farhan, lors d’une visite à Washington. À l’inverse, la Russie et la Chine ont appelé à « éviter une escalade », selon des dépêches de l’agence TASS.For more on this story, see États-Unis et Iran reprennent pourparlers en Suisse, Trump envisage taxes.
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L’impasse sur le nucléaire : l’enrichissement à des niveaux élevés
L’Iran a franchi en mai 2026 un seuil élevé d’enrichissement de l’uranium, bien au-delà des 3,67% autorisés par l’accord de 2015. « Ce niveau d’enrichissement est irréversible sans un accord immédiat », a averti le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, lors d’une réunion à Vienne le 15 juin. Les États-Unis exigent un retour à des niveaux inférieurs à ceux autorisés par l’accord, tandis que Téhéran propose un compromis pour « maintenir la crédibilité » de ses scientifiques.
Les scénarios possibles en cas d’échec des pourparlers de Muscat
Que se passe-t-il si les négociations échouent ?
Trois scénarios se dessinent :
This follows our earlier report, États-Unis annulent les négociations avec l’Iran prévues en Suisse.
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Une escalade indirecte au Moyen-Orient
En l’absence d’accord, l’Iran pourrait intensifier son soutien aux Houthis au Yémen et aux milices chiites en Irak, comme l’a prévenu le Pentagone dans un rapport classé secret déclassifié partiellement par The New York Times le 20 juin. « Les frappes israéliennes sur les sites iraniens en Syrie se multiplieront », prévoit le général Michael Kurilla, commandant du CENTCOM. -
Un gel des sanctions… puis leur réimposition
Les États-Unis pourraient lever partiellement certaines sanctions (notamment sur le commerce pétrolier) en échange d’un gel des activités nucléaires iraniennes, comme en 2018. « Cela créerait un précédent dangereux », estime Henry Rome, chercheur à The Atlantic Council, car Téhéran pourrait exiger des concessions plus larges en échange d’un retour à l’accord. -
Un retour à la table… mais sous pression
« La seule issue viable est une médiation internationale, avec la Russie et la Chine comme garants », propose Ali Vaez. Sans cela, les négociations risquent de s’enliser dans des cycles de sanctions et de contre-sanctions, comme entre 2018 et 2021.
Les attentes pour la reprise des discussions le 24 juin et ses enjeux régionaux
Prochaine étape : mardi 24 juin à Muscat
Les délégués américains et iraniens doivent se retrouver à nouveau à Oman mardi, avec pour objectif de « clarifier les positions » sur les mécanismes de vérification, selon une source diplomatique. « Si aucun progrès n’est visible d’ici jeudi, les deux camps pourraient suspendre les discussions », indique un participant aux négociations sous couvert d’anonymat à Financial Times.

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À suivre :
- Une éventuelle annonce sur une trêve au Yémen, liée aux discussions nucléaires.
- La réaction d’Israël et de l’Arabie saoudite à tout accord partiel.
- La position de l’AIEA sur l’enrichissement iranien, qui pourrait conduire à de nouvelles sanctions européennes.
Sources citées :
- The Wall Street Journal (19 juin 2026, diplomate américain anonyme)
- Reuters (20 juin 2026, source proche du dossier)
- Al Jazeera (21 juin 2026, interview d’Ali Vaez)
- The New York Times (20 juin 2026, rapport du Pentagone)
- Financial Times (22 juin 2026, participant aux négociations)
- International Crisis Group (analyse publiée le 18 juin 2026)
L'agence internationale de l'énergie atomique continue d'évaluer les implications de l'enrichissement iranien, tandis que les pays européens envisagent des sanctions supplémentaires dans un contexte de tensions régionales croissantes.
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