L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo dépasse les 4 000 morts, devenant la plus rapide de l’histoire. Portée par la souche Bundibugyo, elle frappe sept provinces. Le ministre de la Santé estime toutefois que le pic est franchi, tandis que les organisations humanitaires font face à de graves défis logistiques et sécuritaires.
La dix-septième épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo franchit un seuil alarmant avec plus de 4 000 décès enregistrés depuis son apparition en mai dernier. Selon les chiffres publiés par le ministère de la Santé, le pays comptabilise 4 018 morts pour 8 300 cas confirmés, affichant un taux de létalité globale de 48,4 pour cent au sein de sept provinces touchées, bien que le bulletin du 2 octobre de l’organisme Outbreak News Today fasse état d’un total cumulé de 8 442 cas confirmés et de 4 080 décès pour un taux de 48,3 pour cent.
Le virus frappe sept provinces
L’Organisation mondiale de la santé alerte sur la propagation géographique rapide du virus dans de nouvelles zones de santé, ce qui pèse lourdement sur les ressources disponibles. Néanmoins, l’épicentre de la crise se trouve dans la province d’Ituri, où la situation reste extrêmement tendue malgré des signes de stabilisation dans certaines zones périphériques.
Le ministre de la Santé annonce un ralentissement
Le ministre de la Santé, Roger Kamba, a indiqué lors d’un point de presse à Kinshasa que l’évolution de la maladie montre des signes de ralentissement dans plusieurs localités. Douze zones de santé n’ont enregistré aucun nouveau cas depuis quarante-deux jours, illustrant une décrue locale sur un total de soixante-trois zones touchées.
Nous ne parlons plus d’épidémies au niveau provincial, mais d’épidémies concentrées dans des zones de santé individuelles.
Les équipes médicales font face à l’insécurité
Les équipes médicales luttent contre de multiples obstacles, allant de l’insécurité chronique aux tensions communautaires. À cela s’ajoute la défiance d’une partie de la population face aux mesures sanitaires et aux autorités. Les soignants font également face à des difficultés financières, menant parfois à des mouvements de grève pour réclamer le versement de leurs arriérés de salaires, manifestant avec des pancartes selon la même source.
La France renforce son soutien financier
Face à l’ampleur de la crise, la communauté internationale renforce son aide. En visite à Bunia, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé un soutien accru de Paris pour éradiquer le virus. La France a déjà alloué 13,4 millions d’euros, soit 15,1 millions de dollars, entre janvier et juillet pour appuyer la lutte contre l’épidémie selon les déclarations rapportées par Reuters.

Ebola peut sembler loin pour certaines personnes ou dirigeants politiques, mais elle peut revenir très rapidement. Notre responsabilité est d’empêcher ces résurgences.
Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, via Reuters
De son côté, Kinshasa a évalué son plan de préparation et de réponse sur les cent quatre-vingt prochains jours à 1,2 milliard de dollars d’après les autorités sanitaires. Ce budget doit permettre de garantir la pérennité de la surveillance épidémiologique et des soins dans l’ensemble des provinces touchées, alors qu’une conférence nationale humanitaire est programmée à Paris le 6 octobre.
Pour aller plus loin