Le président américain Donald Trump a signé un décret le 16 octobre 2026 pour suspendre l’application de sanctions et de droits de douane majeurs contre la Russie, prévus par la loi Lindsey O. Graham Sanctioning Russia and Iran Act, invoquant l’intérêt national à seulement deux jours de leur entrée en vigueur.
Le décret de la Maison-Blanche et la suspension de la loi Graham
Le président Donald Trump a pris tout le monde de court en signant un décret qui met en pause un vaste train de sanctions économiques ciblant la Russie. Cette législation, adoptée en septembre avec un large soutien bipartisan au Congrès, devait entrer en vigueur le 18 octobre. Elle avait été baptisée en l’honneur du sénateur républicain de la Caroline du Sud Lindsey Graham, décédé subitement en juillet.
La Maison-Blanche a publié le texte du décret tard dans la soirée, indiquant au Congrès qu’une certification avait été transmise pour justifier ce gel au nom des intérêts nationaux des États-Unis. Le texte autorise le président à écarter l’application de sanctions, de restrictions et de droits spécifiques contre des personnes ou des entités étrangères. J’ai soumis au Congrès une certification attestant que la délivrance d’une telle dérogation en ce moment relève des intérêts nationaux des États-Unis, a déclaré M.
« J’ai soumis au Congrès une certification attestant que la délivrance d’une telle dérogation en ce moment relève des intérêts nationaux des États-Unis », a déclaré Donald Trump selon Axios.
Les réactions politiques partagées entre critiques sévères et louanges de Moscou
La décision a immédiatement provoqué une volée de bois vert à Washington, où des élus des deux partis ont dénoncé un recul face au Kremlin. Le représentant démocrate Don Beyer, de la Virginie, a qualifié la mesure d’abandon inacceptable envers les partenaires ukrainiens. La dernière capitulation de Trump face à Poutine trahit à nouveau nos partenaires ukrainiens et défie l’intention claire du Congrès de légiférer pour punir la Russie pour sa guerre d’agression illégale
, a affirmé M.
Kirill Dmitriev, envoyé pour les investissements du président russe Vladimir Poutine, a salué le geste de Washington. La suspension de certaines dispositions de la loi Graham marque un moment important et véritablement historique
, a écrit M. Dmitriev sur X, dans des propos repris par The Times of India.
Le contexte énergétique et la controverse sur le diesel russe
Ce revirement intervenue sur le front des sanctions survient à peine une semaine après l’annonce par M. Trump d’un accord controversé avec M. Poutine visant à acheminer du diesel russe vers les marchés américain et mondial pour faire baisser les prix des carburants. Selon les termes de l’entente initiale, la Russie devait fournir plus de 300 000 tonnes métriques de diesel, suivies de 500 000 tonnes en novembre et d’un million de tonnes supplémentaires par la suite, tel que le détaille The Guardian.

Le paquet de sanctions suspendu prévoyait quant à lui des mesures punitives sévères, incluant des droits de douane de 500 % sur les importations russes et des taxes de 100 % visant les cinq principaux acheteurs de pétrole et de gaz naturel russes, ainsi que les pays facilitant le contournement des embargos. En octroyant cette dérogation, l’administration évite d’imposer des pénalités commerciales à des acheteurs majeurs de brut russe comme la Chine et l’Inde, qui s’étaient ouvertement opposés à ces barrières extraterritoriales, d’après Kyiv Post.
L’impact direct sur l’Ukraine et la position des alliés européens
À Kiev, le président Volodymyr Zelenskyy a vivement critiqué l’exécutif américain, soulignant que cette reculade coïncidait avec une frappe aérienne massive menée par la Russie contre 15 installations de production d’énergie à travers l’Ukraine. M. Zelenskyy a averti que Moscou cherchait à priver des millions de civils de chauffage et d’électricité à l’approche de l’hiver, qualifiant les flux financiers qui recommencent à alimenter la Russie de récompense pour l’agresseur.
We warned that if sanctions are eased anywhere in Europe, others will quickly – we see it – take advantage of it. And now we can see how cash will start flowing back into Russia through the “Diesel Deal.”This “Diesel Deal” will never be enough to offset the impact of the Strait… pic.twitter.com/BbYdY8RhKA
Les dirigeants européens, réunis à Bruxelles, ont affiché un front uni aux côtés du dirigeant ukrainien face aux décisions de la Maison-Blanche. António Costa, président du Conseil européen, a rejeté catégoriquement l’idée de relâcher la pression sur Moscou. Ce n’est pas le moment de retirer le soutien à l’Ukraine.
Costa, selon des propos relayés par Kyiv Post. Maintenant, il est temps d’accroître notre soutien, d’accroître notre pression
.
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