Un juge fédéral américain a suspendu lundi l’entrée en vigueur des nouvelles restrictions de séjour imposées par l’administration Trump pour les étudiants et journalistes étrangers. La mesure, qui devait s’appliquer le 15 septembre, fait l’objet d’un report sine die dans l’attente d’une nouvelle audience fixée au 2 octobre à Boston.
Saisi par plusieurs organisations représentant des établissements de l’enseignement supérieur, des professeurs et des syndicats professionnels, le magistrat a fait droit à leur demande en bloquant temporairement la réglementation. Cette dernière, dévoilée en juillet et publiée au Federal Register, visait à bouleverser les conditions de séjour des ressortissants étrangers aux États-Unis.
Des limites de séjour drastiques pour les étudiants et les journalistes
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Selon les dispositions initiales de l’administration, les détenteurs d’un visa étudiant n’auraient plus été autorisés à résider sur le territoire américain au-delà de quatre ans. Pour les journalistes étrangers, la règle prévoyait une limitation stricte des séjours à 240 jours, soit environ huit mois, avec de possibles demandes de renouvellement. Les journalistes chinois auraient quant à eux écopé d’un régime d’exception particulièrement restrictif, leurs visas étant plafonnés à 90 jours.
Ces dispositions marquent une rupture nette avec les règles en vigueur jusqu’alors. Les États-Unis octroyaient traditionnellement des visas couvrant toute la durée du programme d’un étudiant, tandis que les journalistes étrangers bénéficiaient d’autorisations valables jusqu’à cinq ans.
Le scepticisme du juge face aux arguments du ministère de la Sécurité intérieure
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Dans sa décision rendue à Boston, le juge s’est montré dubitatif quant aux motivations du ministère de la Sécurité intérieure, l’organisme en charge des flux migratoires. Il a jugé les arguments de l’exécutif particulièrement faibles
face aux répercussions potentiellement destructrices de la réforme pour l’enseignement supérieur et l’économie du pays.
Le gouvernement invoquait la préservation de la sécurité nationale ainsi que la lutte contre la fraude pour justifier ce tour de vis. Le magistrat a toutefois estimé que ces justifications reposaient essentiellement sur des faits anecdotiques et non représentatifs, reprochant à l’administration de ne pas établir en quoi la nouvelle réglementation permettrait de corriger les incidents mis en avant.
Un impact massif sur l’attractivité universitaire et la liberté de la presse
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Le dossier mobilise de nombreux acteurs de l’éducation et des médias. Les États-Unis accueillent chaque année plus de 1,1 million d’étudiants étrangers, tandis que les centres de presse américains recensent plus de 1 500 journalistes accrédités, d’après les chiffres du département d’État. Le ministère de la Sécurité intérieure recensait environ 37 000 visas de cette nature délivrés pour la seule année 2024, selon les données relayées par le Comité pour la protection des journalistes.
Dès l’ébauche de ce projet en 2025, une phase de consultations avait permis à une centaine de médias et d’organisations de presse internationaux d’alerter l’exécutif à travers une lettre ouverte. Les signataires soutenaient que cette mesure amoindrirait la quantité et la qualité de la couverture de l’actualité américaine, menaçant directement la liberté de la presse et l’attractivité des campus du pays.
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