Le Mali a instruit 21 dossiers de permis de recherche minière entre août et septembre 2026, amorçant un dégel progressif après quatre ans de blocage des procédures. L’annonce a été faite par le président de la Chambre des mines, Fousseni Tougela, lors de l’African Mining Week au Cap, alors que les investissements d’exploration continuent de reculer.
L’administration reprend l’examen des titres miniers
L’administration malienne redémarre ses guichets après une longue période de gel.
Selon les informations communiquées par le président de la Chambre des mines du Mali, Fousseni Tougela, l’État a traité 21 dossiers de permis de recherche entre les mois d’août et de septembre 2026.
Cette reprise des activités administratives a été officialisée le 15 octobre à l’occasion de l’African Mining Week qui se déroule au Cap, en Afrique du Sud. Ce dégel partiel met fin à une période de suspension totale amorcée en novembre 2022.

À cette date, les autorités avaient arrêté l’ensemble des procédures liées aux titres miniers afin d’assainir le secteur et de préparer un nouveau Code minier, adopté en 2023. Les restrictions ont ensuite connu un premier allègement en mars 2025, autorisant à nouveau le dépôt de demandes de renouvellement, de cession et de conversion vers des permis d’exploitation, tandis que l’attribution de nouveaux titres restait strictement gelée.
Des permis renouvelés pour relancer les projets aurifères
La dynamique de renouvellement s’est accélérée à la fin de l’été. Le gouvernement a validé dix permis de recherche portant sur l’or et le lithium fin août, suivis d’une nouvelle série d’approbations prononcées en Conseil des ministres le 30 septembre 2026. Ces décisions concernent des périmètres situés notamment dans les cercles de Kéniéba, Kayes, Kangaba, Sikasso, Yanfolila et Bougouni. Plusieurs sociétés minières bénéficient directement de ces prolongations pour faire avancer leurs projets.
Parmi elles, la junior canadienne Cora Gold considère le renouvellement de son permis Sanankoro II comme une étape indispensable vers l’obtention du permis d’exploitation nécessaire à la construction d’une mine d’or estimée à 124 millions de dollars.
De son côté, la filiale Africa Mining SARL sécurise la concession de Dandoko.

Cette concession est intégrée au projet régional Fekola de la société B2Gold. Ce projet s’appuie sur un programme d’exploration de 5,2 millions de dollars pour viser une production annuelle supérieure à 150 000 onces à partir de 2028.
La chute des investissements contrastant avec le dégel
Malgré la reprise des renouvellements, la situation générale du secteur demeure fragile.
D’après le rapport World Exploration Trends 2026 de S&P Global, les investissements consacrés à l’exploration minière au Mali ont enregistré en 2025 un troisième recul annuel consécutif, affichant la baisse la plus marquée du continent africain devant Madagascar et la Namibie.

Cette conclusion s’appuie sur les données publiées par S&P Global. Cette contraction pèse sur les perspectives à long terme de l’économie malienne, fortement dépendante des exportations d’or. Un plan gouvernemental cité par Reuters en juillet indique que les réserves aurifères du pays devraient progressivement diminuer, passant de 906,8 tonnes en 2026 à 748,6 tonnes en 2029, ce qui accentue la nécessité de découvrir de nouveaux gisements.
L’État crée une nouvelle agence pour la recherche géologique
Pour tenter de redynamiser la recherche géologique, les autorités maliennes ont officialisé fin septembre la création d’une nouvelle structure.
Le gouvernement malien a ainsi fondé l’Agence pour la recherche et le développement des ressources minérales, un établissement public destiné à consolider les connaissances minières, pétrolières et gazières du pays.
Pour tenter de redynamiser la recherche géologique, les autorités maliennes ont officialisé fin septembre la création de l’Agence pour la recherche et le développement des ressources minérales, un établissement public destiné à consolider les connaissances minières, pétrolières et gazières du pays. Selon Fousseni Tougela, cette nouvelle structure doit permettre d’élargir les zones explorables et d’accroître le volume de permis confiés à des partenaires internationaux. Les observateurs relèvent toutefois que les modalités opérationnelles et les dotations financières de cette agence n’ont pas encore été précisées, tandis que l’examen de demandes pour de nouveaux titres miniers inédits demeure suspendu.
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