Le Register of British Slave Traders répertorie des milliers de personnes ayant investi dans la traite d’Africains réduits en esclavage, incluant des rois et des reines.
Nouvelles recherches sur la traite négrière et la Couronne britannique
Fondée en 1711, cette entreprise publique et privée soutenue par la Couronne britannique a transporté des milliers d’Africains réduits en esclavage vers les plantations au cours du XVIIIe siècle.
Instructions de marquage et archives de la South Sea Company
En 2022, le Dr Nicholas Radburn a repéré l’identifiant — qui représente une image de la couronne avec le logo de la South Sea Company en dessous — dans un volume intitulé « The Register of Instruments » conservé à la British Library. En 2024, il a mis au jour des lettres datant de février 1714 envoyées par le conseil d’administration de l’entreprise à ses agents, ou « factors », en Amérique espagnole et à Buenos Aires.
Ces correspondances contenaient des instructions détaillées sur la manière de procéder au marquage, ordonnant aux agents d’ignorer les conseils d’un certain Dr Dover qui prévenait que la marque pouvait s’avérer trop grande et mettre les victimes en danger. Les administrateurs londoniens ont insisté sur le fait qu’il s’agissait de la méthode la plus efficace pour distinguer leurs esclaves de ceux des autres et ont envoyé une petite marque en argent avec des instructions pour scarifier l’épaule gauche des personnes réduites en esclavage.
Le Register of British Slave Traders et le rôle de la dynastie des Stuart
Le Register of British Slave Traders documente la manière dont l’asservissement et la traite de plus de 3 millions d’Africains pendant près de 250 ans ont été menés en tant qu’entreprise nationale officielle, dirigée par les monarques.

Les recherches soulignent que les monarques de la dynastie des Stuart ont utilisé la traite pour rétablir les finances et la réputation de la monarchie après l’exécution du roi Charles Ier. Le roi Charles II et son frère James, duc de York (devenu le roi Jacques II), ont fondé la Company of Royal Adventurers et la Royal African Company (RAC) en 1672. Jacques II, qualifié de principal marchand d’esclaves anglais du XVIIe siècle et gouverneur de la RAC, dirigeait les réunions dans son appartement personnel au palais de Whitehall, aux côtés de son cousin le prince Rupert du Rhin. D’autres membres de la famille royale, comme l’épouse portugaise de Charles II, la reine Catherine de Braganza, figuraient également parmi les investisseurs.
Réaction de Buckingham Palace
Interrogé à la suite de ces révélations, un porte-parole du roi Charles a déclaré que le monarque était « reconnaissant envers tous ceux qui entreprennent des travaux universitaires dans ce domaine et contribuent ainsi au débat sur la meilleure façon d’aborder de telles questions ». Le palais de Buckingham a également rappelé que le roi a exprimé à de nombreuses reprises son engagement personnel et entier en faveur d’une plus grande compréhension de la question de l’esclavage.

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