Sanae Takaichi irrite la Chine après une publication non autorisée sur X

Une photo informelle postée par la Première ministre Sanae Takaichi sur X après une rencontre avec le président chinois Xi Jinping a provoqué une vive colère à Pékin. Selon le responsable politique Moriyama Hiroshi, cette publication non autorisée par le gouvernement chinois complique durablement les relations diplomatiques bilatérales.

Les relations entre le Japon et la Chine traversent une zone de turbulences marquée par une profonde stagnation diplomatique sous l’administration dirigée par Sanae Takaichi.

La photo sur X qui a provoqué la colère de Xi Jinping

L’origine de cette crise diplomatique inédite réside dans une initiative personnelle de Sanae Takaichi. Peu de temps après son accession au poste de Première ministre, elle a participé fin octobre à la réunion de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique (APEC) qui s’est déroulée à Gyeongju, en Corée du Sud. C’est lors de cet événement qu’elle a échangé quelques mots avec le président chinois Xi Jinping.

En voulant partager un moment de détente avec le public, la Première ministre a publié sur son compte personnel X une photo immortalisant cet échange. Cependant, cette démarche s’est avérée contraire aux usages diplomatiques stricts.

C’est devenu une affaire personnelle pour le président Xi Jinping lui-même, ce qui la rend compliquée. Moriyama Hiroshi, président de la Ligue des parlementaires pour l’amitié nippo-chinoise

Dans les pratiques diplomatiques habituelles, la publication d’un cliché entre deux dirigeants requiert l’accord mutuel des gouvernements concernés. En agissant sans formalité, Sanae Takaichi a provoqué l’ire du dirigeant chinois. Même au sein de la direction chinoise, les membres du « China Seven » évitent désormais d’aborder le sujet, tant l’incident a irrité les plus hautes sphères du pouvoir à Pékin, selon les précisions apportées par Moriyama Hiroshi.

L’analyse de Moriyama Hiroshi sur l’impasse diplomatique

Face à la dégradation continue du dialogue bilatéral, Moriyama Hiroshi, ancien secrétaire général du Parti libéral-démocrate (PLD) et dirigeant de la Ligue des parlementaires pour l’amitié nippo-chinoise, exprime une vive inquiétude. Connu pour sa connaissance des dossiers chinois, il plaide pour un retour aux sources de la normalisation diplomatique initiée en 1972, soulignant qu’il ne faut pas oublier les fondations posées à l’époque par des figures historiques telles que Tanaka Kakuei, Zhou Enlai et Nikaido Susumu.

Pourtant, les critiques formulées par Moriyama Hiroshi lui valent d’être la cible d’attaques de la part des partisans de la ligne dure de Sanae Takaichi, qui le qualifient volontiers de « pro-chinois ». Cette crispation politique intérieure empêche toute tentative sérieuse de reconstruction des ponts avec Pékin, alors même que le contexte géopolitique régional se complexifie pour le Japon.

Un isolement accru sur la scène internationale

La gestion de la crise actuelle par Tokyo intervient dans un climat international particulièrement instable.

L'ancien Premier ministre japonais Shigeru Ishiba critique les propos de Takaichi

En parallèle, les mouvements des autres puissances mondiales pèsent lourdement sur la position nippone. Le président américain Donald Trump, confronté à des enjeux électoraux et géopolitiques, cherche à se rapprocher de Xi Jinping, notamment en prévision d’élections de mi-mandat en novembre où la question de pourparlers avec la Corée du Nord reste prégnante. Dans ce paysage où les États-Unis louvoient et où la Russie maintient sa position, l’administration de Sanae Takaichi maintient officiellement une porte ouverte au dialogue, mais pèche par l’absence d’une stratégie diplomatique concrète vis-à-vis de Pékin, laissant le Japon isolé sur la scène internationale.

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