Le conflit au Yémen a basculé dans une phase de violences intenses, ébranlant la stabilité de la péninsule arabique et touchant directement l’Arabie saoudite. Les rebelles houthis ont multiplié les offensives le long de la mer Rouge, s’emparant rapidement de zones côtières stratégiques et menaçant l’approvisionnement énergétique mondial.
L’offensive houthie et la chute du port de Mokha sur la mer Rouge
Les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, ont progressé de manière fulgurante le long de la côte occidentale yéménite. Cette avancée militaire rapproche directement le groupe armé du détroit de Bab el-Mandeb.
Ce passage maritime relie la mer Rouge au golfe d’Aden et constitue une artère vitale pour le commerce international reliant l’Asie à l’Europe.
Les frappes en Arabie saoudite et les tensions sur les oléoducs
L’embrasement s’est étendu au territoire saoudien, soumis à des tirs de missiles et de drones. En riposte, l’aviation saoudienne a mené des dizaines de raids aériens ciblant plusieurs provinces yéménites, notamment Al-Jawf, Marib, Taëz, Hodeida et Saada.
Les rebelles houthis ont affirmé avoir visé une base militaire saoudienne près de la frontière, tandis que les correspondants sur place rappellent que ces actions s’inscrivent dans le cadre d’un blocus maritime décrété par les rebelles contre l’Arabie saoudite. En parallèle, Riyad fait face à des perturbations majeures sur ses circuits d’exportation d’hydrocarbures, l’oléoduc Est-Ouest reliant les champs de l’est aux terminaux de la mer Rouge subissant des pressions accrues.
Les répercussions sur les marchés pétroliers et la diplomatie régionale
L’instabilité dans le détroit de Bab el-Mandeb s’ajoute aux perturbations déjà enregistrées autour du détroit d’Ormuz, plaçant les marchés énergétiques sous haute tension. Les cours du brut ont réagi immédiatement à cette double menace : le prix du Brent a dépassé la barre des 107 dollars le baril, un mouvement de hausse alimenté par la crainte d’un blocage durable des flux pétroliers au Moyen-Orient, selon les observations de l’analyse économique associée à la crise.

Face à la gravité de la situation, la diplomatie s’active en coulisses mais se heurte à de profonds désaccords. Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est tourné vers ses voisins de la région et a cherché des appuis indirects, notamment auprès des États-Unis et de l’Égypte, pour sécuriser les routes maritimes. Toutefois, Washington fait preuve de retenue, le président américain Donald Trump montrant peu d’empressement à engager directement son pays dans un nouveau conflit terrestre d’envergure, d’après les informations publiées par le quotidien diplomatique.
Crise humanitaire et mouvements de population au Yémen
Au-delà des enjeux stratégiques et économiques, la reprise des combats engendre une tragédie humaine considérable. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et les agences des Nations unies font état de dizaines de milliers de personnes déplacées depuis le mois de juillet. Près de là, des civils ont dû fuir les zones de combats dans l’ouest du pays, trouvant refuge dans des conditions précaires vers des villes comme Aden.
Mohamed Khudairi, déplacé yéménite, a indiqué via Le Figaro qu’ils avaient réussi à partir mais que d’autres étaient restés piégés.
Les organisations humanitaires redoutent une aggravation rapide de la situation sanitaire et alimentaire si l’accès aux zones touchées reste entravé par la poursuite des affrontements et l’absence de perspective de désescalade à court terme.
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