Le 18 juillet 1942 marque la fin de la bataille de la Kozara, un tournant historique souligné par des observateurs comme un pilier de la mémoire antifasciste. Contrairement au mythe du Kosovo, souvent instrumentalisé, la Kozara est présentée comme un symbole de solidarité humaine face à l’oppression durant la Seconde Guerre mondiale.
La portée historique de la bataille de la Kozara
La date du 18 juillet 1942 est citée comme un point de repère moral essentiel. Alors que la bataille du Kosovo est souvent dépeinte sous l’angle du sacrifice mythologique, de l’isolationnisme et du carstva nebeskog
(royaume des cieux), la bataille de la Kozara est perçue comme une illustration concrète de la résistance active. Elle n’est pas un mythe de défaite, mais un monument à la solidarité humaine face à la brutalité de la machine de guerre composée de la Wehrmacht allemande, du régime oustachi et des forces de Draža Mihailović.
Environ 50 000 civils, majoritairement serbes, ont été déportés vers le camp de Jasenovac à la suite de cette défaite. Il est souligné que lors de ce nettoyage ethnique, les forces de Draža Mihailović ont collaboré avec les occupants, aidant ceux qui participaient au génocide contre les Serbes, les Roms et les Juifs. La bataille de la Kozara est présentée comme une leçon universelle sur la défense de la dignité humaine, prouvant que la liberté ne s’obtient pas par la négociation avec les tyrans.
Réactions face aux discours contemporains
Le débat sur la mémoire s’inscrit dans un contexte politique où des ministres en fonction ont pu tenir des propos controversés. Les étudiants ont réagi avec force aux déclarations de la ministre Snežana Paunović, qui a affirmé que si elle avait été à la place de Slobodan Milošević en 1998, elle aurait procédé à un etnički očistila Kosovo
(nettoyage ethnique du Kosovo). En réponse, les étudiants ont publié une déclaration intitulée Ne želimo drugima ono što ne želimo sebi
(Nous ne voulons pas pour les autres ce que nous ne voulons pas pour nous-mêmes).
La révision de l’histoire et ses conséquences
Les critiques pointent une tendance à la révision historique initiée par les autorités après la chute de Slobodan Milošević. Au lieu d’une rupture complète avec la politique des années 1990, un compromis aurait été recherché pour apaiser la droite. L’une des manifestations les plus critiquées de cette politique est l’abolition du 7 juillet comme Journée de l’insurrection populaire en Serbie, une décision perçue comme une tentative d’effacer l’histoire antifasciste pour satisfaire des courants nationalistes.
L’influence des institutions religieuses
L’analyse met également en cause l’Église orthodoxe serbe (SPC), accusée de jouer un rôle clé dans la propagation de la propagande nationaliste à travers le concept de svetosavskog nacionalizma
(nationalisme svetosavien). Ce concept, apparu dans les années 1930, est décrit comme une idéologie cléricalo-fasciste qui assimile la nation à la foi, désignant ainsi tous les autres groupes comme des ennemis ou des hérétiques.
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