À partir de ce mardi, les pubs et commerces en Angleterre et au Pays de Galles peuvent accepter des applications de portefeuille numérique sur smartphone pour prouver l’âge des clients. Introduite pour rendre les contrôles plus rapides et sûrs, cette mesure facultative permet d’éviter de transporter une pièce d’identité physique ou de divulguer des informations personnelles superflues.
Bien que les cartes plastiques traditionnelles, permis de conduire et passeports restent parfaitement valables, le dispositif offre une option dématérialisée conçue pour simplifier la vie des consommateurs tout en renforçant la sécurité des données.
Fonctionnement des applications et choix des fournisseurs agréés
Le système repose sur des applications logicielles privées que les utilisateurs téléchargent directement sur leur téléphone. Parmi les fournisseurs approuvés par le gouvernement figurent des acteurs bien implantés comme la Post Office, Yoti et Luciditi, ainsi que d’autres prestataires figurant sur une liste officielle. Pour les clients, l’utilisation se veut fluide et rapide : le processus de vérification faciale s’effectue directement sur l’appareil mobile.
Concrètement, le logiciel analyse le visage de l’utilisateur pour valider son identité et génère ensuite un code QR transitoire. Ce code à durée limitée est ensuite scanné par l’établissement à l’aide d’une application de contrôle gratuite, permettant de confirmer l’âge sans révéler l’identité complète ou l’adresse du porteur.
Sécurité renforcée et protection de la vie privée
L’argument central de ce dispositif volontaire réside dans la limitation des données personnelles partagées. La ministre du Numérique, Stephanie Peacock, a souligné que cette option numérique signifiait qu’il n’était pas nécessaire de porter sur soi une pièce d’identité physique ni de céder des informations personnelles sensibles, permettant ainsi aux citoyens de se sentir plus en sécurité lors d’une sortie nocturne, selon des propos rapportés dans les comptes rendus officiels.
Pour empêcher la fraude et le prêt de téléphones à des mineurs, les applications intègrent des barrières de sécurité strictes. L’application de Yoti, par exemple, exige qu’un nouveau scan facial corresponde rigoureusement à l’identité enregistrée lors de la création du compte. De plus, la nature éphémère du code QR affiché à l’écran complique grandement toute tentative de duplication ou de partage frauduleux entre amis.
Les défis de la mise en œuvre dans le secteur de l’hôtellerie-restauration
Néanmoins, la fragmentation des prestataires implique que les clients devront potentiellement installer plusieurs applications pour s’assurer d’une compatibilité universelle selon les établissements fréquentés.

Du côté des professionnels, la prudence est de mise pour garantir l’efficacité économique du dispositif. Allen Simpson, directeur général du syndicat professionnel UKHospitality, a qualifié les nouvelles règles de positive step
tout en insistant sur les impératifs opérationnels de la filière. Le secteur collaborera avec les pouvoirs publics pour veiller à ce que le déploiement ne devienne pas burdensome
pour les exploitants, en garantissant notamment la diversité des fournisseurs et la rentabilité des solutions techniques, comme l’a rappelé le responsable.

Pour l’instant, les technologies de reconnaissance par les veines des doigts ne font pas partie des options validées, concentrant le marché sur la reconnaissance faciale mobile. Alors que les applications de Yoti comptent déjà environ 8,5 millions d’utilisateurs au Royaume-Uni — soit environ un quart de la tranche d’âge des 18-25 ans —, ce nouveau cadre réglementaire pourrait également s’étendre à l’avenir aux ventes de cigarettes électroniques et de produits du tabac.
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