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Zuckerberg témoigne : Meta et la sécurité des jeunes au tribunal

Zuckerberg témoigne sur la sécurité des adolescents, admet des compromis sur Instagram

LOS ANGELES (AP) – Mark Zuckerberg, PDG de Meta, a témoigné mercredi devant un tribunal de Los Angeles, admettant avoir contacté Tim Cook, PDG d’Apple, pour discuter du “bien-être des adolescents et des enfants”. Ce témoignage intervient dans le cadre d’un procès historique qui pourrait redéfinir la responsabilité des réseaux sociaux en matière de santé mentale des jeunes.

Le procès, qui a débuté fin janvier, est mené par une jeune femme qui affirme être devenue dépendante d’Instagram et d’autres applications de streaming vidéo, entraînant des problèmes de santé mentale. Les avocats de la plaignante présentent ce procès comme un moment charnière pour l’industrie, comparable à la lutte contre le tabac. D’autres procès similaires sont en cours, notamment un procès intenté par le procureur général du Nouveau-Mexique, Raúl Torrez, qui accuse Meta de ne pas protéger les enfants contre les prédateurs en ligne.

Zuckerberg a révélé l’échange de courriels avec Cook en février 2018, soulignant son désir d’explorer des collaborations potentielles entre les deux entreprises. “Je pensais qu’il y avait des opportunités que nos entreprises et Apple pourraient explorer, et je voulais en discuter avec Tim”, a-t-il déclaré.

Le témoignage de Zuckerberg vise à contrer l’argument de l’accusation selon lequel Meta n’a pas suffisamment pris au sérieux les préoccupations concernant la sécurité des jeunes utilisateurs. Les avocats de la défense ont mis en avant des efforts proactifs de Zuckerberg, notamment sa prise de contact avec un concurrent direct.

Cependant, Zuckerberg a également été confronté à des questions difficiles sur les décisions de l’entreprise concernant les filtres de beauté sur Instagram. Il a admis que l’entreprise avait levé une interdiction sur ces filtres, les jugeant “paternalistes” et “un peu oppressants”. Il a reconnu que des experts avaient mis en garde contre les effets négatifs de ces filtres, en particulier sur les jeunes filles, citant une étude de l’Université de Chicago qui concluait que ces filtres pouvaient causer des dommages.

Malgré ces avertissements, Zuckerberg a justifié la décision de maintenir les filtres, invoquant le principe de la liberté d’expression. “Je veux sincèrement privilégier la possibilité pour les gens de s’exprimer”, a-t-il déclaré.

Le procès a également mis en lumière des courriels internes de Meta qui suggèrent que l’entreprise était consciente des risques de dépendance à Instagram. Zuckerberg a minimisé l’importance de ces courriels, affirmant qu’ils reflétaient des aspirations plutôt que des objectifs officiels. Cependant, les avocats de la plaignante ont présenté des preuves contradictoires, notamment des objectifs fixés par Adam Mosseri, responsable d’Instagram, pour augmenter le temps d’engagement quotidien des utilisateurs à 40 minutes en 2023 et à 46 minutes en 2026.

Zuckerberg a soutenu que ces objectifs étaient simplement des jalons internes pour mesurer les performances par rapport à la concurrence. Il a insisté sur le fait que Meta s’efforce de créer des services qui permettent aux gens de se connecter.

Les avocats de la plaignante ont également interrogé Zuckerberg sur les mesures prises par l’entreprise pour empêcher les mineurs d’utiliser Instagram. Zuckerberg a reconnu que certains utilisateurs mentent sur leur âge lors de l’inscription, et que l’entreprise ne vérifie pas systématiquement l’âge des utilisateurs. Il a souligné que l’entreprise supprime les comptes des utilisateurs mineurs qu’elle identifie, mais a admis qu’il est difficile d’empêcher tous les mineurs d’accéder à la plateforme.

Le procès a également été marqué par un incident inhabituel : la juge Carolyn B. Kuhl a menacé de tenir quiconque utiliserait des lunettes intelligentes dotées d’IA pendant le témoignage de Zuckerberg en état de mépris du tribunal. Des membres de l’équipe de sécurité de Zuckerberg avaient été photographiés portant des lunettes Meta Ray-Ban dotées d’IA.

Ce procès, ainsi que d’autres affaires similaires en cours, soulèvent des questions fondamentales sur la responsabilité des entreprises de réseaux sociaux en matière de santé mentale des jeunes. Les résultats de ces procès pourraient avoir des conséquences importantes pour l’industrie et pourraient conduire à une réglementation plus stricte des plateformes de réseaux sociaux.

Regardez : https://www.cnbc.com/video/2026/02/09/new-mexico-ag-raul-torrez-meta-has-created-a-space-for-predators-to-target-and-exploit-children.html (CNBC – Procureur général du Nouveau-Mexique sur son procès contre Meta)

Contexte : Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, la dépression est l’une des principales causes de maladie et d’invalidité chez les adolescents à l’échelle mondiale. Les réseaux sociaux sont de plus en plus pointés du doigt comme un facteur contribuant à l’augmentation des problèmes de santé mentale chez les jeunes.

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