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Ukraine attaque deux raffineries en Russie, une près de Crimée

Cible dans le Krasnodar : un impact sur Slaviansk-na-Kubani

Des drones ukrainiens ont frappé plusieurs infrastructures stratégiques en Russie ce week-end, notamment une raffinerie dans la région de Krasnodar et une installation industrielle à Novomoskovsk. Ces attaques, qui ont causé au moins un décès et des dégâts matériels importants, s’inscrivent dans une campagne intensifiée de Kiev visant à paralyser les capacités économiques et logistiques de Moscou en 2026.

Cible dans le Krasnodar : un impact sur Slaviansk-na-Kubani

Les opérations ukrainiennes ont visé, dans la nuit de samedi à dimanche, la raffinerie de pétrole de Slaviansk, située dans le kraï de Krasnodar, au sud de la Russie. Selon les informations rapportées par HNonline, cet établissement, qui fait partie du groupe Slaviansk EKO, est l’un des plus importants de la région. Située à proximité de la péninsule de Crimée, cette infrastructure a été visée à plusieurs reprises depuis le début du conflit.

Cible dans le Krasnodar : un impact sur Slaviansk-na-Kubani
Photo: Správy – Pravda

Le gouverneur régional, Veniamin Kondratiev, a confirmé le décès d’une personne à la suite de cette attaque, bien que l’identité de la victime — employé de la raffinerie ou civil — n’ait pas été précisée par les autorités locales, selon la BBC. Des débris de drones ont également endommagé plusieurs immeubles résidentiels dans les environs, ajoutant aux conséquences directes de l’opération sur les populations civiles.

Le complexe de Slaviansk-na-Kubani est un point névralgique pour le raffinage des hydrocarbures destinés à alimenter à la fois le marché intérieur russe et les besoins logistiques de l’armée dans les zones occupées. En ciblant de telles installations, les forces ukrainiennes cherchent à créer des goulots d’étranglement dans la chaîne d’approvisionnement en carburant, essentielle pour le maintien des opérations militaires russes sur le front sud.

Frappes en profondeur : de l’usine Azot à la région de Iaroslavl

La stratégie ukrainienne ne se limite plus aux zones frontalières. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a confirmé que ses forces avaient également ciblé une raffinerie dans la région de Iaroslavl, située à environ 700 kilomètres de la frontière ukrainienne, ainsi que le complexe chimique Azot à Novomoskovsk.

Frappes en profondeur : de l'usine Azot à la région de Iaroslavl
Photo: TA3

For more on this story, see Ukraine frappe Moscou : drones détruisent raffinerie et dépôts près de la capitale russe.

Guerre en Ukraine: Kiev revendique des attaques "massives" de missiles en Russie

Le site de Novomoskovsk, identifié par TA3, est un maillon essentiel de la production russe d’ammoniac, d’engrais azotés et d’explosifs. Le gouverneur régional, Dmitri Miliaïev, a fait état de dommages sur les infrastructures électriques locales et a signalé qu’une femme avait été blessée lors de l’incident. Le président Zelensky a souligné l’importance de ces cibles, qualifiant l’usine Azot de pilier pour la production militaire russe.

L’usine Azot, par sa spécialisation dans les composés chimiques, occupe une place stratégique dans l’économie de guerre. La capacité de Kiev à projeter des drones sur une distance de plusieurs centaines de kilomètres démontre une évolution technologique et opérationnelle majeure, forçant Moscou à redéployer ses systèmes de défense antiaérienne au-delà de la ligne de front pour protéger ses centres industriels de l’arrière-pays.

Réponse russe et bilan opérationnel

Face à cette multiplication des frappes, le ministère russe de la Défense a affirmé avoir intercepté 660 drones à travers 12 régions russes et au-dessus de la Crimée, territoire annexé par la Russie en 2014. Ce chiffre, bien qu’élevé, illustre l’ampleur de la campagne de drones menée par Kiev cette année.

Selon les données compilées par Pravda, ces attaques s’inscrivent dans une intensification marquée des hostilités en 2026. L’objectif avoué de Kiev est de fragiliser les revenus de Moscou en ciblant les dépôts de carburant, les terminaux portuaires et les centres de production industrielle. Cette tactique inclut parfois des frappes répétées sur les mêmes sites, avec seulement quelques jours d’intervalle, afin d’empêcher toute tentative de réparation ou de reprise de la production.

Les autorités russes, par le biais du ministère de la Défense, soutiennent régulièrement que la majorité des drones sont neutralisés par les systèmes de guerre électronique ou les batteries antiaériennes. Toutefois, les images satellites et les rapports locaux confirment périodiquement des incendies et des arrêts de production sur les sites visés, contredisant partiellement les récits officiels sur l’efficacité totale de la défense russe.

Un contexte de guerre totale

Le conflit reste extrêmement tendu sur l’ensemble du front. Tandis que l’Ukraine multiplie ses frappes en profondeur, la Russie poursuit ses attaques aériennes contre les centres urbains ukrainiens, comme en témoignent les récentes frappes sur Nikopol et Zaporijjia qui ont causé de nombreuses victimes civiles, incluant des mineurs.

Un contexte de guerre totale
Photo: Denník N

This follows our earlier report, Ukraine frappe la raffinerie Gazprom Neft de Moscou, à 15 km du Kremlin.

L’escalade est également diplomatique et logistique. Alors que l’Ukraine tente de maintenir une pression économique sur Moscou, les échanges de prisonniers se poursuivent, avec le retour récent de 160 soldats ukrainiens. Parallèlement, le climat sur la péninsule de Crimée est devenu critique, les autorités d’occupation ayant instauré un régime d’urgence pour faire face à une crise de carburant croissante, aggravée par la destruction répétée des infrastructures logistiques russes par les drones ukrainiens.

Ces développements soulignent l’asymétrie croissante des méthodes de combat. Pour l’Ukraine, l’usage intensif de drones bon marché représente une solution viable pour compenser un déficit en munitions lourdes, tout en imposant un coût politique et économique croissant au Kremlin. De son côté, la Russie maintient une stratégie de harcèlement urbain visant à épuiser la résilience de la population ukrainienne. La persistance de ces frappes mutuelles sur des infrastructures critiques suggère que la guerre d’usure est entrée dans une phase où la survie économique est devenue aussi déterminante que les gains territoriaux sur le champ de bataille.

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