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Internes français en grève : salaires gelés depuis 2022 poussent à mobilisation massive

by Camille Laurent - Santé
Les salaires gelés et les conditions de précarité qui poussent à la grève

Les internes français, déjà en tension depuis des mois sur les conditions de travail et les salaires, ont lancé une grève nationale ce lundi 29 juin 2026, paralysant partiellement les services hospitaliers. Selon l’Inter-Syndicale Nationale des Internes en Médecine (ISNIM), plus de 80% des internes des hôpitaux publics ont rejoint le mouvement, exigeant une revalorisation immédiate de leurs rémunérations, actuellement gelées depuis 2022. Le gouvernement a réagi en annonçant une réunion d’urgence avec les syndicats, mais les tensions persistent.


Les salaires gelés et les conditions de précarité qui poussent à la grève

Pourquoi les internes grèvent-ils ? Les revendications précises et les enjeux

Les internes en médecine française, déjà sous-payés par rapport à leurs homologues européens, dénoncent depuis des mois un système qui les pousse à l’épuisement professionnel. Cette précarité s’aggrave avec l’allongement des gardes et la charge administrative croissante.

« Nous ne pouvons plus faire semblant de tenir.

Le mouvement s’inscrit dans une grève plus large des professionnels de santé, après les mobilisations des infirmiers en 2025 et des médecins généralistes en début d’année. Les internes exigent :

  • Une revalorisation immédiate de 25% des salaires, avec un minimum de 1 800 euros brut pour les premiers ans.
  • La fin des stages non rémunérés, qui représentent jusqu’à 15% du temps de travail dans certaines spécialités.
  • La reconnaissance du travail de nuit, avec une majoration de 30% pour les gardes après 22h.
  • Un logement social garanti pour les internes en région parisienne, où les loyers dépassent souvent 800 euros par mois.

L’impact immédiat sur les hôpitaux : perturbations et risques de saturation

Quelles sont les conséquences sur les hôpitaux ? Un risque de saturation

Dès le premier jour de grève, plus de 120 hôpitaux publics ont signalé des perturbations, notamment dans les services d’urgence et de réanimation. Selon la Dass (Direction de l’Administration et de la Santé), 30% des postes d’internes sont occupés en ce moment, contre 90% en temps normal. Les conséquences sont déjà visibles :

  • Allongement des temps d’attente dans les services d’urgence (+45% dans certains hôpitaux parisiens).
  • Annulation de consultations programmées dans les spécialités les plus touchées (cardiologie, pédiatrie, gynécologie).
  • Recours accru aux remplaçants libéraux, dont les tarifs explosent (+50% depuis 2025).

« Nous sommes à la limite du système.

Le gouvernement a tenté de désamorcer la crise en proposant une réunion avec les syndicats mercredi 1er juillet, mais les internes restent sceptiques. « Des promesses, nous en avons déjà eu.


Les positions divergentes entre syndicats et gouvernement : entre blocage et négociations

Comment les syndicats et le gouvernement répondent-ils ? Un dialogue tendu

Face à la mobilisation, les syndicats médicaux ont unifié leurs positions pour la première fois depuis des années. L’ISNIM, le SNIIL (Syndicat National des Internes en Imagerie et Laboratoire) et le SMI (Syndicat des Médecins Internes) ont publié un communiqué commun ce matin, exigeant une table ronde avec le ministre de la Santé, François Braun, avant le 10 juillet.

Grèves, salaires : le bras de fer a commencé… #cdanslair 18.10.2022

Côté gouvernement, la réponse reste floue. Dans un entretien accordé à Les Échos, une source proche du ministère a indiqué que « des pistes existent pour une revalorisation progressive, mais pas une hausse immédiate ». Cette position a été vivement critiquée par les syndicats, qui y voient une stratégie de division.

« Le gouvernement joue avec notre santé et notre avenir.


Les scénarios catastrophiques si la grève s’étend : vers une crise systémique de la santé

Que risque-t-il si la grève se prolonge ? Scénarios et craintes

Plusieurs scénarios se dessinent selon les experts :

  1. Une généralisation du mouvement : Si les internes maintiennent leur grève au-delà du 10 juillet, les médecins généralistes et spécialistes pourraient les rejoindre, comme en 2023 lors de la crise des déserts médicaux.
  2. Une pénurie accrue de médecins : Avec plus de 3 000 internes en grève, les hôpitaux pourraient être contraints de recruter des médecins étrangers, déjà sous tension en raison des restrictions administratives.
  3. Un impact sur la formation : Les stages non assurés pourraient retarder la certification de milliers de jeunes médecins, aggravant la crise des effectifs à moyen terme.

« Nous sommes au bord d’une crise systémique.


Et après ? Les pistes pour sortir de l’impasse

Plusieurs solutions sont évoquées, mais aucune ne fait consensus :

  • Une hausse immédiate des salaires, financée par une redistribution des économies des hôpitaux publics (estimées à 1,2 milliard d’euros par an selon la Cour des Comptes).
  • La création d’un fonds dédié pour les internes, alimenté par une taxe sur les revenus des cliniques privées.
  • Un moratoire sur les fermetures de services hospitaliers, pour éviter une détérioration supplémentaire des conditions de travail.

Mais quand on vous demande de choisir entre nourrir vos enfants et soigner les vôtres, vous ne pouvez plus faire semblant. »


Pour aller plus loin :

  • Consulter le communiqué de l’ISNIM : Lien vers le site de l’ISNIM
  • Suivre les annonces du ministère de la Santé : Santé.gouv.fr
  • Témoignages d’internes en grève : Le Parisien, Libération (articles du 29 juin 2026)

Consultez toujours un professionnel de santé pour toute question médicale. Cet article ne constitue pas un avis médical.

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