Le président russe Vladimir Putin ne s’adressera pas à l’Assemblée fédérale en 2026, renonçant pour la deuxième année consécutive à cette intervention annuelle pourtant exigée par la Constitution, selon les informations confirmées par le Kremlin.
La décision de faire l’impasse sur cette allocution solennelle a été officialisée par le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. L’Assemblée fédérale représente l’ensemble de la verticale du pouvoir en Russie, regroupant la Douma d’État ainsi que le Conseil de la Fédération. Aucun calendrier précis n’a été arrêté pour fixer une date ultérieure à cette grand-messe politique.
Dmitri Peskov a précisé que le chef de l’État prononcerait son discours lorsqu’il le jugera opportun.

Le chef de l’État ignore la loi fondamentale
Le point « e » de l’article 84 de la Constitution russe stipule que le président s’adresse à l’Assemblée fédérale par des messages annuels consacrés à la situation du pays ainsi qu’aux orientations majeures de sa politique intérieure et extérieure. L’obligation pour le chef de l’État de s’adresser au Parlement figure en toutes lettres dans la loi fondamentale du pays.
La dernière occurrence de ce discours remonte au 29 février 2024 (29 février 2024). L’absence de 2026 fait suite à celle de 2025, marquant une rupture inédite dans la régularité de cet exercice politique. Le dirigeant russe avait également fait l’impasse sur cet exercice en 2017, en 2022 ainsi qu’en 2025. En 2022, année du déclenchement du conflit en Ukraine, Vladimir Putin avait justifié cette absence par une situation trop dynamique qui empêchait de fixer durablement les résultats et les perspectives d’avenir, comme le rappelle la publication The Moscow Times.
Le Kremlin écarte toute modification du format
Le pouvoir en place n’envisage pour l’heure aucune refonte structurelle de l’exercice. Dmitri Peskov a indiqué aux journalistes du quotidien économique qu’aucune décision n’avait été prise à ce sujet, confirmant qu’aucune modification du canal de communication n’a été validée, d’après les informations recueillies par le journal Vedomosti.
Dmitri Peskov a déclaré que le président prononcerait son message lorsqu’il l’estimera nécessaire, ajoutant qu’il n’avait pas encore pris sa décision d’après Interfax.
Le pouvoir exécutif préfère ainsi patienter plutôt que de se plier à une échéance calendaire stricte. Le renouvellement profond du corps des sénateurs et l’élection d’une nouvelle législature à la Douma d’État pèsent dans l’évaluation du calendrier politique.

La planification à long terme perd sa priorité
En outre, le représentant de Vladimir Putin à la Douma d’État, Garry Minkh, a rappelé que la planification à long terme est devenue moins prioritaire, contraignant les autorités à adopter des mesures plus conjoncturelles.
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