Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré qu’un scrutin présidentiel pourrait être organisé en Ukraine si la Russie accepte un cessez-le-feu total de 60 jours. Cette condition est posée en réponse aux critiques de dirigeants américains, notamment du président Donald Trump, qui a appelé à un changement de leadership à Kiev formulées dans les médias.
La condition de Kiev pour un scrutin en période de conflit
Interrogé par le journaliste Jonathan Karl sur la chaîne américaine ABC, le chef de l’État ukrainien a détaillé les modalités nécessaires pour renouveler le pouvoir exécutif sous le feu. Volodymyr Zelensky a transmis un message direct au Kremlin, exigeant une trêve complète et ininterrompue de deux mois.
L’entretien télévisé a permis au dirigeant ukrainien de préciser que les citoyens ukrainiens demeurent les seuls souverains habilités à désigner leurs dirigeants, tout en exprimant son respect envers le président des États-Unis. Il a rappelé que la tenue d’un scrutin exige une infrastructure de sécurité adéquate pour garantir la protection des électeurs. Le maire de Mykolaïv, Oleksandr Senkevytch, a également apporté son soutien à cette position, affirmant que le choix du dirigeant incombe exclusivement aux citoyens ukrainiens.

Volodymyr Zelensky a déclaré selon DW : « Veuillez transmettre à Poutine : donnez-nous deux mois, 60 jours de cessez-le-feu complet. 60 jours, et nous organiserons des élections. »
L’organisation d’élections nationales demeure formellement interdite par la Constitution ukrainienne et la législation en vigueur tant que le régime de la loi martiale est appliqué, une mesure prorogée par la Verkhovna Rada jusqu’au 31 octobre 2026.
Les pressions de Washington et les critiques sur la direction ukrainienne
Cette intervention de Kiev intervient au lendemain de déclarations de Donald Trump affirmant qu’il convenait de trouver un nouveau dirigeant capable de conclure rapidement un accord de paix. Le président américain a publiquement reproché à son homologue ukrainien d’avoir manqué de nombreuses occasions de négocier et d’avoir ignoré les demandes visant à cesser les frappes de drones contre les infrastructures pétrolières russes.
Selon l’administration américaine, ces attaques contre les raffineries nuisent aux marchés mondiaux et font grimper les cours du carburant, touchant directement les agriculteurs aux États-Unis.
La confrontation sur les infrastructures énergétiques
Face aux injonctions de Washington, le dirigeant ukrainien a opposé une fin de non-recevoir sur les choix politiques intérieurs de son pays, tout en posant des jalons pour un éventuel apaisement des frappes ciblées. malgré tout le respect dû au président Trump
, a-t-il rappelé, c’est à la société ukrainienne de désigner ses représentants.

Concernant le secteur de l’énergie, Kiev conditionne l’arrêt de ses opérations ciblées sur le territoire russe à une réciprocité stricte de la part de Moscou.
Volodymyr Zelensky a déclaré selon DW : « Il est déjà possible aujourd’hui d’arrêter les frappes contre l’énergie, mais Poutine ne souhaite pas le faire. L’Ukraine sera prête à arrêter les frappes contre les raffineries de pétrole russes si la Russie cesse de frapper notre infrastructure énergétique. Toutes les étapes de désescalade doivent être réciproques et soutenues par de véritables garanties. »
Les annonces de trêve et les réactions sur le terrain
Peu après ces échanges, le président américain a affirmé que l’Ukraine et la Russie avaient atteint un accord d’apaisement énergétique, mais l’entourage du président ukrainien a précisé que ce terme n’était pas utilisé dans les discussions officielles, soulignant un décalage entre les déclarations médiatiques et les négociations en cours.
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