À l’approche des élections législatives anticipées fixées au 25 octobre 2026 en Serbie, le président russe Vladimir Putin a publiquement exprimé l’espoir de voir Aleksandar Vučić accéder au poste de Premier ministre, saluant la politique d’équilibre menée par Belgrade et le refus de la Serbie d’appliquer des sanctions contre Moscou.
Lors de la session plénière du club Valdaï, le chef de l’État russe a estimé que le parcours du dirigeant sortant témoignait d’une volonté constante de dialogue avec la Russie, tout en critiquant vivement l’attitude du monde occidental envers le peuple serbe.

Vladimir Putin soutient Aleksandar Vučić
Vladimir Putin a explicitement lié son souhait de voir le chef de file du SNS occuper la fonction de Premier ministre à la posture de neutralité affichée par Belgrade face aux mesures punitives de Bruxelles et de Washington. Selon l’analyse de diplomates et d’observateurs locaux, cette prise de position explicite constitue un appui politique direct qui dépasse le cadre d’un simple message diplomatique de routine.
Du côté des formations d’opposition et des analystes indépendants, la sortie du Kremlin a immédiatement été qualifiée d’interférence flagrante dans le processus électoral national. Des voix influentes au sein de la scène politique critique ont souligné que de telles marques de soutien public s’accompagnent inévitablement d’attentes géopolitiques précises de la part de Moscou. Le dirigeant russe a également affirmé que les Serbes se trouvaient être un peuple divisé par la force au sein de l’Europe, évoquant à cet égard l’accord de Dayton conclu pour mettre fin au conflit en Bosnie-Herzégovine au milieu des années 1990 et soulignant que personne ne souhaite plus appliquer cet accord tandis que d’autres décisions sont imposées.
La position exprimée par le président russe quant à l’avenir de la direction gouvernementale en Serbie constitue une intervention directe dans les affaires électorales du pays, car ce type de message ne relève pas d’une simple neutralité partisane mais pèse lourdement sur la crédibilité du scrutin.
L’ancienne ambassadrice Branka Latinović a ajouté que ce type d’appui ne s’octroie jamais sans exigences ou conditions correspondantes posées lors des entretiens bilatéraux. De son côté, Srećko Đukić, également ancien ambassadeur, a estimé qu'une telle déclaration souligne le rôle central joué par Aleksandar Vučić aux yeux de Moscou sur l'ensemble de la région des Balkans. Duško Lopandić, vice-président du Mouvement européen en Serbie, a quant à lui qualifié cette marque d’intérêt d’illustration singulière du non-interventionnisme russe dans les affaires intérieures. Par ailleurs, des responsables tels que l’historien Hrvoje Klasić ont rappelé que les populations serbes vivaient historiquement de longue date dans d’autres espaces étatiques, que ce soit sous l’Empire ottoman, l’Autriche-Hongrie ou à travers les différentes républiques de l’ancienne Yougoslavie, contestant l’idée d’une injustice récente qui aurait subitement piégé des communautés sur des territoires étrangers.

La campagne se divise sur les ingérences
La polémique sur l’influence étrangère a rapidement pris une tournure de confrontation partisane, les partisans du pouvoir en place rejetant l’accusation de deux poids, deux mesures. Des éditoriaux et des responsables pro-gouvernementaux ont rappelé que diverses figures politiques régionales et européennes avaient quant à elles publiquement pris position en faveur de la liste d’opposition étudiante sans que les médias critiques n’y voient une violation de la souveraineté électorale. L’analyste Ivan Vujačić a pour sa part estimé que les interpellations mutuelles sur les influences extérieures masquent mal les réalités de la campagne, tout en notant que la plupart des formations politiques du pays s’accordent sur le maintien d’une ligne d’abstention face aux sanctions.
Tandis que la coalition au pouvoir maintient un partenariat étroit avec l’Est fondé notamment sur la dépendance énergétique — illustré par le renouvellement récent pour trois mois du contrat d’approvisionnement en gaz russe à l’issue d’un entretien téléphonique entre les deux dirigeants —, l’opposition met en garde contre les risques d’isolement diplomatique à l’égard des partenaires occidentaux. Les listes candidates telles que celle menée par Usame Zukorlić ainsi que la liste représentant la minorité macédonienne ont par ailleurs été officiellement validées par la Commission électorale pour ce scrutin direct aux conseils nationaux.
L’opposition attaque le dossier énergétique
Les représentants de l’opposition ont reproché à l’exécutif de ne pas avoir exercé son droit de préemption pour racheter les parts majoritaires et ainsi assainir la situation de l’entreprise énergétique. En réponse, le ministre des Finances par intérim a renvoyé la responsabilité sur les gouvernements antérieurs, accusant les anciennes équipes de l’opposition d’avoir bradé le fleuron énergétique serbe à Gazprom par le passé.
Alors que les critiques dénoncent une fuite en avant budgétaire, la majorité défend ses investissements dans les infrastructures comme le moteur indispensable de la croissance du pays.

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