Le pétrole grimpe face aux attaques houthis et iraniennes

Le baril de Brent a atteint 112 dollars ce jeudi 22 octobre 2026, au plus haut depuis le 18 mai, poussé par des frappes de rebelles houthis au Yémen et des attaques de navires dans le détroit d’Ormuz qui font craindre une perturbation durable de l’approvisionnement mondial en brut.

Le baril de Brent, référence mondiale, a progressé de 3 % pour s’établir à 112 dollars, son niveau le plus élevé depuis le 18 mai, selon un point de situation publié par Al Jazeera, tandis que le brut léger américain WTI a touché 98,29 dollars, en hausse de 1,2 %, et que d’autres relevés ont positionné le Brent à 110,85 dollars le baril en milieu de semaine, d’après un point de situation publié par Al Jazeera. Cette envolée des cours intervient alors que les efforts diplomatiques pour éteindre le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran demeurent bloqués.

Des frappes rebelles frappent le Golfe et l’Arabie saoudite

Des rebelles houthis, alignés sur l’Iran, ont ciblé plusieurs installations stratégiques en territoire saoudien. Des actions ont également été menées par les Gardiens de la révolution islamique en Iran, qui ont affirmé avoir atteint quatre navires engagés dans des transferts d’hydrocarbures jugés illégaux dans le nord du Golfe.

Les autorités américaines ont ordonné l’évacuation de certains diplomates et de leurs familles de leurs missions en Arabie saoudite pour faire face à ces risques sécuritaires croissants pour leur personnel. Saudi Aramco a demandé à ses employés de quitter son siège de Dhahran pour basculer en télétravail, ainsi l’a rapporté The Korea Times en reprenant des informations de Reuters.

Le pétrole grimpe face aux attaques houthis et iraniennes
Photo : The Guardian

Les marchés financiers vacillent face à l’urgence des réserves

Les réserves mondiales de pétrole, fortement sollicitées depuis le début du conflit au mois de février, se situent aujourd’hui à des seuils historiquement bas. Les 32 membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) avaient convenu au mois de mars de libérer 400 millions de barils d’urgence, soit deux fois plus que les volumes débloqués après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022.

L’indice européen Stoxx 600 a reculé de 1 %, le FTSE 100 à Londres a cédé 0,7 %, tandis qu’en Asie, le Nikkei 225 a chuté de 2,7 % et le Kospi sud-coréen de 3,5 %. Les compagnies aériennes subissent également de plein fouet cette inflation énergétique : American Airlines a ainsi renoncé à ses prévisions de bénéfices annuels, plombée par une facture de carburant qualifiée d’historique.

Le trait saillant du mois de mars et des semaines suivantes fut l’absence de crise effective. Nous avons eu de la chance. Je ne pense pas que l’économie mondiale aura autant de chance la prochaine fois s’il y a un conflit prolongé. Un mois ou deux, c’est tout ce que nous avons.

Les prix du brut menacent d’atteindre 150 dollars

La banque d’investissement Westpac a ainsi prévenu ses clients que les prix du brut pourraient s’orienter vers les 150 dollars le baril, ce qui représenterait une hausse d’environ 38 % par rapport aux cours actuels.

Le président Donald Trump a affirmé en août que ces géants énergétiques faisaient trop de profits sur la base d’une pénurie, tout en multipliant les déclarations fermes à l’approche des élections de mid-term aux États-Unis, estimant qu’un choix décisif s’imposait face à Téhéran.

Cent cinquante dollars [le baril] devient une possibilité très distincte, ce qui entraînerait alors une destruction significative de la demande.

Le pétrole grimpe face aux attaques houthis et iraniennes
Photo : AFR

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