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Venezuela confrontée à une crise sanitaire post-sismique à haut risque

Une crise sanitaire post-sismique à haut risque

Le 24 juin 2026, deux séismes consécutifs de magnitude 7,2 et 7,5 ont frappé la côte vénézuélienne, faisant 3 811 morts et 16 740 blessés. Alors que les secours entrent dans une phase de stabilisation, l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) alerte sur des risques sanitaires critiques liés à l’insalubrité et au manque d’accès aux soins.

Une crise sanitaire post-sismique à haut risque

Une crise sanitaire post-sismique à haut risque
Photo: Caracol Radio
La situation humanitaire au Venezuela a atteint un seuil de criticité deux semaines après les événements. Selon l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), le risque ne provient plus seulement des traumatismes physiques liés aux effondrements, mais d’une dégradation rapide des conditions de vie. Jarbas Barbosa, directeur de l’OPS, a souligné que la menace réside désormais dans « les interrupciones en los servicios de salud, el hacinamiento, las deficiencias en el agua y el saneamiento, y la reducción del acceso a vacunas y atención médica de rutina » (en français : « les interruptions des services de santé, le surpeuplement, les carences en eau et en assainissement, et la réduction de l’accès aux vaccins et aux soins de routine »), via DW. Le pays doit gérer l’installation de 87 camps de réfugiés accueillant plus de 14 600 personnes. Dans ces espaces exigus, les autorités sanitaires craignent la propagation de maladies hydriques, telles que le choléra, ainsi que des vecteurs comme la dengue, le zika ou le chikungunya, particulièrement dans les zones côtières comme La Guaira et Naiguatá, rapporte EL TIEMPO.

L’épreuve des infrastructures et la réponse internationale

L'épreuve des infrastructures et la réponse internationale
Photo: LaRepublica.co
Le système hospitalier vénézuélien, déjà affaibli par une crise économique prolongée et l’exode massif de professionnels de santé, a été submergé dès les premières heures. Ciro Ugarte, directeur des urgences sanitaires de l’OPS, a qualifié la situation initiale de « critique » pour les installations non préparées à traiter des traumatismes de masse, selon Diario La República. Pour pallier ces carences, l’organisation Médicos Sin Fronteras (MSF) a déployé 200 professionnels et distribué 8,5 tonnes de matériel médical. Carlos Arias, représentant de MSF, a témoigné de la difficulté d’accès au terrain : « Nos dirigimos directamente a La Guaira. El trayecto habitual es de 45 minutos, pero nos tomó hora y media debido a la situación caótica. Encontramos un escenario devastador » (en français : « Nous nous sommes dirigés directement vers La Guaira. Le trajet habituel est de 45 minutes, mais il nous a fallu une heure et demie en raison de la situation chaotique. Nous avons trouvé un scénario dévastateur »).

Financement et priorités de la nouvelle phase opérationnelle

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L’OPS a lancé un appel de fonds de 24 millions de dollars, dont 9 millions ont déjà été mobilisés pour la réponse d’urgence. Ces ressources proviennent de divers fonds d’urgence de l’OMS, de l’Union européenne et de contributions bilatérales, notamment du Canada et de l’Espagne, indique Caracol Radio. La stratégie actuelle se concentre sur trois axes majeurs :
  • Le maintien des services de santé essentiels pour éviter une rupture de continuité.
  • La surveillance épidémiologique renforcée pour détecter précocement les foyers infectieux.
  • La prise en charge psychologique des populations affectées, confrontées à un deuil collectif et à des traumatismes sévères.
Les autorités forensiques travaillent également à l’identification des victimes. Armando De Negri, directeur par intérim de l’OPS au Venezuela, a précisé qu’un protocole de collecte de matériel génétique (dents, os, ongles) est en place pour permettre une identification ultérieure des 300 personnes encore non identifiées parmi les disparus.

Débats sur la coordination et la gestion étatique

La gestion de la catastrophe suscite des critiques, notamment concernant la lenteur du déploiement des forces armées. Ángel Rangel, ancien directeur de la Protection civile vénézuélienne (1999-2001), a regretté auprès de DW que les mécanismes de réponse conjointe entre militaires et civils, autrefois prioritaires, aient été délaissés. Des témoignages font état de points de contrôle militaires ralentissant l’accès des volontaires aux zones sinistrées, une situation que l’ingénieur Jesús Valdez Aguilar, travaillant avec les secours, a qualifiée d’entrave aux déplacements. Alors que les opérations de recherche se poursuivent, l’incertitude demeure quant à la capacité du système de santé à retrouver une couverture vaccinale adéquate, un point jugé « fundamental » par les experts de l’OPS pour prévenir de nouvelles crises dans les semaines à venir.

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Photo: ELTIEMPO.com

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