Les États-Unis et l’Iran ont échangé des frappes militaires pour une deuxième nuit consécutive, alors que les tensions s’intensifient autour du détroit d’Ormuz. Téhéran rapporte 14 décès en deux jours et a visé des installations américaines au Koweït, à Bahreïn et au Qatar, tandis que les autorités américaines affirment avoir ciblé 90 infrastructures militaires iraniennes.
Le ministère iranien de la Santé et le Commandement central américain rapportent les bilans des frappes des 8 et 9 juillet
Escalade militaire et bilan humain après deux nuits de frappes
Le conflit a pris une tournure brutale au cours des dernières 48 heures. Selon le ministère iranien de la Santé, les affrontements ont causé la mort de 14 personnes. Hossein Kermanpour, responsable des relations publiques du ministère, a précisé que les attaques américaines, qui ont visé cinq provinces iraniennes les 8 et 9 juillet, ont également fait 78 blessés, dont 47 restent hospitalisés. Le ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé ces frappes, les qualifiant de « gross war crime » (grossier crime de guerre), et a signalé que des cibles situées près de la centrale nucléaire de Bushehr avaient également été touchées, une information rapportée par les médias d’État citant le gouverneur adjoint de la province.

De son côté, le Commandement central des États-Unis (Centcom) a déclaré avoir frappé 90 cibles militaires, incluant des systèmes de défense aérienne et des infrastructures logistiques le long du littoral, dans le but de « dégrader davantage la capacité de l’Iran à attaquer le transport maritime commercial et les marins civils innocents ». Le Centcom a précisé que ces dernières frappes faisaient suite à l’exécution réussie de frappes offensives en Iran la nuit précédente.
Mohammad Bagher Ghalibaf et le Corps des gardiens de la révolution islamique ordonnent des représailles contre des bases américaines
La rhétorique de Téhéran et les représailles régionales
Téhéran a vivement dénoncé ces opérations. Le ministère iranien des Affaires étrangères a décrit l’administration américaine comme « maléfique et psychopathe ». Les autorités iraniennes ont affirmé que ces attaques avaient endommagé des infrastructures civiles, notamment des ponts et une ligne ferroviaire reliant Téhéran à la ville de Machhad, où le défunt guide suprême Ali Khamenei devait être enterré lors d’un service funéraire ce jeudi.
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, également négociateur en chef avec les États-Unis, a mis en garde Washington via le réseau social X. Il a affirmé que l’Amérique « n’a toujours pas appris que l’intimidation et la rupture des promesses ne sont plus sans frais », ajoutant : « Laissez-moi dire les choses clairement : si vous frappez, vous serez frappés ». Il a également insisté sur le fait que le détroit d’Ormuz ne s’ouvrirait que sous des arrangements iraniens, et non sous des « menaces américaines ». Le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) a confirmé avoir lancé des frappes de représailles sur des bases américaines au Koweït et à Bahreïn, qualifiant ces actions de « première phase de la réponse punitive contre les contrevenants américains ». Plus tard dans la journée de jeudi, Téhéran a lancé des frappes supplémentaires sur des sites en Jordanie et en Irak, selon des médias liés à l’État.
Le port de Konarak et le détroit d’Ormuz subissent des perturbations du trafic maritime et des attaques signalées
Le détroit d’Ormuz sous haute tension

La zone stratégique du détroit d’Ormuz subit les conséquences directes de cette confrontation. Des observateurs signalent une baisse « spectaculaire » du trafic maritime dans ce passage vital depuis la reprise des hostilités. Les États-Unis ont par ailleurs révoqué leur suspension temporaire des sanctions sur les ventes de pétrole iranien. Mohammad Bagher Ghalibaf a accusé les États-Unis de rompre leur protocole d’accord (MoU) sur cette question, ainsi que sur les attaques dans le sud de l’Iran et la « violation des ajustements iraniens dans le détroit ».
Alors que des explosions ont été rapportées dans le port de Konarak, dans le sud de l’Iran, un responsable local a affirmé à l’agence de presse officielle iranienne qu’un site de la marine avait été attaqué par un « ennemi ». Toutefois, un responsable de la défense américaine a déclaré à la BBC que les États-Unis n’avaient mené aucune frappe en Iran au cours des dernières heures.
La ville de Machhad accueille les funérailles de l’ayatollah Ali Khamenei après sa mort le 28 février
Contexte national : funérailles et symboles
Ces échanges de tirs interviennent dans un climat de deuil national. Des foules immenses se sont rassemblées dans les rues de Machhad, dans le nord-est de l’Iran, pour les funérailles de l’ayatollah Ali Khamenei, après six jours de cérémonies. Certaines personnes ont été photographiées tenant des pancartes proférant des menaces de mort à l’encontre du président américain Donald Trump. Khamenei a été tué le 28 février lors des premières heures des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran. La ville de Téhéran, capitale et centre politique du pays depuis 1796, reste au cœur de cette crise, abritant les sièges des institutions gouvernementales, des industries majeures et des universités, alors que les populations locales observent avec inquiétude les développements dans les provinces du sud.
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