Home SantéÉtude Tufts : Consommation D’Aliments Végétaux En Baisse Chez Les Enfants Des Pays Riches

Étude Tufts : Consommation D’Aliments Végétaux En Baisse Chez Les Enfants Des Pays Riches

by Camille Laurent - Santé
La baisse de la consommation d'aliments végétaux chez les enfants des pays riches

La baisse de la consommation d’aliments végétaux chez les enfants des pays riches

La baisse de la consommation d'aliments végétaux chez les enfants des pays riches

Une analyse mondiale portant sur les tendances nutritionnelles de 1990 à 2018 révèle une disparité préoccupante : contrairement à la majorité des pays, les enfants des nations à revenu élevé voient leur consommation d’aliments végétaux diminuer à mesure qu’ils grandissent. Selon des chercheurs de l’Université Tufts, bien que les familles parviennent à établir de saines habitudes alimentaires durant la petite enfance, le maintien de ces habitudes tout au long de l’adolescence constitue un défi majeur dans ces régions.

L’étude, publiée dans BMJ Global Health, a analysé les données de 185 pays à travers 1 200 enquêtes alimentaires. Les chercheurs se sont penchés sur la consommation de fruits, de légumes (hors pommes de terre), de légumineuses, de noix et de graines chez les jeunes de la naissance à 19 ans.

Des habitudes qui s’effritent avec l’âge

Des habitudes qui s'effritent avec l'âge

Les résultats indiquent qu’au niveau mondial, la consommation d’aliments végétaux augmente généralement avec l’âge. Cependant, les pays à revenu élevé font exception. Aux États-Unis, par exemple, les enfants consomment environ 2,7 portions par jour avant l’âge de deux ans, mais ce chiffre tombe à 1,8 portion pour les jeunes âgés de 2 à 19 ans.

Sydney Yearley, chercheuse à l’Université Tufts, explique que cette tendance s’explique en partie par la perte d’autonomie des enfants face à leur environnement alimentaire. « Au début de la vie, les enfants mangent principalement ce que leurs parents et tuteurs leur fournissent », souligne-t-elle. À mesure qu’ils grandissent, ils sont exposés à une offre accrue de restaurants, de produits transformés, de publicités et de snacks, rendant plus difficile le maintien des habitudes acquises durant la petite enfance.

Le paradoxe de l’accessibilité

Le paradoxe de l'accessibilité

L’étude souligne un constat contre-intuitif : une plus grande disponibilité alimentaire dans les pays riches ne garantit pas une meilleure alimentation. Si les pays à revenu élevé disposent d’un pouvoir d’achat important, les choix alimentaires des enfants y sont façonnés par des facteurs complexes, notamment les normes culturelles, l’influence des pairs, le marketing et la commodité des produits ultra-transformés.

À l’inverse, dans de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire, les modèles alimentaires traditionnels, riches en aliments végétaux peu transformés, sont mieux préservés à mesure que les enfants vieillissent. Les pays affichant les taux de consommation les plus élevés incluent le Vietnam, la République démocratique du Congo et le Mexique, tandis que les taux les plus bas ont été observés en Espagne, au Pakistan et au Royaume-Uni.

L’impact sur le développement à long terme

L'impact sur le développement à long terme
Photo: Tufts Now

Les experts rappellent que la nutrition précoce est déterminante pour la santé future. Une alimentation pauvre en nutriments essentiels peut affecter l’énergie, le métabolisme, l’humeur et les capacités d’apprentissage des enfants. Des recherches récentes ont d’ailleurs établi un lien entre des régimes alimentaires malsains durant la petite enfance et des conséquences durables sur les résultats cognitifs à l’adolescence.

Pour les chercheurs, ces résultats mettent en lumière l’urgence d’améliorer l’accès aux aliments nutritifs tout en adaptant les stratégies de santé publique. Comme le souligne Sydney Yearley, les défis ne sont pas identiques partout : « Comprendre les facteurs sociaux, culturels, économiques et les systèmes alimentaires au sein de chaque communauté sera essentiel pour concevoir des solutions qui fonctionnent réellement. »

Synthèse des tendances mondiales

Le tableau ci-dessous résume les observations clés de l’analyse :

| Indicateur | Observation |
| :— | :— |
| Consommation globale | En augmentation de 1990 à 2018, sauf en Asie du Sud. |
| Tendance par âge | Augmentation avec l’âge partout, sauf dans les pays à revenu élevé. |
| Région la plus performante | Asie de l’Est et du Sud-Est (consommation élevée de légumes). |
| Région la plus faible | Asie du Sud. |
| Facteurs de déclin | Autonomie des jeunes, publicité, environnement alimentaire, influence des pairs. |

En conclusion, si la disponibilité des aliments est un levier, elle ne suffit pas. La transition vers l’adolescence, marquée par une exposition accrue aux produits transformés, nécessite une attention particulière pour protéger les acquis nutritionnels de la petite enfance, essentiels au développement physique et cognitif des jeunes.

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