Une varicelle hémorragique atypique chez un patient insuffisant rénal

Un cas clinique rare a récemment mis en lumière une varicelle hémorragique atypique chez un patient insuffisant rénal chronique terminal (ESRD). La varicelle hémorragique constitue une complication à la fois rare et sévère du virus de la varicelle et du zoster (VZV), touchant environ 3,3 % des cas de varicelle. Le rapport décrit l’évolution inhabituelle d’une transformation hémorragique retardée chez un homme de 46 ans placé sous hémodialyse de maintenance.

Le patient présentait de multiples comorbidités sous-jacentes, englobant une hypertension, une maladie hépatique chronique, une tuberculose abdominale ainsi qu’une pancytopénie. Lors de son admission, il manifestait une toux sèche intermittente, de la dyspnée, une anurie ainsi que des papules érythémateuses disséminées sur les membres supérieurs et inférieurs, ne présentant toutefois ni vésicules ni purpura initiaux.

Profil biologique et facteurs aggravants

Les investigations cliniques et biologiques réalisées ont révélé des anomalies prononcées. Le taux d’hémoglobine s’établissait à 6,1 g/dL (pour une valeur de référence comprise entre 13 et 17 g/dL), avec un hématocrite (PCV) à 21 % et un volume globulaire moyen (MCV) à 108 fL. La numération plaquettaire était abaissée à 83 × 10⁹/L et le taux total de leucocytes s’élevait à 3,8 × 10⁹/L.

Les analyses de la formule sanguine indiquaient 86 % de neutrophiles, 6 % de lymphocytes, 7 % de monocytes et 1 % d’éosinophiles. Par ailleurs, le patient affichait un état urémique persistant avec une créatinine mesurée à 5,6 mg/dL. D’après les observations rapportées dans Cureus, le dysfonctionnement plaquettaire d’origine urémique a vraisemblablement favorisé les saignements muqueux, venant s’ajouter à la thrombocytopénie à médiation immunitaire.

En revanche, les examens de la coagulation n’ont pas plaidé en faveur d’une coagulation intravasculaire disséminée (CIVD) : le temps de prothrombine était légèrement prolongé à 14,0 secondes (pour un témoin à 11,9 secondes) avec un rapport international normalisé (INR) de 1,18, tandis que le temps de thromboplastine partielle activée demeurait dans l’intervalle de référence et que le fibrinogène restait préservé à 281 mg/dL.

Implications cliniques et prévention

Les auteurs soulignent que les multiples comorbidités du patient ont pu altérer son immunité à médiation cellulaire, modifiant ainsi le cours habituel de la pathologie. Ce type d’évolution atypique souligne la nécessité d’une reconnaissance précoce et d’une prise en charge agressive chez les sujets immunodéprimés.

Face à la diversité des manifestations cutanées et aux risques de complications graves documentés dans la littérature médicale, les stratégies préventives s’avèrent primordiales. Les recommandations insistent notamment sur l’importance de la vaccination contre la varicelle chez les patients séronégatifs atteints d’insuffisance rénale terminale avant l’instauration d’un traitement immunosuppresseur ou d’une transplantation.

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