L’université Yonsei installé le processeur quantique Nighthawk d’IBM

Un processeur quantique « Nighthawk R2 » à 120 qubits programmables a été installé au centre informatique quantique du campus international de Songdo de l’université Yonsei, marquant le premier déploiement mondial de cette technologie IBM chez un client de son réseau.

L’université Yonsei et IBM ont procédé à l’inauguration de cette plateforme de nouvelle génération le 4 2026. L’installation remplace le processeur « Eagle » de 127 qubits qui équipait le système depuis son introduction initiale en 2024.

Architecture matérielle et accélération des circuits

Le nouveau matériel intègre 120 qubits programmables ainsi que 218 coupleurs et 120 éléments de réinitialisation, portant le total des composants physiques à 458 éléments. Cette structure permet un contrôle accru des connexions entre qubits. Selon les explications fournies par IBM, la configuration adopte une structure en grille carrée qui relie chaque qubit à un maximum de quatre voisins directs, contre une moyenne de 2,5 connexions sur la version précédente.

L'université Yonsei installé le processeur quantique Nighthawk d'IBM
Photo : ajunews.com

Grâce à des composants de réinitialisation rapide et à une diminution des temps d’attente entre les exécutions, la plateforme traite plus de 10 000 circuits quantiques par seconde, affichant un débit 25 fois supérieur à celui du modèle Eagle, d’après les données techniques. Le taux d’erreur médian des portes à deux qubits se maintient autour de 0,2 %, tandis que les conditions optimales testées par l’établissement font état d’un taux inférieur à 0,1 % pour une précision de calcul approchant 99,7 % selon les précisions apportées par l’université Yonsei. Le directeur du projet quantique de l’université Yonsei, Jung Jae-ho, a souligné que cette amélioration des performances d’exécution offre la base nécessaire pour affronter des problèmes complexes difficilement solubles par les méthodes traditionnelles, tout en favorisant la collaboration avec les entreprises et les organismes mondiaux. Jerry Chow a également indiqué que les avancées réalisées permettent d’obtenir plus rapidement des résultats de calcul pour accélérer les découvertes scientifiques, ouvrant de nouvelles opportunités de coopération industrielle dans la chimie, la science des matériaux et la biologie.

Recherche biomédicale et calculs hybrides avec RIKEN

Les équipes de l’initiative « Yonsei Bio-Quantum Initiative » comptent exploiter ces capacités dans le cadre d’une infrastructure de calcul hybride associant des ordinateurs classiques et quantiques. Un pont de communication relie déjà la machine de Songdo au superordinateur « Fugaku » de l’Institut de recherche physique et chimique du Japon (RIKEN), distant d’environ 800 kilomètres avec une latence maintenue à environ 20 millisecondes.

L'université Yonsei installé le processeur quantique Nighthawk d'IBM
Photo : finance.biggo.com.tw

Cette configuration mixte est mise au service de l’analyse de systèmes biologiques complexes, incluant l’étude des mutations de la chaîne de transport d’électrons mitochondriale et le syndrome de Leigh. L’établissement universitaire entend également ouvrir l’accès à ce processeur aux étudiants de cycle supérieur en informatique quantique ainsi qu’aux partenaires industriels et institutionnels.

Pour le développement de traitements, les simulations préliminaires menées par l’équipe de recherche indiquent des réductions de délais théoriques lors des phases de criblage et d’optimisation des composés, bien que ces applications demeurent au stade de l’investigation scientifique. L’infrastructure accueille par ailleurs les programmes de formation de ses centres de soutien technologique et d’exploitation de l’écosystème quantique, complétés par des interventions régulières d’experts de l’industrie soutenues par IBM.

Perspectives de développement technologique d’ici 2029

La feuille de route présentée par le constructeur américain prévoit d’étendre la capacité en augmentant le nombre de qubits programmables au-delà de 500 unités tout en interconnectant plusieurs processeurs pour atteindre une échelle supérieure à 1 000 qubits. L’échéance fixée par la direction technique vise la réalisation d’un ordinateur quantique tolérant aux pannes d’ici l’année 2029.

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