Un vol KLM à destination de Tel Aviv a atterri à Bucarest, en Roumanie, jeudi soir, à la suite d’une alerte à la bombe. Cet incident s’ajoute à une vague de menaces visant le transport aérien européen, qui perturbe le trafic depuis plusieurs jours.
Le vol KL461, parti de l’aéroport de Schiphol à 16h40, a reçu l’alerte vers 19h30, peu avant son escale programmée. KLM a confirmé que les 52 passagers et les six membres d’équipage ont débarqué sans encombre. KLM a indiqué que l’appareil fait l’objet d’un examen approfondi. Benjamin Smith, patron d’Air France-KLM, a qualifié la nature coordonnée de ces menaces d’inédite lors de la présentation des résultats trimestriels, précisant qu’il n’avait « jamais été témoin d’une telle situation auparavant ».
Quatorze appareils ciblés jeudi
La journée du 5 novembre a été marquée par une multiplication des incidents, touchant au moins quatorze appareils. Les autorités ont systématiquement déclenché les protocoles de sécurité, imposant déroutages et contrôles renforcés. En Pologne, un vol LOT en provenance de Varsovie a atterri à Bruxelles, tandis qu’un autre appareil de la même compagnie avait dû se poser à Varsovie-Modlin plus tôt dans la semaine, provoquant la fermeture temporaire de la piste.
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La tension est montée d’un cran avec l’intervention des forces armées. Un vol Finnair à destination de Rome a été escorté par des chasseurs italiens. Parallèlement, un vol Wizz Air reliant Milan à Varsovie a été redirigé vers Vienne, tandis qu’à Milan, deux autres vols opérés par Aegean Airlines et Ryanair ont atterri après des alertes.
Des protocoles de sécurité sous haute tension
Face à cette recrudescence, les compagnies appliquent des directives strictes. Selon un porte-parole de la Vereniging Nederlandse Verkeersvliegers (VNV), les pilotes sont formés à ces procédures, consignées dans des listes de contrôle spécifiques, qui dictent la marche à suivre pour assurer la sécurité des passagers. Si aucune inspection n’a révélé d’explosifs jusqu’ici, la vigilance reste maximale. En Espagne, Francisco Lucas, représentant du gouvernement à Murcia, a confirmé sur les réseaux sociaux qu’aucun engin n’avait été trouvé à bord d’un vol Ryanair en provenance de Manchester.

L’origine des menaces au cœur des enquêtes
Le caractère coordonné des alertes interroge le secteur. Eric Schouten, conseiller en sécurité chez Dyami, qui travaillait auparavant à l’AIVD, estime que ces menaces « s’inscrivent dans le tableau que nous voyons de plus en plus souvent » : des perturbations en Europe menées par des acteurs nationaux, comme des barres sur les voies ferrées, des congélateurs déréglés ou un explosif dans un centre logistique. « Dans ce cas, il est évident de regarder du côté de la Russie, même si cela n’est évidemment pas établi. » Selon lui, il s’agit d’« agents jetables » recrutés, qui ignorent eux-mêmes pour qui ils travaillent : leurs alertes proviennent de différents pays, par téléphone, par e-mail, via le wifi ou un hotspot, et sont donc difficiles à ramener à une seule source. Le commissaire européen aux Transports, Apostolos Tzitzikostas, a déclaré jeudi après-midi qu’il était encore trop tôt pour établir un lien formel entre les alertes.
La Nationaal Coördinator Terrorismebestrijding en Veiligheid (NCTV) aux Pays-Bas surveille cette concentration d’alertes, tout en reconnaissant l’impossibilité de prévenir de telles notifications. Le secteur maritime est également sous pression : le navire Crown Iris a dû être inspecté près de l’île grecque de Syros après une alerte anonyme concernant un explosif fixé à sa coque, avant d’être finalement libéré par les autorités.
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