Tanzanie : La présidente Hassan s’exprime pour la première fois sur la coupure internet et les violences post-électorales
DODOMA, Tanzanie – La présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a exprimé jeudi ses « sincères condoléances » aux diplomates et aux étrangers résidant en Tanzanie, s’exprimant pour la première fois sur la coupure internet de six jours qui a suivi l’élection contestée d’octobre et coïncidé avec les pires violences post-électorales que le pays ait connues depuis des décennies.
S’adressant aux ambassadeurs, hauts-commissaires et représentants d’organisations internationales dans la capitale, Dodoma, Hassan a assuré la sécurité des envoyés et s’est engagée à empêcher que de tels incidents ne se reproduisent. « À nos partenaires de la communauté diplomatique et aux étrangers résidant en Tanzanie, j’exprime mes sincères condoléances pour l’incertitude, les restrictions de service et les coupures d’internet que vous avez subies », a-t-elle déclaré.
L’élection d’octobre, remportée par Hassan avec plus de 97 % des voix, a été largement critiquée par les observateurs internationaux. L’absence de candidats de l’opposition, empêchés de se présenter, et la détention du principal chef de l’opposition, accusé de trahison, ont soulevé des questions sur le respect des normes démocratiques.
Les violences ont éclaté le jour du scrutin et se sont poursuivies pendant plusieurs jours, aggravées par la coupure d’internet et une répression policière sévère. Les groupes de défense des droits de l’homme estiment que des centaines de personnes ont été tuées.
Hassan a justifié les mesures prises par son administration, affirmant qu’elles étaient nécessaires pour préserver l’ordre constitutionnel et protéger les citoyens. Elle a également annoncé le pardon de centaines de jeunes arrêtés, estimant qu’ils avaient agi sous la pression de leurs pairs.
La présidente a attribué les violences à des « étrangers », une déclaration qui n’a pas été étayée par des preuves.
Le gouvernement tanzanien a mis en place une commission d’enquête pour faire la lumière sur les violences et évaluer l’ampleur des dégâts matériels. Les premières estimations font état de millions de shillings de pertes.
La coupure d’internet a eu des répercussions considérables sur les activités économiques et sociales du pays, affectant notamment les communications, les transactions financières et l’accès à l’information. Selon un rapport de NetBlocks, une organisation qui surveille la liberté d’internet, la coupure a coûté à la Tanzanie des millions de dollars en pertes économiques.
Cet incident soulève des inquiétudes quant à la liberté d’expression et l’accès à l’information en Tanzanie, des droits fondamentaux garantis par la constitution du pays et les conventions internationales. La situation est d’autant plus préoccupante que la Tanzanie est un pays en développement où l’accès à l’internet est essentiel pour la croissance économique et l’inclusion sociale.
[Intégration potentielle d’un tweet ou d’une publication Instagram d’une organisation de défense des droits de l’homme documentant les violences ou la coupure d’internet.]
La communauté internationale a appelé à une enquête indépendante sur les violences et à la restauration de la liberté d’internet en Tanzanie. Les États-Unis, l’Union européenne et les Nations unies ont exprimé leur préoccupation face à la situation et ont appelé toutes les parties prenantes à faire preuve de retenue et à respecter les droits de l’homme.
