Le choix du Dr Sonnevend Pál s’inscrit dans une volonté du groupe Tisza de nommer un magistrat dont la compétence professionnelle et l’engagement constitutionnel sont, selon la formation politique, indiscutables. Le candidat est un juriste reconnu internationalement, spécialisé en droit constitutionnel et international, dont les travaux portent principalement sur les droits de l’homme et l’État de droit.
Le parcours académique et institutionnel de Sonnevend Pál
Le Dr Sonnevend Pál a dirigé la faculté de droit de l’Université Eötvös Loránd (ELTE ÁJK) en tant que doyen entre 2019 et 2025. Son expérience au sein des hautes institutions hongroises est marquée par sa collaboration avec László Sólyom à la Cour constitutionnelle, ainsi que son rôle de conseiller juridique constitutionnel pour les présidents de la République Ferenc Mádl et László Sólyom.
Sur la scène internationale, il a représenté la Hongrie devant la Cour internationale de Justice de La Haye et a traité plusieurs affaires devant la Cour européenne des droits de l’homme ainsi que devant la Cour de justice de l’Union européenne.
Le départ de Csaba Hende et la 17e modification de la Loi fondamentale
Le besoin d’un nouveau candidat découle de la fin du mandat de Csaba Hende. Ce dernier a été écarté en raison de la 17e modification de la Loi fondamentale, qui a instauré une limitation de 12 ans.

Cette transition ne se fait pas sans heurts. Le groupe Fidesz a déclaré via l’agence MTI que le départ de Csaba Hende était illégitime, affirmant qu’il ne peut donc y avoir de successeur légitime. En conséquence, le Fidesz a annoncé qu’il ne participerait ni à la nomination ni à l’élection du nouveau membre, tout en précisant que des plaintes constitutionnelles et des procédures de contrôle des normes ont été lancées contre cette modification législative.
Réactions politiques et analyses : un soutien transverse
Malgré la position officielle du Fidesz, certains membres de l’ancien régime ont exprimé leur soutien. Tibor Navracsics, le korábbi Orbán-kormány közigazgatási és területfejlesztési minisztere, a qualifié Sonnevend Pál de candidat excellent sur Facebook.

L’analyste politique Gábor Török a également salué cette décision, s’appuyant sur sa propre expérience de travail avec le candidat sous la présidence de László Sólyom. Il a souligné l’importance symbolique des premières nominations et a affirmé que si la Cour comptait 15 juges aussi souverains et préparés, ceux qui se soucient de la limitation constitutionnelle du pouvoir seraient nettement plus sereins.
Calendrier et prochaines étapes parlementaires
La procédure de nomination suit un calendrier serré. Selon les informations rapportées par HVG, la commission parlementaire de la justice et des affaires constitutionnelles devait désigner le nouveau juge le lundi matin. Le Parlement pourrait voter pour ce candidat le jour même, permettant ainsi au nouveau membre d’être investi et de prêter serment immédiatement.
Le groupe Tisza a rappelé que la mission fondamentale de la Cour constitutionnelle reste la protection de la Loi fondamentale, la limitation du pouvoir et la préservation des droits fondamentaux des citoyens.
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