L’Arabie saoudite se trouve au centre de tensions régionales en octobre 2026, oscillant entre son rôle de médiateur et des accusations d’implication militaire au Soudan, au Yémen et dans la Corne de l’Afrique.
Depuis le déclenchement du conflit armé au Soudan le 15 avril 2023 entre l’armée et les Forces de soutien rapide, l’Arabie saoudite s’est positionnée en médiatrice neutre, tirant parti de sa proximité géographique à travers la mer Rouge, de ses capacités financières et de son accès diplomatique.
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Les soupçons d’un engagement militaire aux côtés des forces armées soudanaises se sont multipliés en avril 2026. Le 14 avril 2026, le rapport du Centre européen d’études stratégiques et de politique (ECSAP) a documenté des vols non commerciaux entre Riyad et Port-Soudan. Ces liaisons dessinaient un pont aérien logistique. Un rapport publié par le Global Institute for Strategic Studies a également allégué le transfert de matériel militaire saoudien vers l’armée soudanaise via cette route.
Photo : Punchng
Dès le 13 février 2026, un rapport d’Intelligence Online, fondé sur des sources sécuritaires anonymes, avait déjà indiqué que Riyad avait transféré trois batteries d’obusiers M777 de 155 mm, accompagnées de munitions et de programmes de formation, à l’armée soudanaise. Parallèlement, l’enquête de l’ECSAP a retracé l’acheminement en janvier 2026 d’explosifs commerciaux en provenance d’Inde, transitant par le port islamique de Jeddah à destination d’une entreprise soudanaise liée à l’industrie militaire de l’armée. Le centre de recherche a toutefois précisé que ce transit ne démontre pas en soi que les autorités saoudiennes avaient connaissance de leur utilisation finale.
Le 20 avril 2026, Reuters a révélé, en citant deux sources sécuritaires pakistanaises et une source diplomatique, que Islamabad avait suspendu la vente d’armes et d’avions à destination du Soudan pour un montant de 1,5 milliard de dollars. Cette décision est intervenue après que l’Arabie saoudite a retiré son projet de financement et suggéré l’abandon de l’accord, à la suite d’une réunion à Riyad entre les dirigeants de l’armée soudanaise et des responsables saoudiens.
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La stratégie saoudienne en Somalie et en mer Rouge
Le 9 février 2026, le ministre de la Défense somalien, Ahmed Moallim Fiqi, et son homologue saoudien, le prince Khalid bin Salman, ont officialisé un protocole d’accord de coopération en matière de défense à Riyad. Ce texte prévoit des activités de partage de renseignement, des exercices conjoints et la planification de missions maritimes. Le ministère de la Défense saoudien a qualifié cette initiative de purement défensive, bien que les détails opérationnels restent flous. Cette alliance s’inscrit également dans le rejet par Riyad de la reconnaissance par Israël de l’indépendance du Somaliland en décembre 2025, une position réaffirmée par l’Organisation de la coopération islamique en janvier 2026.
Photo : Somalia Today
Des représentants de 15 pays et une délégation de l’Union européenne ont assisté à cette rencontre, et quatorze nations, dont l’Égypte, le Soudan, Djibouti et la Somalie, ont signé une déclaration conjointe de soutien.
Les frappes au Yémen et l’attaque de l’aéroport de Riyad
La coalition militaire menée par Riyad depuis mars 2015 n’est pas parvenue à déloger les rebelles houthis de Sanaa. En janvier 2026, des frappes aériennes saoudiennes ont visé des positions du Conseil de transition du Sud dans le Hadramawt, illustrant les divisions au sein même du camp anti-houthi au moment où le royaume appelait au dialogue.
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Des drones et des missiles ont été menés par les Houthis, qui ont notamment frappé l’aéroport international King Khalid à Riyad le 10 octobre 2026 — causant la mort de 12 personnes et faisant plus de 300 blessés, dont un ressortissant français. La diplomatie saoudienne tente de maintenir un équilibre délicat. Le ministre des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, et son homologue français Jean-Noël Barrot ont ainsi exigé lors d’une rencontre à Riyad le 19 octobre 2026 une intensification des efforts diplomatiques pour protéger les voies navigables et assurer la liberté de navigation internationale.
Lors de la sixième réunion consultative sur les efforts de paix au Soudan, tenue à Genève le 21 octobre 2026, les représentants saoudiens ont réaffirmé leur soutien aux initiatives de la Déclaration de Jeddah tout en rejetant l’implication d’entités parallèles en dehors des institutions officielles soudanaises.