Arabie Saoudite : les Houthis intensifient leurs attaques

L’Arabie saoudite fait face à une recrudescence des attaques des rebelles houthis au Yémen sur fond de conflit entre Washington et l’Iran. La Türkiye propose son aide militaire au royaume menacé, tandis que Washington maintient une distance prudente.

Une alliance sécuritaire mise à l’épreuve en mer Rouge

L’Arabie saoudite se retrouve directement exposée aux menaces régionales après des années d’accalmie. Longtemps convaincue de pouvoir s’appuyer sur la protection américaine, la pétromonarchie subit les contrecoups d’un affrontement élargi entre les États-Unis et l’Iran qui a relancé les hostilités au Yémen, selon les détails rapportés sur la situation sécuritaire.

Le conflit s’est intensifié lorsque les rebelles houthis ont annoncé le 20 juillet un blocus maritime visant les navires saoudiens en mer Rouge, présenté comme une riposte au siège imposé selon eux au Yémen. Ces opérations se sont rapidement rapprochées du territoire saoudien, incluant des frappes et des interceptions de drones à proximité de La Mecque.

La réaction de Washington et la position de Donald Trump

Face à cette escalade, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (MBS) aurait cherché à obtenir une intervention militaire directe de la part de l’administration américaine. Le dirigeant de fait du royaume a contacté le président américain à deux reprises le 10 septembre pour réclamer des frappes contre les rebelles yéménites.

Ces requêtes sont demeurées sans effet. Le lendemain, le président américain a indiqué publiquement que l’armée américaine n’interviendrait pas à la demande des insurgés eux-mêmes. Il a déclaré que des discussions avaient eu lieu, que les Houthis les avaient appelés et qu’ils ne voulaient pas que les États-Unis s’en prennent à eux, ajoutant que les rebelles laissaient circuler la plupart des bâtiments commerciaux.

Ben Hodges, lieutenant-général américain à la retraite, a indiqué via France 24 que par ses déclarations comme par son absence d’action, et compte tenu de la manière dont Trump agit habituellement, on avait le sentiment qu’il avait tourné le dos aux Saoudiens.

Malgré ce retrait perçu comme un abandon par certains observateurs, un responsable américain s’exprimant sous couvert d’anonymat a précisé qu’une unité du Commandement central américain venait d’être établie pour renforcer le partage de renseignements avec Riyad, maintenant ainsi un canal de coopération technique.

Les frappes revendiquées par les Houthis et les répercussions économiques

Les tensions maritimes et terrestres continuent d’asphyxier les routes commerciales du royaume. En plus du contrôle exercé par les Houthis sur la rive yéménite du détroit de Bab el-Mandeb, les infrastructures énergétiques subissent des dommages importants.

Dans un communiqué diffusé sur Telegram, les forces rebelles ont assumé la responsabilité d’une série de tirs de missiles et de drones visant des sites stratégiques, marquant une frappe inédite au cœur du territoire saoudien.

Le porte-parole des forces armées houthies a indiqué via Telegram qu’en réponse aux tentatives criminelles de l’ennemi saoudien visant à cibler la capitale, Sanaa, en utilisant des tactiques de type État islamique, incluant des bombardements aveugles ciblant les civils, les forces armées yéménites avaient mené deux opérations militaires réussies en utilisant un grand nombre de missiles balistiques et de croisière ainsi que des drones.

Ces opérations ont provoqué d’importants incendies sur les sites ciblés à Riyad et sur les installations d’Aramco à Yanbu, aggravant les perturbations économiques déjà causées par le blocage du détroit d’Ormuz et les dégâts subis par l’oléoduc Est-Ouest.

L’offre de soutien militaire de la Türkiye et l’impasse diplomatique avec l’Iran

Alors que le dialogue entre Washington et Téhéran demeure au point mort, la Türkiye tente de redéfinir les équilibres sécuritaires. Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré lors d’un entretien télévisé que son pays disposait des capacités nécessaires pour répondre aux besoins de défense de Riyad dans le cadre de l’Alliance de la Mecque.

Houthi attacks escalate tensions in Saudi Arabia
Arabie Saoudite : les Houthis intensifient leurs attaques
Photo: freepressjournal.in

Hakan Fidan a affirmé qu’à ce stade, en tant que membres de l’Alliance de la Mecque, ils surveillaient de près la situation, qu’ils avaient eu des discussions qui n’avaient pas été rendues publiques, que leurs besoins militaires pouvaient être liés à certaines questions techniques et qu’ils n’auraient aucune difficulté à répondre à ces besoins, soulignant que Riyad devait être tenu à l’écart du conflit direct entre l’Iran et les États-Unis.

Le chef de la diplomatie turque a également pointé les blocages persistants dans les pourparlers entre les États-Unis et l’Iran. Dans les négociations entre les États-Unis et l’Iran, il y a une impasse ces derniers mois. Comme manifestation de cette impasse, nous assistons non seulement à des attaques mutuelles, mais aussi à l’ouverture du détroit de Bab el-Mandeb du côté yéménite, a-t-il analysé sur les ondes du radiodiffuseur turc NTV, illustrant la complexité croissante d’une crise aux multiples ramifications régionales.

Yémen: les Houthis frappent l'Arabie saoudite

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