Des attaques coordonnées de drones menées par les Forces de soutien rapide ont frappé des infrastructures énergétiques dans plusieurs États soudanais fin octobre 2026, provoquant des pannes massives d’électricité, détruisant des stocks alimentaires et aggravant la pire crise humanitaire au monde.
Cinq centrales électriques touchées par des frappes de drones
Les Forces de soutien rapide (FSR) ont lancé une série de frappes de drones contre cinq centrales électriques, plongeant de vastes régions de l’est et du centre du Soudan dans le noir. Les explosions ont endommagé deux installations dans l’État d’Al-Jazira, deux autres dans l’État de Gedaref et une cinquième dans l’État du Nil Blanc.
Toutes ces zones se trouvent sous le contrôle de l’armée soudanaise, engagée depuis avril 2023 dans un conflit armé contre ses anciens supplétifs des FSR. Quelques jours plus tard, le 31 octobre, une nouvelle attaque de drone a visé la station de transformation électrique de Haya, dans l’État de la Mer Rouge, déclenchant des incendies sur le site et touchant une station de pompage pétrolière voisine située sur le tracé du pipeline d’exportation vers le port de Bashayer.
Les habitants et les agriculteurs subissent les pannes de courant
Les répercussions de ces pannes de courant paralysent le quotidien d’une population déjà affaiblie par des mois de combats et par la plus grande crise de faim de la planète. À Al-Fao, dans l’État de Gedaref, les résidents subissent des coupures totales depuis les premières heures de la journée.

Babiker Youssef a déclaré au Guardian : « Mon fils est diabétique, son insuline doit être conservée au réfrigérateur. »
Babiker Youssef a exprimé son angoisse de ne pas pouvoir remplacer ce médicament indispensable si la chaîne du froid venait à céder définitivement, faute de visibilité sur le rétablissement du réseau. À Gedaref, le commerçant Ibrahim Mohammed, âgé de 37 ans, a déploré les pertes subies par sa petite entreprise : Maintenant, j’ai du poulet dans le réfrigérateur, soit nous perdons tout notre stock, soit nous serons forcés de le vendre à n’quel prix, ce qui constitue quand même une perte.
Dans la région agricole d’Al-Jazira, la frustration est immense. Abdelhafez Daafallah, un agriculteur de 54 ans résidant à Al-Junaid, venait de retrouver un motif d’espoir :
Abdelhafez Daafallah a indiqué à Arab News : « L’électricité venait de commencer à s’améliorer il y a trois mois, la centrale électrique que la milice avait détruite venait d’être réparée et nous avions l’espoir que nos pompes d’irrigation se mettent enfin à refonctionner. »
Cette reprise d’activité espérée a volé en éclats avec la destruction de la station. Les producteurs locaux peinent à réhabiliter leurs terres depuis que l’armée a repris le contrôle de l’État l’année dernière.
Khartoum accuse l’Éthiopie d’abriter des bases de drones
Face à la multiplication des attaques aériennes, le gouvernement soudanais a haussé le ton sur le plan diplomatique. Lors d’une conférence de presse conjointe organisée à Khartoum le 28 octobre par l’armée, les ministères de la Défense et des Affaires étrangères ainsi que les services de renseignement, les autorités ont affirmé que 162 attaques de drones avaient été lancées depuis le territoire éthiopien.
Selon les données présentées aux missions diplomatiques accréditées, ces raids ont fait plus de 400 morts civils et 102 dans les rangs militaires. Muawiya Osman Khalid a déclaré que le gouvernement appliquait une politique de patience stratégique
tout en réaffirmant le droit souverain du pays à se défendre.
De son côté, le ministre de la Défense Hassan Daoud Kabroun a affirmé que plus de 20 pays soutenaient l’effort de guerre des FSR en leur fournissant des drones, des mercenaires et un appui logistique. Il a qualifié le conflit de tentative préméditée de la rébellion, des milices et des mouvements illégaux
visant à détruire les ressources de l’État soudanais, tandis que l’Éthiopie et les Émirats arabes unis ont rejeté par le passé les accusations de soutien aux paramilitaires.
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