Manif et défilés contre la vie chère

Près de 12 000 manifestants ont défilé le samedi 31 octobre 2026 à Tours pour l’acte III de la mobilisation contre la vie chère. Malgré une interdiction préfectorale et un couvre-feu initialement prononcé puis suspendu par le tribunal administratif, la journée a été marquée par des tensions, des dégradations et des affrontements.

Douze mille manifestants dans les rues de Tours pour l’acte III contre la vie chère

L’acte III de la mobilisation nationale contre la vie chère s’est déroulé ce samedi 31 octobre 2026 dans plusieurs villes de France. À Tours, le cortège s’est élancé dans le calme peu avant 15h, marquant une forte affluence malgré les restrictions imposées par les services de l’État. Selon le décompte de la préfecture d’Indre-et-Loire, 12 000 manifestants ont défilé au plus fort de la contestation vers 15h30, égalant le niveau de participation de la première journée de mobilisation du 17 octobre dernier.

Le rassemblement initial s’est tenu place Jean-Jaurès dès 14h, sous la surveillance des forces de l’ordre positionnées notamment rue Nationale pour protéger les commerces et filtrer les accès à l’aide de fouilles de sacs. Portant des drapeaux syndicaux de Solidaires ou du Syndicat des Avocats, les participants ont défilé le long du boulevard Béranger, près des Halles et de la faculté des Tanneurs. Cette nouvelle journée de contestation a coïncidé avec la date d’Halloween, incitant de nombreux participants à arborer des costumes festifs pour afficher leur mécontentement face aux interdictions de manifester.

Manif et défilés contre la vie chère
Photo : Yahoo Finance France

Le tribunal administratif suspend le couvre-feu après un bras de fer juridique

Face aux risques de débordements observés lors des week-ends précédents, la préfecture d’Indre-et-Loire avait pris un arrêté strict interdisant les rassemblements dans le centre de Tours, à Tours Nord et à Saint-Pierre-des-Corps. Un couvre-feu nocturne avait également été décrété à partir de 19h. Ces mesures ont suscité une vive opposition des syndicats et des élus locaux. Dans un entretien accordé à la presse locale, le maire de Tours a exprimé son incompréhension face à ces décisions, estimant qu’on prend des décisions comme si on était en état de guerre.

Le Syndicat des Avocats avait notamment déposé un référé auprès du tribunal administratif d’Orléans pour contester l’interdiction de rassemblement, bien que cette première requête ait été rejetée. En fin d’après-midi, la situation juridique a basculé : les services de l’État ont dû plier après la diffusion de l’ordonnance du tribunal administratif annulant le couvre-feu prévu pour la soirée. Malgré cette suspension de dernière minute, de nombreux établissements du centre-ville et du Vieux Tours avaient déjà choisi de baisser leurs rideaux par anticipation.

Manif et défilés contre la vie chère
Photo : lanouvellerepublique.fr

Tensions place Jean-Jaurès et dégradations en fin de journée

La déambulation pacifique a basculé aux alentours de 16h15 lors du retour du cortège place Jean-Jaurès. Selon un communiqué de la préfecture publié sur Facebook, plusieurs centaines d’individus masqués ont cherché l’affrontement avec les forces de l’ordre postées rue Nationale. Des jets de pierres et des tirs de mortier d’artifice ont visé les policiers, qui ont riposté par des sommations et des tirs répétés de grenades lacrymogènes pour disperser les fauteurs de troubles.

Les échauffourées se sont prolongées à travers plusieurs rues du centre-ville, impliquant des groupes mobiles. De multiples dégradations matérielles ont été constatées au fil des heurts :

  • Des vitrines endommagées, notamment celles d’une agence du Crédit mutuel et d’un restaurant Burger King sur l’avenue Grammont.
  • Un arrêt de bus fracturé place Jean-Jaurès et une enseigne de bijoux fantaisie prise pour cible rue de Bordeaux.
  • Un feu tricolore brisé sur le boulevard Béranger et une tentative d’incendie rapidement maîtrisée sur la devanture du bar Le Lys d’or place Plumereau.
  • Un Carrefour Express touché par un projectile sur sa façade place de la Victoire.

En début de soirée, environ 200 personnes ont été repoussées vers le sud de la ville par les forces de l’ordre. Le cortège principal s’était quant à lui réduit à environ 2 500 participants vers 17h30, tandis que d’autres groupes restreints ont poursuivi leurs déplacements dans le secteur de la place de la Liberté et du Vieux Tours jusqu’en fin de soirée.

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