Simon Levy condamné à la prison à vie pour deux meurtres et un viol à Londres

Des défaillances de la police et de l’accusation ont permis à ce délinquant sexuel récidiviste de rester en liberté.

La condamnation de Simon Levy, prononcée par un jury de l’Old Bailey, met en lumière une série de manquements institutionnels majeurs. L’homme de 40 ans a été reconnu coupable des meurtres de Carmenza Valencia-Trujillo et de Sheryl Wilkins, commis respectivement en mars et août 2025. Alors qu’il faisait déjà figure de suspect principal pour le premier homicide et qu’il était poursuivi pour des agressions sexuelles commises dans les transports en commun, il circulait librement en raison d’erreurs d’enquête et de carences dans le système judiciaire.

Les condamnations de Simon Levy à l’Old Bailey et le parcours criminel

Le jury a reconnu Levy coupable à la majorité de 11 voix contre 1 du meurtre de Carmenza Valencia-Trujillo, âgée de 53 ans, tuée le 17 mars 2025 dans un immeuble partiellement désaffecté. Les jurés ont en revanche rendu un verdict unanime concernant le meurtre de Sheryl Wilkins, 39 ans, assassinée le 24 août de la même année dans un parking de Tottenham.

Le profil de délinquant sexuel de Levy était connu des autorités bien avant ces homicides. Condamné une première fois en 2021 pour une infraction sexuelle, il s’en était pris à une agente pénitentiaire alors qu’il se trouvait incarcéré. À sa sortie de détention, il avait multiplié les agressions sur le réseau de transport londonien entre 2023 et 2025.

Les erreurs de la police et le parcours judiciaire défaillant

Les investigations menées par la police des transports et la police métropolitaine ont accumulé des retards préjudiciables. En novembre 2024, Levy avait été interpellé pour des agressions dans le métro, les caméras de vidéosurveillance permettant de l’identifier. Six autres agressions ont suivi au cours des cinq premiers mois de l’année 2025. Bien que les enquêteurs aient estimé dès mai 2025 que le suspect présentait un risque élevé de récidive, le dossier n’a été transmis au Crown Prosecution Service (CPS) qu’après un délai de six mois.

La chronologie des manquements s’est alourdie au fil des audiences. Levy ne s’est pas présenté à trois convocations devant la Crown Court pour les affaires d’agressions dans les trains, invoquant la maladie ou l’absence de notification, sans que les autorités ne réclament de mandat d’arrêt. Un responsable du CPS a indiqué que les personnes impliquées dans la gestion de ce dossier ont fait l’objet de sanctions disciplinaires.

Charlie Doyle, assistant chief constable de la British Transport Police, a déclaré qu’il était évident que des occasions d’accélérer l’enquête avaient été manquées et que les procédures avaient été modifiées pour remédier à ces problèmes afin de garantir que les récidivistes soient traités avec célérité et que les infractions liées soient priorisées plus efficacement.

Les aveux du Crown Prosecution Service sur les informations omises

Le parquet britannique a reconnu des défaillances lors de trois audiences de mise en liberté surveillée tenues en mai, juin et août 2025.

Still of Met Police detaining Simon Levy on a street
Photo: bbc.co.uk

Un représentant du parquet a admis que des informations cruciales concernant les conditions de remise en liberté n’avaient pas été transmises aux magistrats lors des examens de libération sous caution. Le tribunal n’avait notamment pas été informé que Levy venait d’être arrêté pour le premier meurtre, ni qu’il figurait comme suspect dans une enquête pour viol ouverte en 2024, et aucun dossier ne mentionnait ses condamnations antérieures pour agressions sexuelles.

Le porte-parole du Crown Prosecution Service a reconnu que des informations pertinentes concernant la caution n’avaient pas été fournies au tribunal lors de l’examen des demandes de mise en liberté sous caution, ajoutant que les actions menées n’avaient pas été à la hauteur des normes que les victimes, les familles et le public étaient en droit d’attendre, et qu’une approche plus rigoureuse aurait dû et pu être adoptée concernant les observations relatives à la caution.

Les réactions des autorités face à la récidive meurtrière

Kevin Southworth, commandant adjoint de la police métropolitaine, a qualifié le condamné de predatory monster lors des révélations sur les dysfonctionnements du système. Selon son analyse, la seconde victime du meurtrier aurait eu la vie sauve si le dispositif de sécurité et de poursuite n’avait pas failli à plusieurs niveaux.

Simon Levy should go to prison for this

L’ensemble des institutions impliquées, de la police métropolitaine à la British Transport Police en passant par le parquet, ont acté ces défaillances publiques à l’issue de la levée des interdictions de publication. L’audience de prononcé de la peine obligatoire de prison à perpétuité est fixée au mercredi suivant le verdict.

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